Objet de l'invention
La présente invention se rapporte à un procédé et à un dispositif
pour la production de radio-isotopes à partir d'une cible essentiellement constituée
d'un précurseur d'isotope que l'on irradie par un faisceau de particules accélérées,
le radio-isotope une fois produit étant séparé de son précurseur.
Une application particulière de la présente invention concerne la
production de palladium 103 à partir de rhodium 103.
Etat de la technique
La production habituelle de radio-isotopes s'effectue par bombardement
ou irradiation d'une cible essentiellement constituée d'un précurseur d'isotope
à l'aide d'un faisceau de particules accélérées.
Il s'y produit une réaction nucléaire qui fait qu'une fraction du
précurseur d'isotope présent est transformée en un radio-isotope. Il convient de
noter que dans la plupart des cas, le radio-isotope créé est intimement mêlé au
matériau précurseur d'isotope constituant la cible et reste de ce fait dans ladite
cible.
Il convient également de noter qu'habituellement seuls quelques pour
cents du précurseur sont transformés en radio-isotopes exploitables.
Plusieurs types de procédés ont été proposés pour séparer le radio-isotope
de son précurseur. L'un d'entre eux consiste essentiellement en une séparation
chimique selon laquelle on dissout totalement la cible par exemple dans un acide
fort. On effectue ensuite une filtration et éventuellement une électro-dissolution
du radio-isotope et enfin une précipitation de ce dernier.
On peut citer à titre d'exemple de cette méthode de séparation chimique,
le couple rhodium-palladium 103. La cible est constituée par le rhodium, en tant
que précurseur d'isotope, déposé sur un support de cuivre. Cette cible est soumise
à une irradiation par un faisceau de protons de 14 MeV pendant 6 jours, ce qui
induit une réaction 103 Rh → 103 Pd et permet d'obtenir qu'environ
1% du rhodium 103 soit transformé en palladium 103. Une fois l'irradiation terminée,
la cible est déchargée et amenée vers une enceinte blindée appelée "hot cell"
qui est destinée à permettre la réalisation de la séparation de l'isotope de son
précurseur.
Afin de séparer le rhodium du palladium, on utilise la procédure
de séparation décrite ci-dessus. En particulier, on dissout la cible constituée
du support cuivre et de mélange rhodium - palladium sous forme solide avec une
solution d'acide fort tel qu'un mélange NH3 + H2SO4.
Ceci permet de dissoudre le cuivre et de maintenir le rhodium et le palladium sous
forme de précipités. Il suffit alors d'effectuer à ce moment une filtration. La
séparation du palladium du mélange palladium - rhodium sera obtenue par électro-dissolution
du mélange dans une solution d'acide chlorhydrique avec flux de chlore pour améliorer
le rendement (Applied Radiat. Isot. 38(2), pp.151-157 (1987)), suivie par une étape
de séparation effectuée par exemple par complexation du palladium à l'aide d'alpha-furil
dioxine (AFD) afin d'extraire sélectivement le palladium par la méthode d'extraction
liquide-liquide (Radiochim. Radioanal. Lett. 48(1), pp.15-19 (1981)). Une dernière
précipitation termine le processus pour isoler le palladium 103 du rhodium 103
et le conditionner sous la forme désirée.
Il est également possible de provoquer une dissolution chimique du
rhodium 103 en vue de récupérer seulement le palladium 103 au moyen d'une solution
de NaAuCl4 (Appl. Radiat. Isot. 48(3), pp.327-331 (1997)) et de séparer le rhodium
du palladium en utilisant une solution d'α-benzoinoxime (ABO).
Cependant, on observe tout d'abord, que quelles que soient les méthodes
de séparation utilisées, le rendement maximum jamais atteint décrit dans la littérature
se situe aux alentours des 90%.
En outre, la mise en oeuvre de telles techniques est complexe et
il y a génération d'effluents qui peuvent se révéler dangereux et polluants.
Il convient également de noter que malheureusement, ce procédé de
séparation détruit totalement la cible, et de ce fait le rhodium, qui est un matériau
particulièrement onéreux. Par conséquent, la cible ne pourra être réutilisée pour
une prochaine irradiation.
