La présente invention concerne une barrique de bois notamment pour
la production de vin et d'eaux-de-vie, un procédé de fabrication d'un fond pour
une telle barrique, et un dispositif pour la mise en oeuvre d'un tel procédé.
De longue tradition, l'industrie vinicole a utilisé des barriques
en bois, et particulièrement en bois de chêne, pour la production et le transport
du vin. De telles barriques ne sont plus utilisées pour le transport, mais remplissent
toujours une fonction importante pour l'élevage des vins et alcools, en raison
des propriétés physico-chimiques particulières du bois qui contribuent au goût
du produit final. Le chêne étant une espèce à pousse lente, le coût du bois de
chêne est élevé. De plus, de telles barriques doivent être remplacées régulièrement,
typiquement après 4 à 6 ans d'usage, en raison de l'altération de leur surface
intérieure au contact du vin, et des problèmes aussi bien gustatifs que microbiens
que peut entraîner cette altération.
Une barrique comporte typiquement un corps en forme de cylindre bombé
fermé à ses deux extrémités par deux fonds de barrique, également en bois de chêne.
Un tel fond doit satisfaire essentiellement deux critères, l'étanchéité et l'aptitude
à résister à une pression de deux bars sur sa face intérieure.
Traditionnellement, le procédé d'élaboration des fonds de barrique
utilisé par les tonneliers est le suivant :
- des lattes de chêne, appelées pièces de fond, sont régularisées par usinage
de leurs quatre faces (deux faces utiles, et deux faces latérales d'assemblage)
;
- elles sont ensuite triées, en fonction de leur largeur et de leur longueur,
et placées les unes à côté des autres de façon à ce qu'un fond, en forme de disque,
puisse y être taillé ;
- chacune des lattes de chêne est percée de deux à trois trous sur ses deux faces
latérales d'assemblage, dénommées les joints ;
- des goujons en acacia sont placés dans chacun des trous d'une des faces latérales
;
- un demi-brin de jonc est disposé à plat sur chaque joint, ce qui assurera l'étanchéité
entre deux pièces de fonds assemblées ;
- les lattes de chêne sont assemblées par leurs faces latérales, chaque goujon
étant engagé dans deux trous en vis à vis de deux lattes pour les maintenir en
emprisonnant entre elles le jonc ;
- les pièces assemblées sont ensuite taillées pour former le fond de barrique.
Afin de réduire le nombre d'étapes nécessaires à la fabrication d'un
fond de barrique, et donc le coût de fabrication de la barrique, il peut être intéressant
de supprimer l'emploi du jonc d'étanchéité et des goujons d'acacia. Il est à noter
qu'il n'est cependant pas souhaitable d'employer une colle ou tout autre produit
inapte au contact alimentaire dans un procédé de fabrication de fond de barrique.
D'autre part, une parfaite étanchéité, ainsi qu'une bonne résistance à la pression
sont nécessaires.
Le but de la présente invention est de fournir une telle barrique
de bois, dont le fond est moins cher à produire, du fait de l'absence de goujons
d'acacia et de jonc d'étanchéité dans sa fabrication. Un autre but est d'accroître
la solidité et/ou l'étanchéité par rapport à un fond obtenu par le procédé traditionnel
décrit ci-dessus.
Pour cela, l'invention a pour objet une barrique de bois notamment
pour la production de vin et d'eaux-de-vie, comportant un corps fermé par deux
fonds, chaque fond de barrique comportant un ensemble de lattes sensiblement droites
de section transverse sensiblement rectangulaire assemblées parallèlement les unes
aux autres par des faces latérales opposées, caractérisée par le fait que les deux
faces latérales adjacentes de deux desdites lattes assemblées sont en contact
sensiblement étanche, lesdites deux faces latérales présentant dans un plan perpendiculaire
à la direction longitudinale desdites lattes deux profils longitudinaux sensiblement
complémentaires apte à être emboîtés à force l'un dans l'autre, un premier desdits
profils comportant une première partie inclinée par rapport à la direction d'épaisseur
desdites lattes et une première partie femelle s'étendant vers l'intérieur de l'épaisseur
de la latte dans sa direction transversale, et le second desdits profils comportant
une seconde partie inclinée par rapport à la direction d'épaisseur de la latte
sensiblement parallèlement à ladite première partie inclinée et une seconde partie
mâle sensiblement complémentaire de ladite première partie femelle.
