La présente invention concerne un procédé d'abaissement de la teneur
en matières organiques et en produits azotés contenus dans des effluents bromurés
en vue de leur valorisation notamment en brome élémentaire.
Les composés organiques bromés sont couramment utilisés comme intermédiaires
dans la fabrication d'autres molécules organiques.
Par exemple, l'industrie pharmaceutique utilise de nombreux composés
organobromés (bromures d'alkyle, bromoacides et bromoesters), comme intermédiaire
de synthèse notamment pour greffer la partie organique du composé organobromé sur
une autre molécule. Ainsi, un composé organobromé RBr peut réagir avec un nucléophile
Nu qui déplace le brome pour conduire à un composé organique substitué avec le nucléophile
plus un bromure Br- comme sous-produit selon le schéma réactionnel :
RBr + M+ + Nu- → RNu + M+ + Br-
où Nu- est un anion nucléophile,
M+ est soit un métal alcalin (Li, Na, K) ou NH+4
soit un ion hydrogène
Le brome ne sert en fait que d'agent de transfert et se retrouve généralement
sous forme de bromures alcalins dans les effluents de l'atelier.
Les utilisateurs de composés organobromés se trouvent donc confrontés
à un problème de rejet des effluents, liés à la fois à la nature même desdits effluents
qui sont généralement des solutions aqueuses bromurées contenant des bromures alcalins,
des bromures d'ammonium voire d'HBr, et également aux composés organiques polluants
qu'ils contiennent.
La teneur en composé organiques dans lesdits effluents bromurés est
exprimée en carboné organique Total ou COT. Ces composés organiques peuvent être
des acides, des amines, des alcools, des solvants, des sels d'ammonium. Une teneur
trop élevée de ces matières organiques dans les effluents bromurés est rédhibitoire
lorsque l'on veut récupérer les bromures contenus dans lesdits effluents sous forme
brome élémentaire par les méthodes conventionnelles telles que la méthode d'oxydation
par le chlore selon un procédé dit "steaming-out" développé par K. KUBIERSCHKY,
("Bromine and its compounds", édité par Z.Z. JOLLES ; ERNEST BENN LIMITED, pages
20 à 24, London 1966).
Cette méthode consiste à mettre en contact une solution aqueuse bromurée
avec du chlore gazeux.
Cette réaction est généralement réalisée dans une tour garnie (tour
à brome), dans laquelle une solution aqueuse bromurée est mise en contact avec du
chlore et de la vapeur d'eau. Le chlore réagit avec l'ion bromure Br- pour produire
du brome élémentaire Br2 et un ion chlorure selon la réaction :
2Br- + Cl2 → Br2 + 2Cl-
Un mélange de brome, chlore et vapeur d'eau sort au sommet de la tour
et est refroidi pour condenser le brome.
Cependant, si la solution aqueuse bromurée mise en oeuvre contient
des matières organiques, ces dernières risquent de polluer le brome libéré.
En plus, la présence de matières organiques oxydables et/ou de matières
organiques azotées peut entraîner des risques d'explosivité (formation notamment
de NBr3, explosif).
Enfin, une teneur trop élevée en matières organiques dans les solutions
bromurées risque de conduire à la formation de produits solides pouvant entraîner
des bouchages dans l'installation.
D'où la nécessité d'abaisser le plus possible la teneur en matières
organiques et en composés azotés des effluents bromurés à valoriser.
Il a été proposé d'autres solutions pour régénérer le brome élémentaire
de solutions aqueuses bromurées contenant des matières organiques.
Ainsi, le brevet US 5,385,650 propose un procédé qui consiste à effectuer
l'électrolyse de solutions aqueuses acides bromurées contenant des matières organiques
(COT pouvant atteindre 3 650 ppm).
Pour ce faire, on alimente une cellule d'électrolyse à 2 compartiments
avec une solution aqueuse acide bromurée fonctionnant à une température au plus
égale à 95°C, avec une densité de courant comprise entre 1 et 4 kAm-2.
Le brome, libéré à l'anode, est récupéré sous forme vapeur de l'anolyte
sous pression réduite.
Cette façon d'opérer présente de nombreux inconvénients.
Compte tenu de la grande solubilité du brome dans les solutions aqueuses
bromurées, il est difficile de récupérer la totalité du brome formé.