En outre, les solutions acides utilisées pour la séparation seront
polluées par des déchets radioactifs et nécessiteront une décontamination, ce qui
augmente de manière importante le coût du procédé.
Enfin, pour effectuer la dernière précipitation, un entraîneur est
nécessaire, par exemple le palladium 102, dont l'utilisation réduit l'activité
spécifique du palladium 103.
Buts de l'invention
La présente invention vise à fournir un procédé et un dispositif
de production de radio-isotopes qui ne présente pas les inconvénients de l'état
de la technique.
La présente invention vise à fournir une solution qui permet de réduire
la production de déchets radioactifs.
La présente invention vise en outre à fournir un procédé dans lequel
la cible n'est pas détruite, et peut donc être réutilisée pour une nouvelle production
de radio-isotope.
La présente invention vise en outre à permettre d'obtenir un radio-isotope
avec une activité spécifique élevée.
Principaux éléments caractéristiques de l'invention
La présente invention se rapporte à un procédé de production d'un
radio-isotope d'intérêt à partir d'une cible comportant un précurseur dudit radio-isotope,
à l'aide d'un faisceau de particules accélérées, ledit procédé comprenant les
étapes suivantes :
- préparation d'une cible comportant le précurseur du radio-isotope, éventuellement
lié à un support métallique,
- irradiation, au sein d'une chambre d'irradiation, de ladite cible par un faisceau
de particules accélérées, en vue d'induire la transmutation du précurseur en le
radio-isotope,
- chauffage de ladite cible en vue de provoquer l'effusion du radio-isotope hors
de la cible,
- collecte dudit radio-isotope extrait sous forme gazeuse et condensation dudit
radio-isotope sous forme solide ou liquide.
On notera que dans la description qui suit, les expressions « radio-isotope
» et « radio-isotope d'intérêt » seront indifféremment utilisées pour désigner
le radio-isotope que l'on cherche à produire, tandis que le terme « précurseur
» désignera, comme son nom l'indique, l'élément à partir duquel on cherche à obtenir
ledit radio-isotope d'intérêt.
Dans le procédé selon l'invention, le radio-isotope d'intérêt est
généralement obtenu par irradiation à l'aide d'un faisceau de protons d'une cible
solide contenant le précurseur, le radio-isotope d'intérêt étant produit au sein
de ladite cible, également de préférence sous forme solide.
La séparation du radio-isotope d'intérêt et du précurseur consistera
donc à soumettre la cible solide à un traitement thermique pour obtenir une réaction
d'effusion, c'est-à-dire de séparation thermique du radio-isotope d'intérêt.
Dans ce but, il doit s'agir de couples précurseur/radio-isotope d'intérêt
qui présentent des températures de fusion et d'ébullition relativement différentes
l'une de l'autre, de telle sorte que le traitement d'effusion permette d'obtenir
une diffusion du radio-isotope au sein même de la cible, son extraction ou échappement
par évaporation et sublimation, tandis que le précurseur de la cible reste présent
au sein de ladite cible de préférence sous forme solide.
Le traitement thermique mis en oeuvre pour obtenir cette effusion
peut être tout traitement fonctionnant par effet Joule.
A titre d'exemple, l'énergie destinée au traitement thermique peut
provenir de l'irradiation par un faisceau de particules chargées telles des électrons
, par le faisceau utilisé pour la réaction nucléaire, par rayonnement infrarouge,
par un traitement au laser, par traitement plasma ou tout autre traitement thermique
adéquat.
A titre d'exemple, un chauffage sous vide ou sous atmosphère inerte
contrôlée permettra d'obtenir rapidement l'effet d'effusion désiré.
Selon une première forme d'exécution de la présente invention, le
traitement thermique se produira au sein d'une enceinte d'effusion distincte de
la chambre d'irradiation en vue d'obtenir ladite effusion.
Selon une forme d'exécution encore préférée, l'étape de collecte
et de condensation pourra s'effectuer également au sein de ladite enceinte d'effusion.
Dans ce but, et de manière particulièrement avantageuse, cette enceinte
d'effusion sera pourvue de moyens de collecte et de condensation dudit radio-isotope
extrait.