Avantageusement, chaque partie femelle forme une rainure rectangulaire
dont le fond est sensiblement parallèle à ladite direction d'épaisseur.
De préférence, ledit premier profil comporte une première partie
mâle s'étendant vers l'extérieur de la latte dans sa direction transversale, et
le second profil comporte une seconde partie femelle sensiblement complémentaire.
Avantageusement, ledit premier profil présente successivement à partir
d'une de ses extrémités ladite première partie inclinée, ladite première partie
mâle et ladite première partie femelle.
Selon une caractéristique de l'invention, ledit premier profil comporte
une troisième partie inclinée s'étendant à partir de ladite première partie mâle,
ladite troisième partie inclinée étant inclinée par rapport à la direction d'épaisseur
de la latte et se terminant à l'autre extrémité dudit premier profil, et le second
profil comporte une quatrième partie inclinée sensiblement complémentaire de ladite
troisième partie inclinée.
Avantageusement, lesdites première et troisième parties inclinées
dudit premier profil sont sensiblement parallèles entre elles.
De préférence dans ce cas, ledit premier profil possède un axe longitudinal
de symétrie situé à mi-longueur du tronçon de profil reliant le fond de ladite
première partie femelle au sommet de ladite première partie mâle.
Avantageusement, chaque partie inclinée fait un angle de l'ordre
de 30 degrés par rapport à ladite direction d'épaisseur.
La présente invention fournit également un procédé de fabrication
d'un fond de barrique, caractérisé par le fait qu'il comporte :
- (a) une étape d'usinage de chacune d'une pluralité de lattes, selon deux faces
latérales opposées parallèles à la direction longitudinale de ladite latte, pour
usiner suivant respectivement deux profils sensiblement complémentaires lesdites
deux faces opposées de chacune desdites lattes, de manière invariante sur la longueur
de ladite latte, un premier desdits profils comportant une première partie inclinée
par rapport à la direction d'épaisseur de ladite latte et une première partie femelle
s'étendant vers l'intérieur de l'épaisseur de la latte dans sa direction transversale
et le second desdits profils comportant une seconde partie inclinée par rapport
à la direction d'épaisseur de la latte sensiblement parallèlement à ladite première
partie inclinée et une seconde partie mâle sensiblement complémentaire de ladite
première partie femelle ;
- (b) une étape de sélection d'un lot de lattes parmi ladite pluralité, ledit
lot étant sélectionné de façon que la surface utile de la réunion des lattes dudit
lot, lorsqu'elles seront juxtaposées parallèlement les unes aux autres avec lesdites
faces latérales opposées emboîtées, est apte à contenir un disque de diamètre supérieur
ou égal à celui dudit fond de barrique ;
- (c) une étape d'emboîtage à force dudit lot de lattes par lesdites faces opposées,
pour provoquer l'emboîtement des paires de faces latérales adjacentes des lattes
dudit lot, chaque paire comportant deux faces latérales usinées suivant respectivement
lesdits deux profils sensiblement complémentaires, le contact entre lesdites faces
latérales étant, à l'issue de ladite étape d'emboîtement, sensiblement étanche
et rigidement maintenu par l'autoserrage desdits deux profils sensiblement complémentaires
;
- (d) une étape de découpe dudit fond de barrique dans ledit lot de lattes emboîtées.
Avantageusement, ladite étape d'usinage permet l'usinage simultané
desdites deux faces latérales opposées de ladite latte à l'aide d'au moins deux
outils de coupe distincts ou identiques.
De préférence, ladite étape d'emboîtage comprend successivement la
disposition dudit lot de lattes à assembler par leurs surfaces utiles sur une surface
de support, le positionnement d'un organe de maintien pour exercer une pression
sur la face utile libre de toutes les lattes dudit lot en direction de ladite surface
de support, et l'activation d'au moins un organe de pressage mobile sensiblement
perpendiculairement auxdites faces latérales, entre ladite surface de support
et ledit organe de maintien.
Un autre objet de la présente invention est un dispositif pour la
mise en oeuvre du procédé décrit ci-dessus, caractérisé par le fait qu'il comprend
une presse pour effectuer ladite étape d'emboîtage, ladite presse comportant ladite
surface de support pour supporter les pièces à presser, ledit organe de maintien
qui comprend une surface de maintien sensiblement plane à une de ses extrémités
et est apte à exercer une pression de ladite surface de maintien vers ladite surface
de support, et ledit au moins un organe de pressage situé près d'une extrémité
de ladite surface de support, chaque organe de pressage comportant une face d'appui
et étant apte à exercer une force pour déplacer ladite face d'appui dans une direction
parallèle à ladite surface de support, ledit organe de maintien étant déplaçable
entre une position de manutention dans laquelle ladite surface de maintien est
décalée par rapport à ladite surface de support et une position de maintien dans
laquelle ladite surface de maintien recouvre au moins une partie centrale de ladite
surface de support.
