Le domaine technique de l'invention est celui des substances pulvérulentes
et plus particulièrement des substances pyrotechniques incorporant un explosif primaire.
De telles substances pyrotechniques sont couramment mises en oeuvre
pour la fabrication d'amorces ou de détonateurs.
Elles comprennent le plus souvent un explosif primaire associé à un
liant et à un ou plusieurs additifs.
Le brevet FR2599361 décrit ainsi une substance d'amorçage associant
40 à 70 % en masse de trinitroresorcinate de plomb et 60 à 30% d'aluminium avec
moins de 1% d'un liant formé par de la gomme arabique.
L'aluminium a pour fonction dans ce composant de permettre l'évacuation
des calories engendrées par l'échauffement du filament de l'amorce sous l'effet
des champs électromagnétiques. On évite ainsi un échauffement intempestif pouvant
conduire à l'initiation de la composition et on augmente donc la sécurité du composant.
Les poudres d'explosif et d'aluminium sont associées sous la forme
d'un mélange homogène maintenu par un liant. Les granulométries de l'explosif primaire
et de la poudre d'aluminium sont du même ordre de grandeur et inférieures à 40 micromètres.
Cette substance pyrotechnique présente pour inconvénient de nécessiter
une quantité non négligeable d'aluminium pour réduire la susceptibilité du composant
aux rayonnements électromagnétiques.
Le pourcentage relatif d'explosif primaire est corrélativement réduit
et l'efficacité détonique du composant se trouve donc également réduite, sauf à
augmenter la masse d'explosif primaire donc le volume du composant.
Par ailleurs, l'homogénéité du mélange explosif/aluminium est difficile
à assurer d'une façon reproductible. Il en résulte des performances variables d'un
lot à l'autre du point de vue de la sensibilité aux décharges électrostatiques ou
bien à la friction.
L'invention a pour but de proposer une substance pulvérulente ayant
des propriétés de mise en oeuvre (notamment de coulabilité améliorée).
L'invention vise plus particulièrement à proposer une substance pyrotechnique
qui conserve toute son efficacité tout en présentant une sensibilité réduite, notamment
aux décharges électriques et à la friction.
Ainsi l'invention a pour objet une substance pulvérulente et notamment
une substance pyrotechnique qui est caractérisée en ce qu'elle comporte au moins
un premier matériau formé de grains enrobés par une couche de liant incorporant
des granules d'un second matériau de granulométrie nanométrique.
Le second matériau pourra être constitué par l'aluminium ou bien le
silicium.
Les matériaux nanométriques et notamment l'aluminium sont connus.
Il a déjà été proposé de les mettre en oeuvre dans les composants pyrotechniques.
Le brevet US5717159 propose ainsi une amorce comprenant 45% en masse d'aluminium
nanométrique et 55% en masse de trioxyde de Molybdène nanométrique.
Cependant dans un tel composant tous les matériaux mis en oeuvre sont
nanométriques et forment un mélange homogène.
L'invention propose au contraire d'associer un matériau, notamment
un matériau pyrotechnique, à granulométrique micrométrique classique (de l'ordre
de 100 micromètres) avec un matériau à granulométrie nanométrique (de 0,05 à 0,1
micromètres).
De façon à assurer un mélange intime et homogène de ces matériaux,
les granules de matériau nanométrique entourent les grains du matériau micrométrique.
Un liant assure la liaison des granules et des grains.
Ainsi chaque grain du matériau micrométrique a sa surface externe
pratiquement recouverte (à plus de 90 %) par les granules nanométriques. Il n'y
a plus de ségrégation des matériaux malgré leurs granulométries très différentes
et le matériau micrométrique se trouve protégé.
Plus particulièrement l'enrobage d'un matériau pyrotechnique par un
métal nanométrique, notamment par l'aluminium, rend l'ensemble de la substance pyrotechnique
réalisée conductrice, à la fois de la chaleur et de l'électricité, ce qui permet
d'évacuer plus facilement les calories et augmente donc la résistance de la substance
pyrotechnique à l'auto inflammation.
Cette substance pyrotechnique voit également ses sensibilités aux
décharges électrostatiques et à la friction diminuées, ce qui rend la mise en oeuvre
industrielle de la substance pyrotechnique plus sûre.