En outre, l'oxydation des matières organiques à l'anode consomme des
quantité de courant importantes. Ainsi, par exemple, dans l'exemple 1 du brevet
US 5,385,650, on constate que la présence de matières organiques (2250 ppm de COT)
dans la solution aqueuse bromurée à traiter fait chuter l'efficacité du courant
pour la génération du brome de 9 % pour une réduction du COT de 23 %.
La présence de matières organiques non volatiles, oxydables donc consommatrices
d'énergie, susceptibles d'interagir avec le brome nécessitent également de faire
des purges afin de les éliminer du compartiment anodique.
Une autre solution consiste à séparer les bromures des matières organiques
par électrodialyse, mais les membranes ont une tenue limitée en présence des composés
organiques et il y a un risque important de bouchages et/ou colmatages.
Les impuretés organiques peuvent être également oxydées en CO2
et H2O, au moyen de H2O2.
Mais les rendements sont faibles, en outre, l'eau oxygénée se décompose
en présence de brome selon la réaction :
Br2 + H2O2 → O2 + 2Br-
+ 2H+-
Dans la demande FR 2283089, il a été proposé d'obvier cet inconvénient
en utilisant un dispositif permettant la séparation du brome libéré au fur et à
mesure de sa formation. Cette façon d'opérer a été appliquée tout particulièrement
au traitement de solutions bromhydriques dites "bromosulfuriques", ne contenant
pas ou peu de composés organiques qui diminueraient d'autant le rendement d'oxydation.
On a maintenant trouvé un procédé permettant d'abaisser, voire supprimer,
la teneur en matières organiques des effluents bromurés en vue de valoriser les
bromures contenus dans lesdits effluents en brome élémentaire ; lesdits effluents,
si solides, pouvant être solubilisés dans l'eau.
L'invention a donc pour objet un procédé d'abaissement de la teneur
en matières organiques et en produits azotés contenus dans un effluent bromuré se
présantant sous forme d'une solution aqueuse bromurée ou d'un solide bromuré en
vue notamment de valoriser les bromures contenus dans ledit effluent en brome élémentaire,
ledit procédé étant caractérisé en ce que l'on soumet ledit effluent bromuré à un
ou plusieurs traitements physicochimiques choisis parmi :
- a) l'acidification d'une solution aqueuse bromurée ou d'une solution obtenue
par mise en solution si l'effluent bromuré est solide suivi d'un entraînement à
la vapeur des composés organiques légers ;
- b) la basification de la solution obtenue en a) ou bien de la solution aqueuse
bromurée initiale obtenue par mise en solution si l'effluent bromuré est solide
suivi d'un entraînement à la vapeur des composés organiques aminés légers et/ou
de NH3 ;
- c) l'entraînement à la vapeur de composés organiques légers de la solution aqueuse
obtenue en a), ou bien de la solution obtenue en b), ou bien d'une solution bromurée
initiale obtenue par mise en solution si l'effluent est solide, sans modification
de pH ;
- d) le lavage d'un effluent bromuré solide à traiter ou bien d'un solide provenant
de l'évaporation d'une solution aqueuse bromurée résultant (éventuellement) d'un
(ou de plusieurs) traitement(s) précédent a), b), et/ou c) avec un solvant organique
solubilisant le minimum de bromures alcalins et le maximum de composés organiques,
et filtration de la suspension obtenue. Le gâteau, lavé et séché, est résolubilisé
dans de l'eau.
A titre de solvants organiques utilisables selon la présente invention,
on citera l'acétonitrile, le butanol secondaire, l'isapropanol, l'acétone...
De préférence, on utilisera l'isopropanol.
La solution aqueuse bromurée ainsi obtenue, dépourvue de la quasi
totalité de ses matières organiques, présentant de préférence une teneur en COT
au plus égale à 2 000 mg/l et une teneur en azote au plus égale à 50 mg/l, peut
être soumise à un procédé connu de valorisation des bromures en brome élémentaire.
De préférence, on utilisera le procédé d'oxydation par le chlore tel que précédemment
décrit.
L'effluent bromuré traité selon l'invention peut être également valorisé
dans les domaines de la photographie, de la gravure, de la lithographie et en thérapeutique.
Selon la présente invention, on détermine dans un premier temps, la
teneur en COT et la teneur en azote total de l'effluent bromuré à valoriser.