Avantageusement, ladite presse comporte deux organes de pressage
dont les faces d'appui sont agencées face à face de part et d'autre de ladite partie
centrale de la surface de support.
De préférence, ledit organe de maintien comporte un bras mobile en
rotation autour d'un axe situé à une extrémité de ladite surface de support, une
extrémité libre dudit bras portant ladite surface de maintien.
L'invention sera mieux comprise, et d'autres buts, détails, caractéristiques
et avantages de celle-ci apparaîtront plus clairement au cours de la description
suivante de plusieurs modes de réalisation particuliers de l'invention, donnés
uniquement à titre illustratif et non limitatif, en référence au dessin annexé.
Sur ce dessin :
- la figure 1 est une vue de dessus d'un ensemble de lattes à assembler ;
- la figure 2 est une vue de dessus du même ensemble de lattes qu'à la figure
1, après assemblage ;
- la figure 3 est une vue de dessus du fond de barrique selon l'invention découpé
dans l'ensemble de lattes de la figure 2 ;
- la figure 4 est une vue de côté selon la flèche IV de la figure 2 ;
- la figure 5 est un détail selon le cadre V de la figure 4 ;
- la figure 6 est une vue en coupe partielle d'un dispositif tournant pour usiner
la face latérale d'une latte ;
- la figure 7 est une vue en élévation et de face d'une presse selon l'invention
;
- la figure 8 est une vue de dessus de la presse de la figure 7, dans différentes
positions de fonctionnement ;
- la figure 9 est un schéma de fonctionnement du système de commande d'une presse
selon l'invention.
La barrique selon l'invention comporte généralement un corps (non
représenté) sensiblement en forme de cylindre bombé, avec une partie centrale de
diamètre supérieur à celui de ses extrémités, fermé auxdites extrémités par deux
fonds de barrique en bois découpés en forme de disque. Le fond 1 de la barrique
selon l'invention, visible à la figure 3, comporte un ensemble de lattes de bois
de chêne 2, appelées des pièces de fond, qui sont assemblées parallèlement les
unes aux autres par emboîtage à force par leurs faces latérales 3.
Le fond de la barrique selon l'invention et son procédé de fabrication
vont maintenant être décrit en référence aux figures 1 à 6. Comme visible à la
figure 1, le procédé de fabrication selon l'invention comprend une étape où un
lot 4 de pièces de fond 2 est sélectionné, de manière que la longueur et la largeur
de la réunion des lattes 2 du lot 4 soient suffisantes pour qu'un fond de barrique
puisse y être découpé ultérieurement, après assemblage des lattes 2. Le lot 4 comporte
plusieurs lattes 2 de longueurs et de largeurs différentes, disposées parallèlement
les unes aux autres, les lattes 2 de plus grande longueur étant, de préférence,
disposées au milieu du lot 4. Une latte 2 a, par exemple, une épaisseur de l'ordre
de 25 mm, une largeur de l'ordre de 4 à 13 cm et une longueur de l'ordre de 45
à 85 cm. Classiquement, la direction longitudinale A des pièces de fond 2 est globalement
parallèle aux fibres du bois. Les faces latérales d'assemblage 3 des lattes 2 du
lot 4 portent un profil qui y a été préalablement usiné, et qui sera décrit plus
bas, apte à permettre leur assemblage par emboîtage à force et à réaliser un autoserrage.
Les faces utiles 5 et 15 des lattes 2 sont régulières et sensiblement planes.
Pour former un fond de barrique 1, les lattes 2 d'un lot 4 sont ensuite
emboîtées à force par leurs faces latérales 3. L'étape d'emboîtage 2 à l'aide d'une
presse de serrage sera décrite plus bas. Après emboîtage des lattes 2, l'assemblage
de lattes 6, visible à la figure 2, présente une face utile 5 sensiblement plane
et étanche. L'étape suivante consiste en la découpe dans l'assemblage 6 d'un disque,
par exemple de diamètre de l'ordre de 50 cm, pour former le fond de barrique 1,
visible à la figure 3.