Dans le cas d'un enrobage d'un matériau micrométrique par du silicium
nanométrique, l'enrobage facilite également la mise en oeuvre industrielle de la
substance en réduisant notamment la sensibilité à la friction et en facilitant la
coulabilité.
Comme liant on pourra choisir parmi les matériaux suivants : nitrocellulose,
polyfluorure de vinylidène (PVDF), copolymère chloroacétate de vinyle (CVA), copolymère
de chlorofluoroéthylène, polytétrafluoréthylène, alcool polyvinylique (plus connu
sous la marque déposée "Rhodoviol"). La nitrocellulose présente l'avantage d'être
un liant actif qui participera à la réaction pyrotechnique en apportant de l'énergie.
Les autres liants cités sont des liants inertes.
La proportion choisie pour le liant sera de préférence inférieure
à 3% de la masse globale (celle du matériau enrobé plus celle du matériau nanométrique).
On réalisera ainsi avantageusement une substance pulvérulente pyrotechnique
comprenant de 95% à 60% en masse d'un premier matériau pyrotechnique, de 5 à 40
% en masse d'aluminium nanométrique et un liant dans une proportion de 0,5% à 3%
de la masse globale du mélange matériau pyrotechnique / aluminium nanométrique.
Le premier matériau pyrotechnique pourra être un oxydant (tel que
l'oxyde de cuivre CuO, le nitrate de potassium ou le perchlorate de potassium) ou
bien un explosif secondaire (tel que l'Octogène, ou l'Hexogène). Un explosif secondaire
est un explosif qui nécessite une énergie d'activation importante pour détoner (énergie
apportée par exemple par un explosif primaire).
Le premier matériau pyrotechnique pourra également être un explosif
primaire détonant ou déflagrant. Un explosif dit primaire est un matériau explosif
qui est caractérisé par une grande sensibilité sous l'une au moins des sollicitations
suivantes : choc, friction, flamme, étincelle électrique.
Les explosifs primaires détonants ont un régime de décomposition qui
passe très rapidement à la détonation même sans confinement. Les explosifs primaires
déflagrants ont un régime de décomposition qui ne passe à la détonation que dans
certaines conditions de confinement ou d'initiation.
On pourra ainsi choisir le premier matériau pyrotechnique explosif
primaire parmi les matériaux suivants : sels de dinitrobenzofuroxane, azoture de
plomb, azoture d'argent, diazodinitrophénol (DDNP), styphnate de plomb.
Comme sels de dinitrobenzofuroxane on pourra mettre en oeuvre le sel
de potassium (KDNBF) ou bien les sels de Rubidium (RbDNBF), de Sodium (NaDNBF),
de Césium (CsDNBF) ou de Baryum (BaDNBF).
La substance pulvérulente selon l'invention pourra ainsi comprendre
:
- 60 à 95 % en masse de dinitrobenzofuroxane de potassium (KDNBF),
- 5 à 40% d'aluminium nanométrique,
- un liant dans une proportion de 0,5 à 3% de la masse globale du mélange matériau
pyrotechnique/aluminium nanométrique de la composition.
On pourra plus particulièrement réaliser une substance associant :
79 % en masse de dinitrobenzofuroxane de potassium (KDNBF), 18% d'aluminium nanométrique,
et 3% en masse de nitrocellulose.
L'invention a également pour objet un procédé de préparation d'une
substance pulvérulente, notamment d'une substance pyrotechnique, comportant au moins
un premier matériau formé de grains enrobés par une couche de liant incorporant
des granules d'un second matériau de granulométrie nanométrique. Le procédé selon
l'invention permettant de préparer aisément et en toute sécurité une telle substance.
Ainsi le procédé selon l'invention est caractérisé par la succession
des étapes suivantes :
- on prépare une solution du liant dans un premier solvant de ce dernier,
- on prépare par ailleurs un bain de liquide support non miscible avec le premier
solvant,
- on introduit dans le bain un premier matériau à enrober tout en agitant pour
assurer une répartition homogène des grains de ce matériau dans le bain,
- on introduit un second matériau de granulométrie nanométrique dans le bain tout
en maintenant l'agitation,
- on introduit la solution de liant dans le bain,
- on introduit un tensioactif dans le bain,
- après agitation on lave au moins une fois avec un deuxième solvant approprié
permettant d'éliminer le premier solvant du liant,
- on essore et/ou sèche la substance pulvérulente obtenue.