Les moyens de collecte et de condensation peuvent être constitués
par un substrat de collection tel un support céramique, métallique ou polymérique,
froid ou refroidi. De préférence, ce substrat présentera de faibles caractéristiques
d'adhérence.
Selon cette forme d'exécution, une étape supplémentaire de séparation
du radio-isotope extrait, collecté et condensé sur le substrat de collection devra
se produire. Éventuellement, cette étape de séparation pourra être effectuée au
sein d'une enceinte de séparation distincte de l'enceinte d'effusion. Avantageusement,
cette enceinte de séparation comprend un bain de solution acide dans laquelle
on peut tremper le substrat de collection en vue d'obtenir une désolidarisation
du radio-isotope dudit substrat de collection. Ensuite, il sera nécessaire de
filtrer et séparer ledit radio-isotope en vue de le conditionner sous la forme
désirée.
Selon une autre forme d'exécution, le traitement thermique peut s'effectuer
directement au sein de la chambre d'irradiation, par exemple directement par irradiation
par le faisceau de particules chargées qui a permis de réaliser la transmutation
du radio-isotope.
Un autre objet de l'invention concerne un dispositif pour la mise
en oeuvre du procédé de production d'un radio-isotope, ledit dispositif comprenant
les moyens suivants :
- des moyens d'irradiation d'une cible comportant un précurseur d'isotope en
vue d'induire une transmutation du précurseur en le radio-isotope,
- des moyens de chauffage en vue de provoquer l'effusion du radio-isotope au
sein de ladite cible,
- des moyens de collecte et de condensation du radio-isotope extrait.
De préférence, les moyens de collecte et de condensation du radio-isotope
extrait sont constitués par un substrat de collection froid.
De préférence, le substrat de collection présente une inter-couche
présentant de faibles caractéristiques d'adhérence avec le radio-isotope.
De préférence, le dispositif selon l'invention comprend en outre
des moyens de désolidarisation du radio-isotope dudit substrat de collection.
De manière avantageuse, les moyens de désolidarisation sont constitués
par une enceinte de séparation comprenant un bain de solution acide dans laquelle
est disposé le substrat de collection avec le radio-isotope.
La présente invention se rapporte également en particulier à l'utilisation
dudit procédé et dudit dispositif pour la production de palladium 103 à partir
de rhodium 103. En d'autres termes, elle concerne la réaction 103Rh
(p,n) 103Pd par irradiation d'un faisceau de protons.
D'autres exemples de couples de métaux peuvent être bien entendu
envisagés pour la mise en oeuvre du procédé (les couples 111In/111Cd,
197Hg/197Au, 95Tc/95Mo,...).
Brève description des figures
Les figure 1a et 1b décrivent de manière schématique les diverses
étapes du procédé de préparation du radio-isotope selon une première et une seconde
forme d'exécution de la présente invention, respectivement.
Les figures 2a et 2b décrivent respectivement les enceintes d'effusion
et de séparation utilisées pour la mise en oeuvre des procédés selon la présente
invention.
La figure 3 décrit une seconde forme d'exécution dans laquelle les
étapes d'irradiation et d'effusion peuvent être effectuées directement on-line
au sein de la chambre d'irradiation.
Les figures 4a et 4b décrivent de manière schématique un accélérateur
de particules qui peut être utilisé pour la mise en oeuvre du procédé. La figure
4a correspond à une vue en perspective de ce dispositif, tandis que la figure
4b correspond à une vue de dessus.
Description de plusieurs formes d'exécution préférées de l'invention
La figure 1a décrit de manière schématique les diverses étapes d'une
première forme d'exécution du procédé de production d'un radio-isotope selon la
présente invention. On se réfère à la préparation du radio-isotope 103Pd,
référencé 4, à partir d'une cible 3 comportant du rhodium 103Rh, précurseur
d'isotope, référencé 1, par irradiation par un faisceau de protons.