Comme visible à la figure 4, les lattes 2 de l'assemblage 6 sont
emboîtées par leurs faces latérales 3. A l'exception des lattes 2 situées aux extrémités
de l'assemblage 6, dont les faces latérales extérieures 7 ne sont pas nécessairement
usinées, chaque latte 2 de l'assemblage 6 a ses deux faces latérales 3 usinées
selon deux profils transverses 8 et 9, complémentaires l'un de l'autre, invariants
dans la direction longitudinale A des lattes 2. Comme mieux visible à la figure
5, le profil transverse 8 d'une face latérale d'assemblage 3 d'une latte 2 comporte
successivement dans la direction d'épaisseur E de la latte à partir de la face
utile 5 : une partie 8a inclinée, d'un angle de sensiblement 30° par exemple, vers
l'intérieur de la latte 2 par rapport à ladite direction d'épaisseur E, une partie
mâle, en forme de languette à section rectangulaire 8b de sommet parallèle à ladite
direction d'épaisseur E, une partie femelle, en forme de rainure à section rectangulaire
8c de fond parallèle à ladite direction d'épaisseur E, et une partie 8d inclinée
vers l'extérieur de la latte 2 en formant un angle par rapport à ladite direction
d'épaisseur E jusqu'à la face utile opposée 15. La languette à section rectangulaire
8b et la rainure à section rectangulaire 8c sont sensiblement de même largeur,
sensiblement égale à 4,4 mm par exemple.
Le profil transverse 9 est complémentaire du profil transverse 8
et comporte successivement, dans ladite direction d'épaisseur E de la latte, à
partir de la même face utile 5 : une partie 9a inclinée du même angle , de sensiblement
30° par exemple, vers l'extérieur de la latte 2 par rapport à ladite direction
d'épaisseur E, une partie femelle, en forme de rainure à section rectangulaire
9b de fond parallèle à ladite direction d'épaisseur E de la latte 2, une partie
mâle, en forme de languette à section rectangulaire 9c de sommet parallèle à ladite
direction d'épaisseur E de la latte 2, et une partie 9d inclinée du même angle
, de sensiblement 30° par exemple, vers l'intérieur de la latte 2 par rapport à
ladite direction d'épaisseur E. Les arêtes transversalement extérieures par rapport
à la latte 2 des parties inclinées 8a et 8d du profil 8 (respectivement 9a et 9d
du profil 9) sont sensiblement alignées avec le sommet de la languette 8b (respectivement
9c). Les arêtes transversalement intérieures par rapport à la latte 2 des partie
inclinées 8a et 8d du profil 8 (respectivement 9a et 9d du profil 9) sont sensiblement
alignées avec le fond de la rainure 8c (respectivement 9b).
Dans l'assemblage 6, pour chaque latte 2, le profil 8 d'une face
latérale 3 est emboîté dans le profil 9 de la face latérale 3 adjacente de la latte
voisine, les parties inclinées 8a et 9a sont en contact, la languette 8b est engagée
dans la rainure 9b, la languette 9c est engagée dans la rainure 8c, et les parties
inclinées 8d et 9d sont en contact. L'assemblage 6 est maintenu par autoserrage,
il ne comporte ni colle, ni goujon, ni autre moyen de fixation. Le contact entre
les faces latérales d'assemblage 3 adjacentes est sensiblement étanche. Le gonflement
du bois peut encore améliorer ultérieurement l'étanchéité de l'assemblage 6.
Dans le mode de réalisation préféré, représenté à la figure 5, les
angles et sont sensiblement égaux, de sorte que les parties du profil 8 inclinées
vers l'intérieur et vers l'extérieur respectivement 8a et 8d sont sensiblement
parallèles. Le segment 8e joignant le fond de la rainure 8c au sommet de la languette
8b est situé sensiblement à la moitié de l'épaisseur de la latte, et l'axe longitudinal
passant par le point milieu C de ce segment 8e est sensiblement axe de symétrie
du profil transverse 8. Ainsi, les profils transverses complémentaires 8 et 9
sont l'image l'un de l'autre par une symétrie centrale. Chaque latte 2 peut alors
présenter une symétrie centrale par rapport à un axe longitudinal médian passant
par le point M situé à l'intersection des diagonales D d'une section transverse
de ladite latte, comme visible à la figure 5.