Le liquide support pourra être l'huile de silicone, le liant être
la nitrocellulose et le premier solvant être le méthyléthylcétone.
Le tensioactif pourra être est un ester de sucre.
Le premier matériau micrométrique pourra alors être un explosif primaire
détonant ou déflagrant et le deuxième matériau nanométrique être constitué par de
l'aluminium.
L'invention sera mieux comprise à la lecture de la description qui
va suivre de différents modes de réalisation, description faite en référence au
dessin annexé qui représente schématiquement, en coupe et fortement grossie, une
particule de la substance pulvérulente selon l'invention.
Cette particule 1 est formée par un grain 2 d'un premier matériau
qui est enrobé par une couche de liant 3 incorporant des granules 4 d'un second
matériau de granulométrie nanométrique (par exemple de l'aluminium nanométrique).
Les matériaux nanométriques (et notamment l'aluminium) sont faciles
à obtenir dans le commerce. Ces matériaux peuvent être par exemple obtenus auprès
de la société Technanogy (2146 Michelson Drive Irvine Californie USA).
On choisira un matériau nanométrique ayant une granulométrie comprise
entre 50 et 100 nanomètres (soit entre 0,05 micromètres et 0,1 micromètres).
Les granules 4 entourent ainsi pratiquement toute la surface externe
des grains 2 du premier matériau. Les différentes particules 1 ainsi constituées
et qui forment la substance pulvérulente se trouvent donc toujours en contact mutuel
les unes avec les autres par l'intermédiaire des granules 4.
Lorsque les granules sont formées d'un métal, et notamment d'aluminium,
le contact entre les granules rend la substance pyrotechnique conductrice.
Le premier matériau enrobé d'aluminium pourra être un matériau pyrotechnique
tel un explosif primaire. Dans ce cas la substance pulvérulente pyrotechnique d'amorçage
obtenue aura un comportement amélioré. Elle sera notamment plus résistante aux décharges
électrostatiques, à la friction et à l'échauffement.
Le premier matériau pyrotechnique pourra être un explosif secondaire
tel que l'hexogène ou l'octogène. Dans ce cas l'enrobage des grains d'explosifs
pourra, en plus de la conductivité de la composition, conférer un effet de souffle
complémentaire au chargement explosif qui sera réalisé avec une telle substance.
Le premier matériau pyrotechnique pourra être un oxydant (tel que
l'oxyde de cuivre, le nitrate de potassium ou le perchlorate de potassium). Dans
ce cas l'enrobage des grains d'oxydant avec un réducteur nanométrique approprié
(tel que l'aluminium pour l'oxyde de cuivre, le bore pour le nitrate de potassium
ou le Zirconium pour le perchlorate de potassium), permettra d'assurer un contact
plus intime entre oxydant et réducteur.
D'une façon générale, un enrobage d'un matériau micrométrique avec
de la silice nanométrique permettra d'améliorer la coulabilité de la substance pulvérulente.
On pourra également pour améliorer la mise en oeuvre d'une composition
pyrotechnique oxydoréductrice enrober un réducteur avec de la silice nanométrique
et mélanger ce réducteur enrobé avec un oxydant également enrobé de silice.
L'enrobage des grains d'un matériau de granulométrie micrométrique
avec des granules nanométriques est une opération a priori délicate.
Les granules très fines se dispersent en suspension dans l'air lors
d'une mise en oeuvre à sec. Elles peuvent aussi se charger en électricité statique
et coller aux outillages de chargement.
Par ailleurs, la poudre d'aluminium nanométrique réagit fortement
en présence d'humidité et se trouve donc dangereuse à manipuler.
L'invention a également pour but de proposer un procédé permettant
d'assurer d'une façon sûre et reproductible cet enrobage.
On réalise ainsi le matériau selon l'invention par un procédé d'enrobage
en émulsion.