Au départ, il s'agit tout d'abord de préparer la cible 3 comportant
le précurseur 1 du radio-isotope 4 (étape A-préparation de la cible). Pour ce faire,
on effectue un dépôt de Rh sur une plaque métallique 2 qui est dans le présent
cas une plaque en cuivre. Ceci se fait habituellement par électrolyse, de manière
à obtenir un dépôt d'une épaisseur telle que le faisceau de protons utilisé pendant
l'irradiation (par exemple un faisceau de protons de 14 MeV) perde au moins les
trois quarts de son énergie au sein de la cible. Cependant, d'autres techniques
de dépôts comme l'évaporation, les techniques de dépôts par plasma (courant continu
(DC), radiofréquence ou micro-ondes) sous vide ou plasma atmosphérique (plasma
spraying) peuvent être utilisées.
Dans le cas d'une cible 3 inclinée à 10° par rapport à la direction
du faisceau, une épaisseur de 50 µm suffit pour des protons de 14 MeV.
Une fois la cible 3 réalisée, celle-ci est chargée dans un cyclotron
et soumise à un faisceau de protons d'une énergie de 14 MeV pendant 6 jours (étape
B-irradiation). La transmutation du 103Rh en 103Pd s'effectue
au taux de 0,225 mCi/mAH. Au terme de 144 heures, on obtiendra, pour un courant
de 1 mA continu, et en tenant compte de la décroissance, une production de 28,8
Ci.
Il convient de noter que la quantité de 103Pd (radio-isotope
4) récoltée correspond à moins de 1 % de la quantité initiale de 103Rh
(précurseur 1) présente sur la cible 3.
Dans cette première forme d'exécution de l'invention, il convient
de maintenir la température de la cible 3 à tout moment inférieure à la température
d'effusion du palladium au sein du rhodium. S'il n'en était pas ainsi, le palladium
sortirait de la cible, et se condenserait sur les parois environnantes.
La cible 3 irradiée est alors déchargée et transférée (étape C-extraction
et transfert) vers une enceinte d'effusion 17 telle que représentée à la fig. 2a.
Cette enceinte d'effusion est une enceinte blindée dans laquelle est effectuée
l'effusion (étape D).
L'effusion d'un constituant hors d'un alliage (en dehors de cet alliage)
est basée sur les phénomènes physiques suivants. Le constituant le plus volatil
(ici le palladium) passe en phase gazeuse, à partir de la surface, ce qui entraîne
une différence de concentration en constituant volatil entre la surface et l'intérieur
de la cible. Un flux de constituant volatil, de l'intérieur de la cible, vers
la surface, prend alors naissance. L'évaporation du constituant volatil se poursuit,
et réduit la concentration en constituant volatil au sein de la cible. Finalement,
la vapeur du constituant volatil est condensée et recueillie sur une surface froide.
On notera qu'il est nécessaire que le constituant volatil ait une
température de fusion inférieure à celle des autres constituants de l'alliage,
ou une pression partielle de vaporisation supérieure pour une température donnée.
Le palladium et le rhodium ont respectivement des températures de fusion de 1554.9°C
et 1964°C.
Au sein de l'enceinte d'effusion 17, on chauffe la cible 3 par exemple
au moyen d'un chauffage électrique, par effet Joule ou par induction, d'un faisceau
d'électrons, d'infrarouges, d'un laser, ou d'un plasma DC ou radio-fréquence ou
micro-onde.
L'étape suivante consiste ensuite à collecter et condenser le palladium
4 extrait de la cible 3 sur un support de collection 5 (étape E) pour ensuite le
séparer et le recueillir (étape F), par exemple sous forme de PdCl2.
La figure 2a décrit une enceinte d'effusion 17 utilisée selon la
première forme d'exécution du procédé de l'invention. Il s'agit bien sûr d'une
enceinte blindée dans laquelle la cible 3 irradiée est transférée (étape C de
la figure 1a) et qui permet de réaliser les étapes d'effusion (étape D) du radio-isotope
4 hors de la cible 3 mais également de captation et condensation (étape E) dudit
radio-isotope 4 extrait.