Initialement, un lot 4 de lattes est constitué à partir d'une réserve
de pièces de fond 2 aux faces latérales déjà usinées. En variante, l'usinage des
faces latérales d'assemblage 3 peut être réalisé après sélection du lot 4. Comme
visible à la figure 6, l'usinage des faces latérales d'assemblage 3 d'une latte
2 est réalisé à l'aide d'un outil de coupe tournant, comportant un mandrin 11 à
la périphérie duquel sont fixées des plaquettes profilées 12, dont le côté extérieur
au mandrin 11 porte le profil complémentaire du profil à usiner. Ainsi, une plaquette
12 pour usiner le profil 8 porte le profil 9, et réciproquement. Le mandrin 11
avec une plaquette profilée 12 a un diamètre total par exemple de l'ordre de 140
mm et une hauteur dans la direction d'épaisseur E précitée de l'ordre de 35 mm
par exemple. Il comporte un alésage central 13 par exemple de sensiblement 50 mm
de diamètre, pour le monter sur un arbre d'une machine tournante (non représentée).
Une vis de réglage 14 permet d'ajuster la position de la plaquette profilée 12
dans la direction d'épaisseur E de la latte 2. De préférence, l'usinage des deux
faces latérales 3 ainsi que la régularisation des faces utiles 5 et 15 de la latte
2 est réalisé en un seul passage de la pièce de fond 2 dans une raboteuse quatre
faces (non représentée). Un tel dispositif comporte deux mandrins 11 pour usiner
simultanément les deux faces latérales 3 opposées d'une latte 2. Du fait de la
symétrie des profils 8 et 9, des plaquettes profilées 12 identiques peuvent être
montées sur ces deux mandrins 11, les plaquettes 12 montées sur l'un desdits deux
mandrins 11 étant agencées dans une position renversée par rapport à celles montées
sur l'autre.
L'invention a également pour objet une presse de serrage pour emboîter
les pièces de fond 2 d'un lot 4, visible à la figure 1, et former un assemblage
6, visible à la figure 2. La presse de serrage selon l'invention va maintenant
être décrite, en référence aux figures 7 à 9. La presse de serrage selon l'invention
comporte une table de support métallique 16 comportant un plateau horizontal 19
relié à quatre pieds verticaux 18. A chacune des deux extrémités longitudinales
de la table de support 16, des contreforts 17 viennent relier de manière oblique
les extrémités en porte-à-faux dudit plateau horizontal 19 à une barre de liaison
horizontale (non représentée) joignant deux pieds 18 à environ la moitié de leur
hauteur. La surface plane libre du plateau 19 a pour fonction de supporter un lot
4 de lattes 2 à emboîter. La table de support 16 a, par exemple, une hauteur de
l'ordre de 85 cm, une longueur de l'ordre de 225 cm et une largeur de l'ordre
de 100 cm. La table de support 16 porte aussi à ses extrémités longitudinales de
part et d'autre du plateau 19 deux organes de presse comprenant chacun un ensemble
de vérin à piston-cylindre 22 dont le cylindre 23 est rigidement assemblé à la
table 16 et dont l'extrémité libre de la tige de piston 20 est fixée perpendiculairement
à une barre d'appui 21. La barre 21 est aussi liée perpendiculairement à deux tiges
de guidage 24 parallèles à ladite tige de piston 20 et situées de part et d'autre
de celle-ci. Les tiges de guidage 24 sont mobiles en translation dans des manchons
de guidage 25 liés à la table 16.
Les ensembles de vérin à piston-cylindre 22 sont à double effet,
pour déplacer les deux barres d'appui 21 dans les deux sens entre une position
de repos proche de l'extrémité longitudinale du plateau 19, cette position étant
représentée à la figure 8 en trait continu, et une position de pressage proche
d'une partie centrale 26 du plateau 19, représentée à la figure 8 en traits mixtes.
Les tiges de piston 20 sont sensiblement rentrées dans les cylindres 23 en position
de repos des barres d'appui 21, et sensiblement sorties des cylindres 23 en position
de pressage des barres d'appui 21. Chaque barre d'appui 21 a une face d'appui
36 sensiblement perpendiculaire au plateau 19 de longueur de l'ordre par exemple
de 80 cm, afin de pouvoir appuyer uniformément sur toute la longueur desdites lattes
2, dont l'axe A est disposé parallèlement à la longueur des barres 21.