Selon ce procédé on met en suspension le premier matériau micrométrique
et le second matériau nanométrique au sein d'un liquide support.
Puis, on ajoute dans ce liquide un liant, lui-même dissous dans un
premier solvant. Il en résulte une émulsion de gouttelettes de liant/solvant dans
le liquide support.
Par agitation de l'émulsion on emprisonne au sein de chaque goutte
de liant/solvant des grains du mélange en suspension (premier matériau micrométrique
et granules nanométriques).
Un réglage de la température du liquide support permettra de maîtriser
la taille des gouttelettes de l'émulsion. Plus la température sera élevée plus les
gouttelettes seront fines.
On extrait ensuite le premier solvant en ajoutant à l'émulsion un
deuxième solvant. Ce dernier est choisi de telle sorte que le premier solvant ait
une affinité plus grande avec lui qu'il n'en a pour le matériau liant.
Cette opération a pour effet d'éliminer le solvant du liant, donc
de durcir celui ci qui emprisonne les granules nanométriques autour des grains du
premier matériau micrométrique.
Il suffit ensuite de filtrer et sécher la substance pulvérulente obtenue.
Si le premier matériau est un matériau pyrotechnique, la substance
obtenue sera mise en oeuvre d'une façon classique dans un composant pyrotechnique,
par exemple un composant à fil chaud, à fil explosé ou à percussion ...
Si le premier matériau pyrotechnique est un explosif secondaire il
sera mis en oeuvre ultérieurement suivant les techniques de chargement classiques
(coulée, compression, polymérisation).
Selon une caractéristique essentielle de l'invention on ajoute à l'émulsion
solvant/liant dans le liquide support un tensioactif permettant de la stabiliser.
D'une façon classique les molécules tensioactives permettent de diminuer
les tensions de surface entre deux liquides.
Dans le procédé selon l'invention le tensioactif aura pour rôle de
créer des bulles de liant/solvant de volume équivalent.
En effet, lorsque l'on arrête l'agitation d'une émulsion, chaque élément
de celle ci a une forte tendance à récupérer son état d'équilibre. Il y a au bout
d'un certain temps une séparation des deux phases liquides. Il n'est donc pas possible
dans ce cas de contrôler précisément la taille des grains réalisés.
Le tensioactif permet de stabiliser cette étape avant le durcissement
des grains par l'addition du deuxième solvant.
Ces bulles de liant/solvant sont donc stabilisées, le phénomène de
floculation sera diminué par les forces de répulsion entre les gouttes de liant/solvant.
La stabilisation de la taille des bulles permet de maîtriser et d'homogénéiser la
taille finale des grains de la substance pulvérulente.
Cette maîtrise permet également de contrôler la quantité de granules
de matériau nanométrique présents dans chaque bulle de liant/solvant, donc également
de maîtriser l'enrobage des grains du premier matériau avec le matériau nanométrique.
Le choix du tensioactif dépendra de la nature des solvants en présence
ainsi que de celle du liquide support.
On choisira un tensioactif comportant une tête polaire soluble dans
le premier solvant et une chaîne carbonée grasse soluble dans le liquide support.
L'avantage du procédé selon l'invention est qu'il évite le mélange
à sec des poudres. On augmente ainsi la sécurité de mise en oeuvre. Si le premier
matériau est un explosif primaire, il se trouve flegmatisé par le liquide support.
Par ailleurs l'aluminium nanométrique qui est fortement réactif à l'air libre (à
cause de l'humidité de l'air) se trouve mélangé sans danger au sein du liquide support
(par exemple l'huile de silicone).
On choisira le liant en fonction de la nature du matériau à enrober
et de façon à ce qu'il ne soit pas miscible dans le liquide support.
On choisira alors ensuite le premier solvant en fonction de la nature
du liant choisi et enfin le deuxième solvant en fonction de la nature du premier
solvant.
A titre d'exemple pour un liant tel que la nitrocellulose on utilisera
comme premier solvant la méthyléthylcétone et on adoptera l'Heptane comme deuxième
solvant permettant de durcir les grains. Le liquide support choisi est l'huile de
silicone et le tensioactif approprié est un ester de sucre.