Cette cible 3 est chauffée de préférence sous vide ou sous atmosphère
contrôlée à l'aide de moyens de traitement thermique 18 en vue de provoquer la
diffusion du palladium 4 au sein de la cible 3 jusqu'à sa surface et son évaporation
/ sublimation hors de celle-ci. Une température comprise entre 800°C et 1750°C
convient pour provoquer l'effusion du palladium 4 hors de la matrice de rhodium
(cible 3).
Avantageusement, les moyens de traitement thermique 18 se présentent
sous la forme d'une simple résistance électrique. Ils doivent agir en un minimum
de temps et doivent être très simples à réguler. En outre, ils doivent permettre
de préserver la cible 3 et d'en sauver l'intégrité afin de permettre son utilisation
ultérieure pour de prochaines irradiations.
La mise sous vide et le maintien sous vide de l'enceinte d'effusion
17 sont assurés par une pompe à vide 19.
Le palladium 4 présent au sein de la l'enceinte d'effusion 17 sous
forme gazeuse est capté et condensé (étape E de la figure 1a) sur un support 5
de collection. Le support de collection 5 est froid ou refroidi, à une température
inférieure à la température de condensation du palladium 4. Le palladium 4 est
recueilli sous forme solide ou liquide.
Ledit substrat 5 est disposé à proximité de la cible sous une cloche
de protection 20.
De manière particulièrement avantageuse, le substrat de collection
5 est un support froid en céramique ou en métal et il présente une mauvaise adhérence.
Il peut par exemple présenter une intercouche non adhérente (non représentée).
A titre d'exemple, des polymères solubles ou des graisses peuvent être utilisés
pour réaliser cette intercouche.
A l'issue de l'opération d'effusion et de collecte (étapes D et E),
la cible 3 contient encore pratiquement la quantité initiale de rhodium, et elle
n'a pas été affectée mécaniquement ou chimiquement. Elle peut donc avantageusement
être réinstallée dans la chambre d'irradiation, pour une nouvelle campagne de production
de palladium (étape G).
Ensuite, le substrat 5 de collection est transféré à l'aide d'un
système de transfert vers une autre enceinte appelée enceinte de séparation 21
dans laquelle l'étape de séparation (étape F de la figure 1a) du radio-isotope
4 et du substrat de collection 5 est effectuée. La figure 2b décrit une telle enceinte
de séparation 21 vers laquelle le substrat de collection est amené.
De manière avantageuse, cette enceinte de séparation 21 comprend
un bain 22 d'une solution de manière à libérer le 103Pd (radio-isotope
4) dans ladite solution. Cette séparation peut être obtenue par des moyens chimiques,
tels qu'une dissolution de l'intercouche et/ou du palladium, et/ou des moyens mécaniques
tels qu'une agitation.
Ensuite, cette solution est traitée de manière à isoler le
103Pd (radio-isotope 4) (étape F de la figure 1a) qui est conditionné
dans de petites fioles à l'aide de distributeurs de doses (« doses dispenser »).
L'activité de chaque fiole est mesurée pour contrôle, et le produit peut ensuite
être utilisé en tant que produit radio-chimique.
Il convient de noter que les différents éléments des enceintes d'effusion
17 et de séparation 21 doivent être tels qu'ils soient facilement décontaminables,
intégrables au sein d'une enceinte blindée "hot-cell", équipés d'un système de
transfert adéquat de la cible 3, de la chambre d'irradiation 10 vers l'enceinte
d'effusion 17, et du substrat de collection 5 de l'enceinte d'effusion 17 vers
l'enceinte de séparation 21 et soient faciles d'entretien.
Le système de transfert de la cible 3 et du substrat de collection
5 doit être lui-même facilement démontable, par exemple en vue d'une vérification,
et facilement décontaminable. Il doit en outre être sécurisé.
L'enceinte d'effusion 17 et de séparation 21 peuvent être combinées
en une seule et unique enceinte.
La figure 1b décrit de manière schématique les diverses étapes d'une
seconde forme d'exécution du procédé de production d'un radio-isotope selon la
présente invention, dans laquelle l'étape d'effusion est réalisée on-line, c'est-à-dire
directement au sein de la chambre d'irradiation.