Un bord longitudinal de la table 16 comporte aussi deux étriers horizontaux
27 verticalement espacés qui s'étendent vers l'extérieur de la table 16 sensiblement
à mi-longueur de celle-ci. Les étriers 27 supportent un axe vertical 28 qui s'étend,
par exemple jusqu'à environ 45 cm, au-dessus du niveau du plateau 19, et sur lequel
est monté en rotation un organe de maintien 29. L'organe de maintien 29 comprend
un bras 30 s'étendant sensiblement horizontalement au-dessus de la table 16, lié
perpendiculairement à l'une de ses extrémités à un tube 31 emmanché sur l'axe vertical
28 pour former une liaison pivot avec lui et, à l'autre extrémité, à un ensemble
de vérin à piston-cylindre 32 s'étendant vers la table 16 sensiblement parallèlement
à l'axe vertical 28, dont l'extrémité libre inférieure de la tige de piston 33
est liée à un disque rigide de maintien 34 parallèle au plateau 19. Le disque 34
est par exemple métallique. L'organe de maintien 29 est mobile en rotation autour
de l'axe 28 entre une position de manutention dans laquelle le bras 30 est sensiblement
parallèle au bord longitudinal du plateau 19, le disque de maintien 34 étant latéralement
décalé par rapport au plateau 19, et une position de maintien, dans laquelle le
bras 30 est sensiblement perpendiculaire audit bord longitudinal de la table 16,
le disque de maintien 34 étant à l'aplomb de la partie centrale 26 du plateau 19.
L'ensemble de vérin à piston-cylindre 32 est à double effet pour déplacer le disque
de maintien 34 dans les deux sens entre, d'une part, une position haute dans laquelle,
la tige de piston 33 étant rentrée dans le cylindre 35, le disque de maintien 34
est situé au-dessus du plateau 19, par exemple à environ 15 cm, l'organe de maintien
29 pouvant alors être librement déplacé autour de son axe, et d'autre part, une
position basse dans laquelle la tige de piston 33 étant sortie du cylindre 35,
le disque de maintien 34 est en appui sur le plateau 19 ou sur la surface de lattes
2 posées sur le plateau 19.
La presse de serrage selon l'invention comporte un système de commande
qui va maintenant être décrit en référence à la figure 9. Le système 36 comporte
un réservoir 37 contenant un liquide à une pression basse, par exemple sensiblement
égale à la pression atmosphérique, pour alimenter le système 36. Le réservoir 37
a par exemple une capacité de 55 litres. Le système de commande 36 comporte également
une pompe 39 entraînée par un moteur électrique 40 pour envoyer du liquide à haute
pression dans un circuit haute pression 38. Le moteur 40 a par exemple une puissance
de l'ordre de 4 kW.
A partir de la sortie de la pompe 39, le circuit haute pression 38
traverse un clapet taré de non-retour 41 et se divise à partir d'un embranchement
42 en une première branche 45 pour alimenter les deux ensembles de vérin à piston-cylindre
22 à travers un distributeur de pressage 43, une deuxième branche 46 pour alimenter
l'ensemble de vérin à piston-cylindre 32 à travers un distributeur de maintien
44, et une troisième branche 47 pour mettre à vide le circuit à travers un distributeur
de mise à vide 48. En amont de l'embranchement 42, le circuit haute pression 38
est relié à un manomètre 49 à travers un robinet d'isolement 50. Le manomètre 49
permet de contrôler la pression dans le circuit 38 en fonctionnement, qui vaut
par exemple de l'ordre de 150 bar.
Le système 36 comporte également un circuit basse pression 51 qui,
en partant du réservoir 37, traverse un filtre 52, et se divise en une première
branche 54 pouvant être reliée aux deux ensembles de vérin à piston-cylindre 22
à travers le distributeur de pressage 43, une deuxième branche 55 pouvant être
reliée à l'ensemble de vérin à piston-cylindre 32 à travers le distributeur de
maintien 44, et une troisième branche 53 pour mettre à vide le circuit par le
distributeur de mise à vide 48. En amont de l'embranchement 42, le circuit haute
pression 38 est aussi relié au circuit basse pression 51 à travers un limiteur
de pression 58 en série avec un clapet taré de non retour 59. Si la pression dans
le circuit haute pression 38 dépasse une valeur de seuil de sécurité prescrite,
le limiteur de pression 58 lui permet de se vider directement dans le réservoir
37.