La teneur en COT est déterminée selon une méthode par combustion d'un
échantillon et analyse infra-rouge du CO2 résultant (NDIR, non-dispersive
infrared gas analyzer). Les résultats sont exprimés en mg/l de COT ramenés à une
solution aqueuse contenant 300 g/l de bromures.
L'azote total est déterminé par minéralisation d'un échantillon de
l'effluent bromuré et le dosage en retour de NH3 formé selon la méthode
générale dite de Kjeldahl. Les résultats sont exprimés en mg/l d'azote ramenés à
une solution aqueuse contenant 300 g/l de bromures.
Ensuite, il appartient à l'homme du métier ayant connaissance de la
provenance de ladite solution aqueuse bromurée à valoriser, et donc une connaissance
qualitative des composés organiques présents, d'appliquer dans un ordre logique
et d'une manière aussi économique que possible les différents traitement du procédé
de la présente invention en vue d'en abaisser le plus possible la teneur en COT
et la teneur en azote total.
Ainsi, selon la présente invention, et dans le cas le plus général,
l'effluent bromuré peut être soumis à un ou plusieurs traitements a), b), c) ou
d) précédemment mentionnés dans l'ordre a), b), c), d), ou dans un ordre quelconque
en fonction de la nature des matières organiques et produits azotés présents à éliminer
et de la forme de l'effluent bromuré à traiter.
Ainsi, par exemple, dans l'éventualité où l'effluent bromuré contient
seulement des composés organiques acides légers, on le soumettra seulement au traitement
a).
Dans l'éventualité où il contient également des composés azotés légers
et/ou de l'ammoniaque, la solution obtenue en a) subira le traitement b).
Selon la présente invention, le procédé s'applique donc indifféremment
à des solutions aqueuses bromurées ou à des solides bromurés.
En effet, si l'effluent se trouve être sous forme solide, il pourra
être soumis directement au traitement d) (lavage au solvant) ou solubilisé dans
l'eau avant d'être traité selon a), b) et/ou c) du procédé de l'invention.
Ainsi, selon la présente invention, si l'effluent bromuré est solide,
on pourra procéder à sa mise en solution par addition d'eau, à température ambiante
de manière à obtenir une solution aqueuse contenant de 100 à 500 g/l de bromures,
et préférentiellement contenant une quantité de bromures voisine de 300 g/l.
Selon la présente invention, l'acidification de la solution bromurée-traitement
a) - peut être effectuée avec une quantité suffisante d'un acide minéral tel que
H2SO4, HCl, H3PO4 ou HBr de manière
à obtenir un pH au plus égal à 3. Avantageusement, on utilisera de l'HBr dit résiduaire
(sous-produit lors de la synthèse d'un dérivé bromé, par exemple).
La basification - traitement b) - de la solution bromurée peut être
effectuée par un agent alcalin tel que NaOH ou KOH utilisé en une quantité suffisante
de manière à obtenir un pH au moins égal à 10.
Selon la présente invention, l'entraînement à la vapeur est effectuée
par injection d'eau ou de vapeur d'eau dans la solution bromurée acide, basique
ou neutre maintenue à une température au moins égale à 100°C, à pression atmosphérique.
L'évaporation de la solution bromurée pour obtenir un solide (qui
sera traité selon d)) peut être effectuée par distillation sous pression réduite
à des températures comprises entre 20°C et 100°C.
La filtration du concentrat peut être effectué en continu durant le
traitement d'évaporation en utilisant un système de filtration adapté.
Le lavage au solvant organique du gâteau de bromures solides peut
être effectué directement sur le filtre ou sur le gâteau débâti en suspension dans
le solvant sous agitation.
Le séchage du gâteau peut être effectué par passage d'air ou autre
gaz chauffé à des température au moins égale à 30°C.
Les solvants des lavages des bromures solides peuvent être recyclés
après purification par distillation ou tout autre procédé adéquat.
Le procédé de la présente invention permet de traiter tout effluent
bromuré solide ou liquide pouvant contenir de fortes teneurs en matières organiques
et/ou également des teneurs élevées en produits azotés et présente l'avantage de
conduire à une solution aqueuse bromurée, de concentration en bromure alcalin comprise
entre 100 g/l et 500 g/l et, de préférence voisine de 300 g/l et contenant au plus
2000 mg/l de COT et au plus 50 mg/l d'azote total. Cette solution est directement
valorisable en brome élémentaire au moyen d'une installation existante d'oxydation
par le chlore (tour de brome).