Ce tensioactif aura une formule générale : R1 - COO - R2
- Avec R1 : chaîne alcane CnH2n+1 avec n = 4 à 12.
- Avec R2 : glucose (C6H12O6) ou saccharose (C12H22O11)
ou fructose (C6H12O6) ou tout autre sucre possédant
des groupements OH.
Un tel ester comporte une longue chaîne carbonée qui a plus d'affinité
avec l'huile de silicone qu'avec la méthyléthylcétone. Il comporte une tête polaire
formée par de nombreux groupements OH qui forment des liaisons hydrogène avec les
C-O de la méthyléthylcétone. L'ester de sucre se dispose donc à l'interphase entre
le premier solvant et l'huile de silicone, assurant la stabilisation des gouttelettes.
Pour un liant tel que le polyvinyle de formamide (PVDF) ou l'alcool
polyvinylique on pourra choisir comme premier solvant l'acétone.
Le procédé selon l'invention peut également être utilisé pour enrober
un matériau non pyrotechnique avec des granules nanométriques. L'Homme du Métier
choisira aisément les différents solvants en fonction des matériaux mis en oeuvre.
Exemple 1
A titre d'exemple on a réalisé une substance pyrotechnique pulvérulente
associant 78% de dinitrobenzofuroxane de potassium (KDNBF) (granulométrie moyenne
85 micromètres), 19% d'aluminium nanométrique (granulométrie comprise entre 50 nanomètres
et 100 nanomètres) et 3% de nitrocellulose.
Pour réaliser l'enrobage souhaité et pour 10 grammes de substance
pyrotechnique préparée on a procédé de la façon suivante :
On prépare tout d'abord une solution du liant dans un premier solvant.
Pour cela on mélange entre 0,1 g et 0,25 g de nitrocellulose dans 40 à 60 ml de
Méthyléthylcétone.
On introduit par ailleurs dans un Becher thermostaté entre 150 et
300 ml d'huile de silicone.
La température du bain d'huile de silicone est maintenue entre 18°C
et 30°C. Un agitateur est présent dans le becher.
On introduit entre 6 et 8 g de KDNBF, on laisse la poudre de matériau
pyrotechnique se répartir dans le Becher, puis on introduit entre 2 et 4 g d'aluminium
nanométrique.
On laisse sous agitation pendant 5 minutes.
On introduit ensuite dans le Becher la solution de liant préalablement
préparée, puis on ajoute de 1 à 5 ml d'une solution de tensioactif (ester de sucre).
On agite pendant 5 minutes.
On ajoute enfin de 10 à 60 ml du deuxième solvant (l'heptane), on
agite puis on évacue les eaux-mères.
On pourra recommencer le rinçage à l'heptane une ou deux fois puis
on récupère la composition sur un buchner. On essore quelques minutes puis on récupère
la composition enrobée qui peut être stockée.
On a conduit des essais permettant de comparer la substance pyrotechnique
ainsi obtenue avec le KDNBF seul, et avec une composition enrobée et associant le
KDNBF avec de l'aluminium micrométrique (granulométrie comprise entre 40 microns
et 80 microns).
Cette dernière composition a été préparée en mettant en oeuvre le
même procédé que celui décrit ci dessus.
On a ainsi tout d'abord vérifié que le KDNBF enrobé d'aluminium nanométrique
était conducteur alors que le KDNBF associé à l'aluminium micrométrique était isolant
(tout comme le KDNBF seul).
Cela s'explique par le fait que le KDNBF ne peut pas être enrobé par
l'aluminium micrométrique. La composition obtenue est plutôt proche d'un mélange
à sec des deux produits dans lequel il n'y a pas de chemins conducteurs au travers
des particules d'aluminium.
On a également réalisé des essais de comportement des substances pyrotechniques
aux décharges électriques.
On a pour cela réalisé des décharges capacitives à l'aide d'un montage
associant une capacité et une résistance.
Ce test classique est conduit suivant le mode opératoire suivant :
une quantité de substance pyrotechnique d'environ 15 mm3 est disposée dans un godet
conducteur. Une aiguille est disposée au-dessus de la substance (sans contact).