Le distributeur de mise à vide 48 comporte deux positions : une position
de mise à vide, représentée à la figure 9, dans laquelle il met en communication
la troisième branche 47 du circuit haute pression 38 avec la troisième branche
53 du circuit basse pression 51, de sorte que le circuit haute pression 38 peut
se vider dans le réservoir 37 jusqu'à se trouver à même pression que ce dernier
; et une position de mise sous pression dans laquelle il obstrue la troisième
branche 47 du circuit haute pression 38, de sorte qu'une haute pression supérieure
à celle du liquide stocké dans le réservoir 37 peut être établie dans le circuit
38. Le distributeur de mise à vide 48 comporte une commande électromécanique 57
pour l'actionner dans sa position de mise sous pression et un ressort de rappel
56 qui exerce un effort pour le ramener dans sa position de mise à vide. Le distributeur
48 peut ainsi remplir une fonction d'interrupteur général du système 36, sa position
de mise à vide correspondant à un état d'extinction du système 36 et sa position
de mise sous pression correspondant à un état d'allumage du système 36.
En sortie du distributeur 43, deux conduites d'alimentation 60 et
61 des ensembles de vérin à piston-cylindre 22 sont liées respectivement aux deux
compartiments des cylindres 23. La conduite d'alimentation 60 se divise en deux
branches 60a et 60b liées respectivement au compartiment de chacun des deux cylindres
23 extérieur par rapport au plateau 19. La conduite d'alimentation 61 se divise
en deux branches 61a et 61b liées respectivement au compartiment de chacun des
deux cylindres 23 intérieur par rapport au plateau 19. Les deux branches 60a et
60b traversent un diviseur de débit 62, qui impose un débit égal dans chacune d'elles,
de sorte que les tiges de piston 20 des deux ensembles de vérin à piston-cylindre
22 ne peuvent se déplacer que conjointement et d'une même distance, aussi bien
dans le sens du serrage que dans le sens du desserrage. En amont des deux branches
60a et 60b, la conduite d'alimentation 60 est reliée à un limiteur de pression
63, qui permet à la conduite d'alimentation 60 de se vider si la pression y dépasse
une valeur de seuil de fonctionnement prescrite. Il permet donc de régler la pression
maximale de fonctionnement dans la conduite 60 lors du serrage.
Les mouvements des pistons des ensembles de vérin à piston-cylindre
22 sont commandés par le distributeur 43 qui comporte trois positions : une position
d'arrêt dans laquelle les deux conduites d'alimentation 60 et 61 sont obstruées,
de sorte que les pistons des ensembles de vérin à piston-cylindre 22 sont immobilisés
; une position de serrage dans laquelle la conduite d'alimentation 60 est reliée
à la branche 45 du circuit haute pression et la conduite d'alimentation 61 est
reliée à la branche 54 du circuit basse pression, de sorte que les tiges de piston
20 sont déplacées dans le sens du pressage vers le centre du plateau 19 ; et une
position de desserrage dans laquelle la conduite d'alimentation 60 est reliée à
la branche 54 du circuit basse pression et la conduite d'alimentation 61 est reliée
à la branche 45 du circuit haute pression, de sorte que les tiges de piston 20
sont déplacées dans le sens du desserrage vers les extrémités du plateau 19. Le
distributeur 43 comporte deux commandes électromécaniques 65 pour le déplacer
respectivement vers sa position de serrage et sa position de desserrage, à l'encontre
de deux ressorts de rappel 66 dont l'effort s'exerce pour ramener le distributeur
43 vers sa position centrale, qui est sa position d'arrêt.
En sortie du distributeur 44, deux conduites d'alimentation 67 et
68 de l'ensemble de vérin à piston-cylindre 32 sont liées respectivement aux compartiments
supérieur et inférieur du cylindre 35. La conduite d'alimentation 67 est reliée
à un limiteur de pression 69, qui permet à celle-ci de se vider si la pression
y dépasse une valeur de seuil de fonctionnement prescrite. Il permet donc de régler
la pression maximale de fonctionnement dans la conduite 67 lors du serrage du
disque de maintien 34 en position basse.