Les exemples qui suivent illustrent l'invention.
Les teneurs en COT et azote total ont été déterminées comme précédemment
décrit. La teneur en COT a été réalisée sur un appareil "Shimadzu TOC CONTROL",
référencé 5050 A.
EXEMPLE 1 :
Traitement d'une solution aqueuse bromurée basique contenant de l'ammoniaque
:
Une solution de NaBr provenant de la fabrication d'un intermédiaire
pharmaceutique à la composition moyenne suivante :
- Teneur en bromure : environ 300 g/l,
- pH = 13
- NH3 : 15 à 16 g/l,
- Azote total : de 12 à 13 g/l,
- COT : 17 à 18 g/l provenant essentiellement de la présence dans ladite solution
d'éthanol : ~ 0,1 %, d'éthoxyéthanol : 2 à 3 %, d'acide valérique : 0,3 à 0,4 %,
de valéronitrile et de toluène.
100 kg de cette solution aqueuse bromurée basique sont directement
soumise à un entraînement à la vapeur d'eau. On récupère en tête de condenseur 50
à 60 kg de gaz ammoniac (NH3) qui est neutralisé par une solution d'H2SO4.
Les condensats obtenus, ayant une teneur en COT de 22 g/l, sont constitués
essentiellement d'éthoxyéthanol, de valéronitrile et de toluène en solution aqueuse.
Le pied de réacteur contenant la solution traitée à une teneur en
COT de 1,85 g/l et une teneur en azote égale à 6 mg/l.
Cette solution peut donc déjà être oxydée en vue d'obtenir du brome
sans risque particulier de formation de produits explosifs, tels que NBr3.
Cet exemple illustre l'invention par le fait que l'on a appliqué le
traitement c) à une solution aqueuse bromurée en vue de sa valorisation en brome
élémentaire.
La valorisation en brome élémentaire à partir de la solution aqueuse
bromurée traitée selon la présente invention peut être réalisée par oxydation au
moyen de chlore comme décrit précédemment.
Toutefois, en vue de diminuer encore la teneur en COT, on applique
à la solution précédemment traitée un traitement supplémentaire.
La solution précédemment traitée contient encore 1,85 g/l de COT,
correspondant essentiellement au sel de sodium de l'acide valérique.
Cette solution présentant un pH de 13 est acidifiée au moyen d'H2SO4
jusqu'à obtention d'un pH de 3.
Cette solution ainsi acidifiée est soumise à un entraînement à la
vapeur d'eau ce qui permet de recueillir dans le distillat l'acide valérique libéré
au moment de l'acidification.
La solution aqueuse bromurée (NaBr) ainsi traitée présente une teneur
en COT de 0,5 g/l et est tout à fait acceptable pour une valorisation directe en
brome élémentaire par le procédé d'oxydation par le chlore.
Cet exemple illustre bien l'invention par le fait que l'on a appliqué
deux traitements : c) et a) à une solution aqueuse bromurée basique en vue de sa
valorisation en brome élémentaire.
En outre, du fait que la solution initiale à traiter est basique,
l'homme du métier a appliqué logiquement d'abord l'étape c) puis l'étape a), ce
qui démontre bien qu'il appartient à l'homme du métier qui a connaissance de la
provenance de la solution aqueuse bromurée et donc de sa composition, d'appliquer
les différents traitements du procédé dans l'ordre permettant d'abaisser au mieux
et d'une manière économique la teneur en COT et d'éliminer la quasi totalité des
espèces azotées.
EXEMPLE 2 :
Traitement d'une solution aqueuse bromurée provenant de la synthèse
d'un intermédiaire pharmaceutique présentant les caractéristiques ci-après :
- pH = 6,3,
- Bromures : 504 g/l,
- Azote total ≤ 30 mg/l,
- COT = 11,4 g/l.
On applique à un échantillon de cette solution un traitement non conforme
à l' invention qui consiste à effectuer une extraction liquide/liquide par du CH2Cl2.
L'analyse par chromatographie en phase gazeuse du solvant après extraction révèle
que très peu de composés organiques présent ont été éliminés.
Application du traitement a) selon l'invention:
Un echantyllon de la solution aqueuse bromuree brute (initiale) est
soumis à une acidification avec H2SO4 jusqu'à obtention d'un
pH égal à 3.
