Domaine technique
L'invention se rattache au domaine de l'industrie textile. Elle concerne
plus précisément la réalisation de tissus fantaisie utilisés pour l'habillement
ou analogue. Elle vise plus particulièrement des perfectionnements apportés à des
procédés de tissage combinés à des opérations de traitement des fils de chaîne.
Elle concerne également les étoffes ainsi obtenues qui présentent des motifs originaux.
Techniques antérieures
Comme on le sait, certains tissus fantaisie présentent des motifs
qui sont constitués par des fils de chaîne de nature ou ayant des propriétés différentes,
qui sont juxtaposées: Il est donc nécessaire lorsque l'on fabrique un tel tissu,
que les fils de chaîne proviennent de deux ensouples différentes, voire plus. Ainsi,
les fils issus des deux ensouples forment deux nappes parallèles qui sont mixées
au niveau de barres d'embarage, avant de pénétrer dans la zone de formation de la
foule. Les deux ensouples sont nécessaires pour autoriser une avance différente
des nappes de fils qui sont soit de nature différente, soit qui ont subi des traitements
préalables et différents tels que des teintures.
Ainsi, le problème de la gestion de multiples ensouples se pose dans
plusieurs types de tissus fantaisie tels que notamment les étoffes présentant un
aspect particulièrement original, se rapprochant des étoffes de crêpe de coton,
plus généralement appelées "seersucker".
On rencontre également le problème de gestion d'un grand nombre d'ensouples
dans la réalisation de tissus à rayures.
En effet, dans les deux cas, lorsque l'on souhaite associer au sein
d'une même ensouple plusieurs types de fils qui sont soit de nature différente,
soit de coloris différent, cela implique des opérations préalables au tissage qui
sont fastidieuses voire impossible lorsque les fils de chaîne à associer sont de
nature très différente. En outre, lorsque les différents fils sont associés au sein
d'une même ensouple, leur répartition et leur distribution sont figées, de sorte
qu'il est impossible de modifier le nombre et la largeur de chacune des zones de
propriétés spécifiques.
Ainsi, par exemple, la largeur des rayures est déterminée de façon
intangible par la répartition des fils des coloris utilisés. En d'autres termes,
il est nécessaire d'avoir une ensouple spécifique à la réalisation de chaque motif,
ce qui bien évidemment est extrêmement coûteux et engendre des pertes de temps lorsque
l'on souhaite changer de motifs.
Le problème n'est pas résolu lorsqu'on utilise deux ensouples différentes
comportant chacune un type de fils. En effet, le mécanisme permettant d'associer
en une nappe unique, au niveau d'une barre d'embarage, deux fils issus de deux ensouples
différentes ne permet d'assurer qu'un mixage spécifique et une répartition donnée
et figée des fils issus de ces deux ensouples. Autrement dit, les métiers à tisser
utilisés pour la réalisation de tels articles ne sont absolument pas versatiles
mais au contraire souvent dédiés à la réalisation d'un seul type de tissu.
Un des objectifs de l'invention est de permettre la réalisation de
tissus fantaisie choisis dans une grande variété, au moyen d'un métier à tisser
unique aussi simple que possible, et porteur d'une seule ensouple formée avec une
seule qualité de fils.
Exposé de l'invention
L'invention concerne donc un procédé pour obtenir une étoffe tissée.
Ce procédé comporte de manière connue les étapes suivantes dans lesquelles :
- on déroule en continu, depuis une seule ensouple, une nappe de fils de chaîne
parallèles ;
- on fait passer ladite nappe sur un rouleau porte-fils ;
- on forme une foule au moyen de lisses, ladite foule étant définie dans la direction
d'avancée de la chaîne, à l'entrée par un point d'ouverture de la foule, et de l'autre
côté par un point de façure ;
- on insère un fil de trame dans la foule au voisinage du point de façure pour
former une étoffe ;
- et enfin on tracte régulièrement et on enroule l'étoffe ainsi formée ;
et dans laquelle au voisinage du point d'ouverture de la foule, on provoque un
échauffement des fils de chaîne, suivi d'un refroidissement desdits fils de chaîne
dans la foule avant qu'ils n'atteignent les lisses.
Le procédé conforme à la présente invention se caractérise en ce que
l'on provoque l'échauffement d'une partie seulement des fils de chaîne.