Les mouvements de l'ensemble de vérin à piston-cylindre 32 sont commandés
par le distributeur 44 qui comporte aussi trois positions : une position de décompression
dans laquelle les deux conduites d'alimentation 67 et 68 sont mises en communication
avec la branche 55 du circuit basse pression de manière à les décomprimer, de
sorte que le piston de l'ensemble de vérin à piston-cylindre 32 peut alors être
librement déplacé dans le cylindre 35 ; une position de serrage dans laquelle la
conduite d'alimentation 67 est reliée à la branche 46 du circuit haute pression
et la conduite d'alimentation 68 est reliée à la branche 55 du circuit basse pression,
de sorte que la tige de piston 33 est déplacée dans le sens du pressage, dans lequel
le disque de maintien 34 est déplacé vers le plateau 19 ; et une position de desserrage
dans laquelle la conduite d'alimentation 67 est reliée à la branche 55 du circuit
basse pression et la conduite d'alimentation 68 est reliée à la branche 46 du circuit
haute pression, de sorte que la tige de piston 33 est déplacée dans le sens du
desserrage, dans lequel le disque de maintien 34 est déplacé vers sa position haute.
Le distributeur 44 comporte deux commandes électromécaniques 70 pour le déplacer
respectivement vers sa position de serrage et sa position de desserrage, à l'encontre
de deux ressorts de rappel 71 dont l'effort s'exerce pour ramener le distributeur
44 vers sa position centrale, qui est sa position de décompression.
Le système hydraulique de commande 36 permet de commander indépendamment
les mouvements de l'ensemble de vérin à piston-cylindre 32 par l'intermédiaire
du distributeur 44, et les mouvements des deux ensembles de vérin à piston-cylindre
22, par l'intermédiaire du distributeur indépendant 43, afin d'effecteur l'étape
d'emboîtage décrite ci-dessous.
L'étape d'emboîtage des lattes 2 se déroule de la manière suivante.
Initialement, l'organe de maintien 29 est en position de manutention, le disque
de maintien 34 étant en position haute. Les barres d'appui 21 sont en position
de repos, proches des extrémités longitudinales du plateau 19. Le distributeur
de mise à vide 48 est positionné en position de mise sous pression pour permettre
l'utilisation de la presse. Les pièces de fond 2 d'un lot 4, avec leurs deux faces
latérales 3 préalablement usinées conformément à la description ci-dessus, sont
étendues à la main sur la partie centrale 26 du plateau 19, dans l'ordre dans lequel
elles doivent être assemblées, leurs faces latérales d'assemblage 3 parallèles
aux faces d'appui 36 des barres 21.
L'organe de maintien 29 est ensuite amené en position de maintien
avec le disque de maintien 34 à l'aplomb des lattes 2 à assembler. Le distributeur
44 étant actionné en position de serrage, l'ensemble de vérin à piston-cylindre
32 provoque l'abaissement du disque 34 jusqu'à exercer une pression de maintien
sur la face utile libre des lattes 2. Le distributeur 43 étant ensuite actionné
aussi en position de serrage, les ensembles de vérin à piston-cylindre 22 provoquent
le déplacement des barres d'appui 21 vers leur position de serrage. Les barres
d'appui 21 se déplacent jusqu'à entrer en contact avec les faces latérales extérieures
7 du lot de lattes 2 et exercent une pression qui provoque l'emboîtement à force
des faces latérales 3 adjacentes des lattes 2. Les barres d'appui 21 ont une hauteur
inférieure à l'épaisseur des lattes 2, afin de pouvoir passer sous le disque de
maintien pendant le serrage, comme visible en trait mixte à la figure 8. Lorsque
les ensembles de vérin à piston-cylindre 22 exercent l'effort nécessaire pour emboîter
les lattes 2, le disque de maintien 34 doit exercer aussi une pression de maintien
suffisante pour empêcher celles-ci de se décaler verticalement.
Lorsque l'emboîtement est réalisé, le distributeur 43 est amené en
position de desserrage et les ensembles de vérin à piston-cylindre 22 sont ainsi
actionnés pour ramener les barres d'appui 21 vers leur position de repos. Le distributeur
44 est à son tour amené en position de desserrage et l'ensemble de vérin à piston-cylindre
32 est actionné pour relever le disque 34. L'organe de maintien 29 peut alors
être ramené dans sa position de manutention pour permettre le déchargement manuel
de l'assemblage 6 obtenu. Le fond de barrique 1 selon l'invention peut alors être
découpé dans l'assemblage de lattes 6.
Bien que l'invention ait été décrite en liaison avec plusieurs variantes
de réalisation particulières, il est bien évident qu'elle n'y est nullement limitée
et qu'elle comprend tous les équivalents techniques des moyens décrits ainsi que
leurs combinaisons, si celles-ci entrent dans le cadre de l'invention.