La solution ainsi acidifiée est soumise à un entraînement à la vapeur
d'eau.
La solution ainsi traitée, diluée de façon à amener la concentration
en bromures égale à 300 g/l, présente les caractéristiques suivantes :
- pH = 3,
- COT = 6g/l, pour mémoire Br- = 300 g/l.
Dans ce cas précis, le traitement a) en milieu acide seul ne permet
pas d'éliminer suffisamment de composés organiques pour atteindre une teneur en
COT au plus égale à 2 g/l .On enchaîne donc le traitement d).
Un échantillon de la solution acide précédente est évaporé à sec de
manière à obtenir un résidu solide (qui présente une coloration jaune) qui sera
désigné ci-après par SOLIDE BRUT qui présente toujours une teneur en COT de 6 g/l
ramenée à une solution de 300 g/l de bromures.
Le SOLIDE BRUT précédemment obtenu est soumis à un lavage à l'acétone
:
- 30,2 g du SOLIDE BRUT sont mis en suspension dans 40 ml d'acétone et maintenus
sous agitation pendant 30 minutes puis on filtre la suspension acétonique.
Le filtrat est écarté et le gâteau est soumis à un second lavage avec
40 ml d'acétone selon les conditions précédentes.
Après filtration, le gâteau obtenu est séché à l'air chaud à 40°C,
on récupère finalement 28,3 g de NaBr sec dont la teneur en COT est encore de 2,1
g/l (ramenée à une solution aqueuse dans l'eau à 300 g/l de Br-).
Le lavage à l'acétone conduit à une solution aqueuse bromurée présentant
une teneur en COT tout juste acceptable pour son oxydation par la méthode au chlore.
Un traitement du SOLIDE BRUT avec de l'isopropanol dans les mêmes
conditions décrites précédemment permet d'obtenir une solution aqueuse bromurée
qui, à 300 g/l de bromures présente une teneur en COT égale à 1,6 g/l.
Le produit ainsi obtenu permet d'appliquer le procédé d'oxydation
au chlore en vue de récupérer le brome élémentaire.
EXEMPLE 3 :
Traitement d'une solution aqueuse de KBr provenant de la synthèse d'un
intermédiaire pharmaceutique présentant les caractéristiques suivantes :
- pH = 6,9,
- COT = 21,5 g/l,
- Azote total : 3,3 g/l,
Les traitements d'extraction liquide/liquide (tel que pratiqué dans
l'exemple 2) ou d'entraînement à la vapeur selon le procédé de l'invention n'ont
pas permis d'éliminer les organiques présents dans cette solution.
Une évaporation à sec de cette solution permet d'obtenir un solide
brut dont les caractéristiques sont (après mise en solution à 300 g/l pour déterminer
la COT) les suivantes :
- COT =2,1 g/l,
- Azote total = 3,5 g/l provenant essentiellement d'un sel d'ammonium quaternaire.
Le distillat obtenu lors de l'évaporation à sec présente une teneur
en COT de 1,3 g/l et une teneur en azote total de 43,3 mg/l.
Traitement selon d) : lavage du solide brut :
1/ Lavage à l'acétone :
100 g de solide brut précédemment obtenu sont lavés deux fois avec
50 ml d'acétone puis séchés à l'air chaud.
Le filtrat acétonique récupéré contient environ 0,46 % en poids de
bromures alors que le gâteau séché permet d'obtenir, après mise en solution à 300
g/l de bromures, une solution aqueuse de KBr ayant les caractéristiques suivantes
:
- COT = 0,68 g/l,
- Azote total = 0,96 g/l.
Cette solution aqueuse de KBr ne peut être soumise à une oxydation
par le chlore, car elle a une teneur en azote totale supérieur à 50 mg/l (risque
de formation de NBr3 explosif).
2/ Lavage à l'isopropanol :
100 g de solide brut sont lavés deux fois avec 50 ml d'isopropanol
puis séchés à l'air chaud.
Le filtrat isopropanolique récupéré contient environ 1,6 % en poids
de bromures.
Le gâteau séché permet d'obtenir après mise en solution à 300 g/l
de bromures, une solution aqueuse de KBr ayant les caractéristiques suivantes :
- COT = 142 mg/l,
- Azote total = 20 mg/l.
Cette solution est donc apte à être soumise à une oxydation par le
chlore en vue d'obtenir le brome élémentaire.