Autrement dit, le procédé conforme à l'invention traite de façon différenciée
une partie des fils de chaîne, ce qui signifie que sur la largeur totale du tissu,
seule une partie de ses fils de chaîne subit l'étape d'échauffement qui leur confère
des propriétés spécifiques.
Ainsi, dans le cas où on provoque l'échauffement des fils de chaîne
à une température suffisante pour provoquer un allongement et une diminution locale
du module d'élasticité, le tissu ainsi obtenu présente des fils de chaîne issu d'une
ensouple unique, débitant des fils homogènes, mais qui sont transformés de façon
différenciée au cours de l'opération de tissage. De la sorte, lorsque le tissu obtenu
subit une étape ultérieure de retrait, les fils de chaîne se comportent de façon
différente selon qu'ils ont subit ou non le traitement par échauffement lors du
tissage. Il s'ensuit que la longueur différente des fils de chaîne et le phénomène
de retrait complémentaire, provoquent au niveau du tissu des déformations différentes
et réparties en fonction de la sélection des fils de chaîne ayant subit ou non l'échauffement
lors du tissage. En effet, les fils de chaîne ayant subit le traitement thermique
lors du tissage, présentent une capacité de retrait moindre que ceux n'ayant pas
été chauffés, et provoquent l'apparition de zones gaufrées en épaisseur lorsque
les fils non chauffés se rétractent. Les effets ainsi obtenus sont fortement prononcés,
et variables en fonction des fils utilisés.
En pratique, selon le procédé conforme à l'invention, on sépare, en
aval du rouleau porte-fils, la nappe en deux séries de fils, et on maintient un
écartement entre les deux séries de fils de chaîne, pour ne soumettre qu'une des
deux séries à l'échauffement caractéristique. De cette manière, au moyen de deux
simples baguettes d'enverjure, on scinde la nappe selon la géométrie souhaitée,
en sélectionnant le nombre et la position des fils devant être chauffés sous tension.
Grâce à la simplicité du mécanisme de séparation, il est possible de faire varier
sans aucune difficulté la répartition entre les deux séries issues de la nappe en
sélectionnant à volonté la répartition voulue. On peut par exemple choisir de ne
chauffer qu'une plus faible partie des fils de chaîne, en conservant un plus grand
nombre de fils non chauffés, qui subiront ensuite un fort retrait. On peut à l'inverse,
choisir de chauffer une majorité des fils de chaîne pour obtenir encore d'autres
effets.
La configuration de chacune des séries peut également être choisie
en fonction de la volonté de l'utilisateur, et sans aucune restriction, avec la
possibilité d'obtenir des effets variés sur la largeur du tissu. Ainsi, il est possible
de créer chaque série de fils de chaîne en utilisant des nombres de fils identiques
rassemblés par groupe ou par faisceau. On peut également faire varier le nombre
de fils par faisceau sur la largeur du tissu, et avec une totale liberté de choix.
Avantageusement en pratique, le procédé conforme à l'invention peut
comporter en outre une étape de traitement thermique "au libre". Ce traitement peut
avantageusement être un ébouillantage ou bien encore un traitement par air chaud,
sans contrainte de tension tel qu'on peut l'obtenir sur les matériels continus appelés
"tumbler". Ainsi, en forçant le retrait au libre, on accentue la différence de comportement
entre les fils ayant subit l'échauffement et les autres, ce qui provoque des déformations
en volume plus prononcées. Dans une forme avantageuse du procédé, on peut faire
suivre l'étape de retrait d'un calendrage, ou plus généralement d'un écrasement
des motifs formés, pour obtenir un aspect extérieur différent et flatteur.
L'invention concerne également les étoffes textiles obtenues grâce
au procédé conforme à l'invention, et qui présentent un aspect proche des tissus
appelés "seersucker".
Avantageusement en pratique, les fils de chaîne utilisés peuvent être
des fils crêpe et/ou des fils de crêpe texturés, c'est-à-dire ayant subit une étape
de torsion et une étape de fausse torsion. On peut également varier les effets au
sein du tissu en utilisant des fils de trame différents et lattés.
Comme déjà dit, l'étoffe obtenue peut présenter des effets extrêmement
variés selon que les fils ayant subit le traitement thermique pendant le tissage
sont en nombre égaux ou plus ou moins nombreux que ceux ayant conservés leur capacité
de retrait sans avoir été chauffés. En outre, les effets peuvent être également
variant en choisissant à l'intérieur de la série des fils de chaîne à chauffer des
faisceaux présentant une répartition soit uniforme, soit variable selon un choix
du fabricant.