La constitution de la cible (étape A) se fait de la même manière
que dans la première forme de réalisation. Comme montré à la figure 3, un substrat
de collection 5 est installé dans la chambre d'irradiation. Il n'est donc pas
nécessaire d'extraire la cible 3 pour procéder à l'effusion-collecte. Ce dispositif
permet de réaliser simultanément l'irradiation et l'effusion-collecte (étapes
B, D et E simultanées). L'énergie nécessaire pour chauffer la cible est apportée
en tout ou en partie par le faisceau de particules accélérées. A l'issue de l'irradiation,
le substrat de collection 5 est extrait de la chambre d'irradiation 10. La séparation
du palladium déposé (étape F) est ensuite réalisée de la même manière que dans
la première forme de réalisation. La cible 3 peut rester au sein de la chambre
d'irradiation 10.
La figure 3 décrit donc un dispositif approprié à la mise en oeuvre
de la seconde forme d'exécution du procédé de l'invention. Dans la chambre d'irradiation
10 sont installés la cible 3 ainsi que le substrat de collection 5. Un ensemble
de pompes à vides permet d'atteindre de proche en proche le niveau de vide important
requis au sein de l'accélérateur.
Les figures 4a et 4b décrivent de manière schématique un accélérateur
de particules qui peut être utilisé pour la mise en oeuvre du procédé. Plus précisément,
la figure 24a est une vue en perspective de cet accélérateur, tandis que la figure
4b est une vue de dessus de ce même dispositif.
Comme illustré sur ces figures, l'accélérateur de particules 7 comprend
:
- une source capable de générer un faisceau de particules,
- l'accélérateur 6 lui-même,
- un circuit 9 d'acheminement du faisceau,
- un aimant de déviation 11 qui permet de diriger le faisceau de particules soit
vers un système de pompage 12 destiné à contrôler la qualité des paramètres du
faisceau, soit vers une enceinte blindée 10 constituant la chambre d'irradiation
placée en bout de ligne.
Entre l'accélérateur 6 et l'aimant de déviation 11, le dispositif
7 comprend en outre une série d'aimants auxiliaires qui correspondent à des quadrupôles
13 et à des sextupôles 14 et qui ont pour fonction d'assurer une focalisation
du faisceau.
On notera également que juste à la sortie de l'accélérateur 6 se
trouvent des collimateurs 15.
Par ailleurs un aimant de balayage 16 permet, comme son nom l'indique,
de balayer la cible 3 à l'aide du faisceau d'irradiation.
De manière classique, on dispose la cible 3 obtenue dans la chambre
10 en bout de ligne de faisceau de l'accélérateur 6 de particules chargées. De
manière avantageuse, l'accélérateur 6 peut être constitué par un cyclotron qui
permet de générer un faisceau de protons présentant une certaine divergence et
qui est corrigé par la présence des collimateurs 15.
Ces collimateurs 15 ont essentiellement pour but d'empêcher qu'une
partie du faisceau (20%) ne frappe des éléments de la ligne du faisceau et ne les
endommage. Avantageusement, ces collimateurs 15 peuvent être amovibles et eux-mêmes
revêtus d'une couche de rhodium, de manière à profiter de la perte de faisceau
pour produire directement du 103Pd (radio-isotope 4).
Dans ce but, les collimateurs 15 doivent pouvoir répondre aux exigences
suivantes: facilité de montage / démontage et placement dans la ligne, très bon
refroidissement de la surface irradiée, facilité de transfert vers un container
en plomb, facilité de démontage dans une « hot cell », masse de substrat en cuivre
minimale, surface à recouvrir en rhodium minimale, réutilisation pour chaque irradiation
d'un maximum de composants.
La cible 3 peut également être installée directement à l'intérieur
de l'accélérateur de particules 6.
Tant dans la première que dans la seconde forme de réalisation de
l'invention, la cible 3 et le substrat de collection 5 peuvent être utilisés plusieurs
fois successivement. On dispose ainsi d'un procédé économique en rhodium, et produisant
peu de déchets.
L'invention ne doit pas être considérée comme limitée aux exemples
de réalisation préférés décrits ci-dessus. En particulier, la cible peut être constituée
entièrement en le précurseur d'isotope, ou en un alliage comprenant ce précurseur
d'isotope.