On applique entre le godet contenant la substance pyrotechnique et l'aiguille la
décharge d'un condensateur d'une capacité de 1000 pF chargé sous 25 kV avec une
résistance de 10 kilo Ohms en série.
On a mesuré la tension à laquelle différents échantillons de la substance
pyrotechnique se trouvaient initiés. Le tableau ci dessous résume les résultats
des essais :
Substance testée
Tension du seuil d'initiation moyen (kilo Volts)
KDNBF seul pulvérulent
2,88 k V
KDNBF (79%) alu nanométrique (18%) liant (3%)
3,41 k V
KDNBF (79%) alu micrométrique (18%) liant (3%)
Les lots ne sont pas homogènes
Valeur variable de 2,88 kV à non initiation (on a que de l'aluminium)
On constate que la substance pyrotechnique selon l'invention a un
seuil initiation plus élevé. Sa sensibilité aux décharges électriques est donc moindre.
La substance pyrotechnique mettant en oeuvre de l'aluminium micrométrique
n'est pas homogène d'un lot à l'autre. Les résultats ne sont pas reproductibles
pour une telle substance. Le seuil varie de 2,88 kV (KDNBF seul) à la non-initiationn
(aluminium seul).
On a également réalisé des essais de comportement des substances pyrotechniques
à la friction.
On a pour cela réalisé des essais de friction avec l'appareil Julius
Peters (cet essai est décrit dans le mode opératoire GEMO FA-500- A-1).
D'une façon classique, un échantillon de l'ordre de 10 mg de la substance
pyrotechnique à tester est déposé sous forme d'un petit tas au milieu d'une plaquette
de céramique rugueuse. Cette plaquette est alors fixée sur le chariot mobile de
l'appareil qui pourra lui imprimer un mouvement linéaire de vitesse et d'amplitude
reproductibles.
Sur la plaquette vient frotter un poinçon cylindrique à extrémité
bombée (réalisé dans la même céramique que la plaquette). Ce poinçon reçoit par
l'intermédiaire d'un fléau de balance une force verticale connue qui peut prendre
un certain nombre de valeurs. C'est l'expression de la force appliquée qui provoque
une réaction certaine de l'échantillon qui caractérisera la sensibilité de la substance
à la friction linéaire. On a déterminé ainsi l'effort minimal conduisant au non-fonctionnementt
de dix échantillons.
Le tableau ci dessous résume les résultats des essais :
Substance testée
Sensibilité à la friction
KDNBF seul pulvérulent
10 non-fonctionnements pour un effort de 600
g
KDNBF (79%) alu nanométrique (18%) liant (3%)
10 non-fonctionnements pour un effort de 1,2
kg
KDNBF (79%) alu micrométrique (18%) liant (9%)
Les lots ne sont pas homogènes
Résultats non exploitables. Du fonctionnement à 600 g au non-fonctionnement
(uniquement de l'aluminium
On constate que la substance pyrotechnique selon l'invention résiste
beaucoup mieux à la friction que le KDNBF seul. En effet il faut un effort supérieur
à 1,2 kg pour obtenir l'initiation. Un tel comportement est dû à une amélioration
de la surface externe du grain (lissage assuré par le matériau nanométrique).
La substance pyrotechnique mettant en oeuvre de l'aluminium micrométrique
n'étant pas homogène d'un lot à l'autre, les résultats des essais de friction sont
très variables. Une telle composition n'est pas reproductible.
Par ailleurs on a pu vérifier que les caractéristiques détoniques
de la substance pyrotechnique selon l'invention ne sont pas dégradées par l'enrobage
avec l'aluminium nanométrique.
On pourra réaliser avec le même procédé des compositions associant
:
Exemple 2
- 80 % en masse d'azoture d'argent,
- 20% d'aluminium nanométrique,
- de la nitrocellulose dans une proportion de 3% de la masse globale du mélange
matériau pyrotechnique/aluminium nanométrique.
Exemple 3
- 70 % en masse de styphnate de plomb,
- 30% d'aluminium nanométrique,
- de la nitrocellulose dans une proportion de 3% de la masse globale du mélange
matériau pyrotechnique/aluminium nanométrique.