Le procédé conforme à l'invention peut également s'avérer avantageux
pour réaliser des motifs sur les fils de chaîne, à partir d'un papier transfert.
Ainsi, plus précisément, conformément à cette mise en oeuvre particulière du procédé
:
- on amène au contact de la partie seulement des fils de chaîne qui subit l'échauffement,
un papier transfert portant les motifs de colorants apte à être transféré sur les
fils de chaîne sous l'effet dudit échauffement ;
- on fait défiler ce papier transfert en rapport de vitesse avec la vitesse d'avancée
de la nappe des fils de chaîne, de manière à ce que le transfert du motif de colorant
n'ait lieu que sur la partie seulement des fils de chaîne qui subit l'échauffement.
En d'autres termes, l'invention consiste à dissocier la nappe de fils
de chaîne de fils destinés à recevoir l'impression pour former des faisceaux de
fils sur lesquels sont imprimés les motifs présents sur le papier transfert, et
qui forment lorsqu'ils sont rassemblés avec les autres fils de la nappe, les rayures
caractéristiques. De la sorte, seuls les fils formant les rayures sur le tissu sont
imprimés, et les frontières des rayures sur le tissu sont parfaitement matérialisés
au niveau d'un seul et unique fil. Les rayures sont donc parfaitement rectilignes.
On sait en effet, que dans les procédés classiques d'impression transfert de papier
comportant des rayures, la frontière entre deux rayures du papier n'est pas toujours
localisée sur un seul et unique fil, mais au contraire a tendance à naviguer et
à être répartie sur plusieurs fils, ce qui constitue un défaut de régularité.
En outre, on a observé que de façon surprenante, les fils situés en
extrémité latérale de rayures reçoivent un surplus de colorant lors de l'impression
et présentent une intensité de couleur supérieure au reste de la bande. Cette surintensité
renforce la limite de la rayure en donnant un effet de serti particulièrement appréciable.
En pratique, lorsqu'on souhaite obtenir des rayures de largeur uniforme,
on détermine chacune des séries de fils de chaîne, de telle sorte qu'elles soient
constituées de faisceaux de fils comportant chacun un nombre de fils voisins. Bien
entendu, l'invention n'est pas limitée à ce seul mode de réalisation, mais permet
d'obtenir également des rayures de n'importe quelles dimensions, en sélectionnant
de façon régulière ou non, et avec une totale liberté, le nombre de fils qui subiront
l'étape d'impression. Une très grande variété peut ainsi être obtenue puisqu'il
est possible de sélectionner fils par fils, et d'obtenir à l'extrême des rayures
limitées à un seul fil en largeur.
On peut multiplier les effets, notamment en sélectionnant un papier
transfert qui présente un motif en rayures parallèles au sens de défilement du papier,
et telle qu'une des frontières entre lesdites bandes soit amené au voisinage de
la partie des fils de chaîne sur laquelle a eu l'impression. Autrement dit, sur
une même rayure obtenue par sélection d'une partie des fils de chaîne, on peut imprimer
un motif supplémentaire, constitué lui-même de rayures, éventuellement mouvantes
par la variation du mélange de deux couleurs voisines.
Comme déjà dit, l'invention concerne également les étoffes tissées,
conformément à l'invention, et qui présentent une pluralité de rayures parallèles.
On observe comme déjà dit, que chaque rayure présente ainsi une lisère dont l'intensité
du coloris est supérieure à celle du reste de la rayure.
Description sommaire des figures
La manière de réaliser l'invention ainsi que les avantages qui en
découlent ressortiront bien de 1a description des modes de réalisation qui suivent
dans lesquels :
- La figure 1 est une vue de côté d'un métier à tisser fonctionnant selon le procédé
conforme à l'invention, montré dans son application pour la réalisation de tissus
du type "seersucker".
- La figure 2 est une vue de dessus de la nappe au niveau de la zone caractéristique
de l'invention dans laquelle est provoqué l'échauffement préalable au tissage proprement
dit.
- La figure 3 est une vue de dessus de la même zone, mais avec une répartition
différente des deux séries de fils de chaîne.
- La figure 4 est une photographie d'un tissu du type "seersucker", obtenu conformément
à l'invention.
- La figure 5 est une photographie du tissu de la figure 4 ayant subit un calendrage.
- La figure 6 est une vue de côté d'un métier à tisser fonctionnant dans une variante
du procédé conforme à l'invention, destiné à réaliser des motifs en rayures sur
un tissu.
- La figure 7 est une photographie d'un échantillon de tissu obtenu grâce au métier
à tisser de la figure 6.
Manières de réaliser l'invention
Comme déjà dit, l'invention concerne un procédé de tissage traitant
de façon différenciée les fils de chaîne. Elle peut présenter plusieurs applications,
et notamment deux applications principales à savoir la réalisation de tissus du
type "seersucker", qui seront décrits dans un premier temps, ainsi que la réalisation
de tissus à rayures, qui seront décrits dans un second temps.
Première manière de réaliser l'invention
Dans cette première application, le procédé de tissage est destiné
à être appliqué à des fils de chaîne présentant généralement un module d'élasticité
élevée.
Ce procédé peut être mise en oeuvre sur un métier à tisser traditionnel,
équipé des éléments permettant d'assurer un traitement thermique des fils de chaîne
alors qu'ils subissent la mise sous tension par le rouleau d'appel du tissu du métier
à tisser, et comme le Demandeur l'a décrit dans le brevet FR 2 751 350.
Un tel métier à tisser comprend en outre, des agencements particuliers
permettant de réaliser l'étoffe caractéristique de l'invention.
Ainsi, comme illustré à la figure 1, un métier à tisser présente dans
le sens du parcours du fil, une ensouple (1) montée sur un fût (2), et sur lesquels
sont enroulés tous les fils de chaîne parallèles.
Ces fils de chaîne (3), à partir de l'ensouple (1) sont déroulés jusqu'à
un rouleau porte-fils (4) à partir duquel ils prennent une direction sensiblement
horizontale.
Pour franchir la zone caractéristique de l'invention décrite ci-après,
les fils de chaîne (3) passent de part et d'autre de deux baguettes d'enverjures
(31, 32). Après ces baguettes d'enverjures (31, 32), ils sont rassemblés à nouveau
en une seule nappe par les guides (5, 6). Puis ils sont pris en charge par des lisses
(7, 8) dont l'objet est d'écarter vers le haut ou vers le bas les différents fils
de chaîne (3) pour former la foule (9), et permettre l'insertion du fil de trame
(16). La référence (15) désigne le point d'ouverture de la foule.
Après les lisses (7, 8), les fils de chaîne se rejoignent au niveau
du point de façure (10) sur lequel vient battre le peigne (11), après chaque ré-ouverture
de la foule. A partir du point de façure, le tissu (12) ainsi formé passe par différents
rouleaux de renvoi (13) pour aboutir au système d'enroulage (14).
Comme déjà dit, l'invention consiste à chauffer une partie seulement
des fils de chaîne sous tension au voisinage du point d'ouverture de la foule, pour
diminuer leur module d'élasticité, et le cas échéant leur permettre de subir, grâce
à l'action du métier, un tirage saccadé juste avant le tissage proprement dit.
Ainsi, divers moyens peuvent être adaptés pour assurer ce chauffage.
Dans la forme illustrée, il s'agit d'un patin chauffant (20) présent
sur toute la largeur de l'ensemble des fils de chaîne, et qui peut venir au contact
d'une partie de la nappe de fils de chaîne, entre les baguettes d'enverjures (31,
32).
Plus précisément, il s'agit d'un élément chauffant transversal dont
la face inférieure est recouverte d'une matière à très grande dureté de surface
et à faible taux de friction pour éviter toute abrasion par les fils de chaîne qui
entraînerait une détérioration subséquente des fils de chaîne eux-mêmes.
Il peut s'agir notamment d'une couche extérieure (24) anodisée ou
chromée ou céramique.
Bien évidemment, l'invention couvre tous les types de chauffage du
patin, et notamment ceux utilisant l'énergie électrique, aux moyens de connexions
(22) appropriées.
Comme déjà dit, selon une caractéristique essentielle de l'invention,
seule une partie des fils de chaîne subit sous tension le traitement thermique dû
au patin.
Ainsi, comme illustré à la figure 1, en aval du rouleau porte-fils
(4), le métier présente au moins une baguette d'enverjure (31) permettant la séparation
de la nappe (30) en deux séries, à savoir une série (34) passant au-dessus du barreau
(31), et donc destinée à venir à proximité du patin (20).
A l'opposé, l'autre série (33) passe en dessous du barreau (31), et
est donc plus éloignée du patin (20) que la série (34).
Les deux séries (33) et (34) parcourent des chemins parallèles jusqu'à
aboutir à la seconde baguette d'enverjure (32) marquant la fin de la zone de séparation
des deux séries (33, 34).
En fonction de la répartition des différents faisceaux formant les
deux séries, on obtient une répartition à l'intérieur du tissu final, de fils aptes
à subir un retrait, et de fils allongés et déjà fixés.
La figure 2 illustre une répartition de ces fils à l'intérieur de
chacune des séries.
Ainsi, comme illustré schématiquement, la série de fils parcourant
la zone caractéristique en étant éloignée du patin, se décompose en plusieurs faisceaux
(40, 42, 44) passant en dessous des barreaux (31) et (32).
A l'inverse, les faisceaux (41, 43, 45) passent eux, par dessus les
barreaux (31, 32) et ont donc un parcours passant à proximité du patin.
Dans la figure 2, les différents faisceaux (40, 45) ont des largeurs
identiques, ce qui se traduit sur le produit final par des déformations réparties
de façon uniforme approximativement selon un quadrillage régulier.
A l'inverse, la décomposition de la nappe selon le schéma de la figure
3, dans laquelle les différents faisceaux (50, 55) présentent tous des largeurs
différentes, induit une répartition des effets différente sur le tissu fini provoquant
des motifs particuliers.
Comme prévu dans le document du Demandeur FR 2 751 350, le patin peut
être associé à tout dispositif avantageux permettant d'éviter la dégradation voire
la fusion des fils lorsque la progression des fils est stoppée.
En outre, les différents types de chauffage peuvent être également
adoptés.
On a réalisé, conformément au procédé de l'invention, une étoffe à
partir de fils de chaîne réalisée en polyester, d'un titre de 50 decitex, à 36 brins,
tordus à 1300 tours par mètre, et ayant subi préalablement une étape de fausse torsion.
Ainsi, ce fil de chaîne de crêpe texturé a été tissé avec des fils
de trame également en polyester, de 50 decitex, 36 brins et tordus à 750 tours par
mètre.
En utilisant un patin chauffant permettant de monter la température
au voisinage de 220° C on a obtenu le tissu dont une reproduction photographique
constitue la figure 4. Un tel tissu présente de multiples zones en creux et en relief
formées par une longueur différenciée des fils et accentuées par le retrait différencié
des différentes zones du tissu.
Ce retrait est encore accentué par la mise en oeuvre d'un traitement
ultérieur thermique au libre tel qu'un ébouillantage.
Les effets obtenus peuvent encore présenter une variété supérieure,
en faisant subir, une étape complémentaire de calandrage ou de repassage permettant
d'écraser les différents motifs, comme le montre la photographie de la figure 5.
Il ressort de ce qui précède que le procédé conforme à l'invention
permet d'obtenir des étoffes présentant un aspect particulièrement attractif et
original, présentant de multiples zones en relief et en creux, à l'instar entre
autre des tissus de seersucker.
La modification de la largeur de chaque faisceau (40-45 ;50-55) est
une opération particulièrement facile à réaliser, ce qui augmente la polyvalence
aisée du procédé conforme à l'invention.
Deuxième manière de réaliser l'invention
Comme déjà dit, l'invention peut également être avantageusement mise
en oeuvre pour réaliser des tissus à rayures, en utilisant la technique de sublimation
de colorants portés par un papier transfert. Dans ce cas, le métier utilisé peut
être celui illustré à la figure 6 dans lequel la nappe de fils de chaîne (3) est
dévidée de manière connue de son ensouple (2) en passant sur un jeu de rouleaux
de détour (4, 4').
De manière connue, après avoir franchi la zone caractéristique de
l'invention destinée à produire une impression, la chaîne pénètre dans des cadres
comportant les lisses (7, 8), puis dans le peigne de battage (11) qui forme le point
de façure (10). Le tissu formé (12) passe ensuite sur un rouleau de détour (13)
pour être renvidé sur un rouleau magasin (14).
La référence (15) désigne le point d'ouverture de la foule.
De façon connue, et comme décrit dans le brevet précité EP 0 461 048,
incorporé ci-après par référence, une bobine (60) de papier transfert (61) portant
un motif approprié est amenée au contact de la chaîne (3) éventuellement par appui
sur le rouleau de détour (4).
Juste au voisinage amont du point d'ouverture (15) de la foule (19),
un patin chauffant (63) susceptible d'être animé d'un mouvement de monte et baisse,
vient fixer par la chaleur le colorant sur la chaîne qui avance doucement.
Une barre de détour (64) permet de récupérer le papier transfert épuisé
(65) sur un rouleau (66), synchronisé avec l'avance du métier.
Les différents aspects concernant les moyens de chauffage utilisés
et toutes les variantes possibles sont identiques à celles déjà décrites dans le
brevet EP 0 461 048 du Demandeur, correspondant aux documents US 5 212 845 et US
5 377 509.
Selon une caractéristique de la présente invention, la nappe (3) de
fils de chaîne est séparée en deux parties (33, 34), de sorte qu'une partie seulement
des fils de chaîne subissent l'impression par sublimation des colorants présents
sur le papier (61).
En pratique, cette séparation est obtenue grâce à l'utilisation de
deux barres transversales (31, 32) mises en place entre le rouleau de détour (4),
et les barres (5, 6) matérialisant le point (15) d'ouverture de la foule.
Ces deux barres (31, 32) disposées l'une après l'autre permettent
de décaler les deux séries de fils (33, 34), et de maintenir un écartement entre
celles-ci.
De la sorte, seule la série (34) de fils passant à proximité du patin
(63) et venant au contact du papier (61) est imprimée.
La sélection des fils faisant partie de la série (34) venant au contact
du papier s'effectue avec une liberté totale, ce qui permet, comme illustré aux
figures 2 ou 3, d'obtenir, soit des motifs de rayures parfaitement identiques, lorsque
les segments (40, 45) présentent tous un nombre de fils égale ou voisin, soit d'obtenir
des effets variables à volonté lorsque les faisceaux (50, 55) (voir figure 3) présentent
des nombres de fils très différents.
Comme déjà dit, les fils situés en extrémité de chacun des faisceaux,
lorsqu'ils passent au contact du papier (61) dans la zone au regard du patin (63),
reçoivent les colorants sublimés. On a observé que les fils situés à l'extrémité
de chacun des faisceaux reçoivent plus de colorants que les fils situés au centre
du faisceau, il s'ensuit que lorsque les fils imprimés sont rassemblés avec les
fils de chaîne de la série (33), une surintensité de couleur est visible au niveau
de ces fils particuliers.
La rayure ainsi obtenue présente donc un effet de serti particulièrement
appréciable.
De multiples variations sont, bien entendu, possibles en utilisant
des papiers transfert présentant des motifs qui, combinés avec l'effet de rayure
obtenu conformément au procédé de l'invention, multiplient les effets visuels.
On peut notamment utiliser des papiers transfert (61) présentant eux-mêmes
une succession de rayures longitudinales. Lorsque les rayures du papier transfert
sont disposées de telle manière à ce que leur frontière entre deux rayures adjacentes
s'impriment sur la série (34) des fils de chaîne sélectionnés, les rayures ainsi
obtenues présentent au moins deux couleurs voire un mélange des deux couleurs quand
elles sont contiguës.
Il ressort de ce qui précède que le procédé conforme à l'invention
présente de multiples avantages, et permet notamment :
- d'obtenir des rayures parfaitement rectilignes et pouvant reproduire un motif
d'une grande variété ;
- de modifier avec une grande facilité la dimension des rayures choisies, en fonctionnant
avec une seule ensouple par la seule modification de la répartition des fils de
chaîne devant recevoir l'impression.
L'étoffe conforme à l'invention est particulièrement originale, car
elle présente des rayures parfaitement rectilignes présentant des frontières limitées
à un seul fil, tout en pouvant présenter des motifs d'une extrême variété.
Il est également possible de combiner les deux effets de gaufrage
et de coloration des rayures, pour obtenir une étoffe dont les parties gaufrées
sont colorées.
Il va sans dire que la transposition de l'invention à des métiers
à tricoter des chaînes se ferait sans difficulté pour un homme du métier, et l'invention
couvre donc également les étoffes tricotées sur "métier chaîne" obtenues sur le
même principe.
Il ressort de ce qui précède que le procédé conforme à l'invention
permet, de par la simplicité des moyens qu'il utilise, une très grande versatilité,
la réalisation économique et facile d'étoffe d'une très grande variété sans modification
particulière du métier à tisser le plus simple.