La présente invention concerne la conception et la réalisation d'un
conteneur de stockage de cadavres d'animaux destiné à être utilisé sur les sites
d'élevage. Le conteneur suivant l'invention présente un grande facilité de chargement
des cadavres, et de déchargement de son contenu dans la benne utilisée de façon
habituelle pour l'évacuation des cadavres hors du site d'élevage. Il peut être utilisé
en mode statique, porté ou tracté.
Par site d'élevage, on entend ici tous les sites ayant à gérer des
animaux d'élevage ou autres, tels par exemple que les exploitations agricoles, les
élevages industriels, les chenils, les meutes, les laboratoires d'expérimentation
animale et les centres de recherche, les fourrières, les cabinets vétérinaires,
les réserves et les zoos, cette liste n'étant pas exhaustive.
Lorsqu'un animal meurt dans un site d'élevage, il est généralement
emporté par le service d'équarrissage pour être éliminé. Dans l'attente de cette
opération, il est nécessaire de stocker de façon provisoire le cadavre sur le site
d'élevage.
L'invention s'applique de manière particulièrement avantageuse au
stockage de tous les animaux dont la taille ou le poids sont trop élevés pour permettre
leur transport et leur stockage dans les dispositifs de conservation usuels tels
que les congélateurs ou les chambres froides. L'invention concerne plus particulièrement
les animaux de taille moyenne à grande qui doivent être stockés à l'unité ou en
petites quantités en attente du ramassage par les équarrisseurs, dont notamment
les bovins, ovins, caprins, veaux, poulains, gibiers, chiens...
L'invention n'est cependant pas limitative de ce type d'animaux, et
le conteneur qu'elle propose peut également être utilisé pour le stockage d'animaux
de taille et de poids moins importants, pour lesquels un grand nombre de cadavres
est à conserver en vrac, tels que les volailles, porcelets, agneaux...
De même, le conteneur suivant l'invention peut également être utilisé
pour le stockage des cadavres d'animaux qui ne sont pas destinés à être ramassés
par les services d'équarrissage, mais à être éliminés ultérieurement sur place par
enfouissement, incinération ou autre.
Lorsqu'un animal décède, les services d'équarrissage obligent à ce
que le cadavre soit sorti des bâtiments, ramené au siège d'exploitation si mort
au champ, et stocké à l'extérieur, à un endroit accessible par camion. Les équarrisseurs
n'ayant pas l'obligation de se déplacer pour un cadavre ou un lot de cadavres dont
le poids est inférieur à 40 kg, ou alors moyennant facturation, nombre d'éleveurs
attendent d'avoir un poids suffisant d'animaux morts pour faire appel à leurs services.
De ce fait, les cadavres sont laissés à l'extérieur des bâtiments,
pendant une durée qui peut aller de quelques heures à plusieurs jours. Ceci pose
des problèmes sanitaires importants, en particulier durant l'été, car par temps
chaud la décomposition des cadavres est très rapide. Les principales gênes occasionnées
sont bien sûr de nature olfactive, mais aussi visuelle. De plus, conséquence plus
grave, dans le cas d'un décès par maladie contagieuse, par exemple dans le cas de
la fièvre aphteuse, un cadavre d'animal exposé à l'air libre pendant plusieurs jours
constitue un facteur important de dissémination de la maladie.
Actuellement, il existe dans certaines exploitations agricoles des
moyens de stockage des cadavres d'animaux de petite taille. Dans le cas par exemple
de l'élevage industriel des volailles, le stockage dans des conditions hygiéniques
des bêtes mortes s'effectue dans des bacs étanches ou des congélateurs de type ménager.
Un tel stockage est rendu possible par la petite taille et le faible poids des animaux,
qui peuvent être manipulés facilement et transportés à main d'homme.
Le brevet FR 2 712 774 décrit un container de stockage provisoire
de cadavres d'animaux, dont les parois sont thermiquement isolées et qui comporte
une ouverture supérieure pour son chargement, une trappe dans son fond pour son
déchargement, et des moyens de préhension pour sa levée. Il est en outre pourvu
d'un groupe frigorifique générant du froid en son intérieur. Ce container est destiné
au stockage des animaux de petite taille dont le poids permet qu'ils soient soulevés
et chargés par une ouverture supérieure, et il est particulièrement approprié aux
besoins des élevages avicoles.
Contrairement à cet exemple, il n'existe actuellement aucun moyen
de stockage dans les sites d'élevage des animaux de taille et de poids plus importants.
Ainsi, de façon concrète, lorsque l'animal décède, l'éleveur dépose le cadavre sur
le sol à l'extérieur des bâtiments de l'exploitation, si possible dans un endroit
où il ne sera pas exposé en pleine vue, en attente de l'équarrisseur. Dans le meilleur
des cas, le ou les cadavres sont recouverts d'une bâche ou d'une tôle, ou enfermés
dans un sac, de façon à être moins visibles. De plus, pour les animaux paissant
dans les prés, souvent loin du site d'exploitation, il se pose également un problème
de transport du cadavre jusqu'au site.
L'objectif de l'invention est de fournir aux éleveurs un moyen de
conserver les cadavres d'animaux dans de bonnes conditions sanitaires jusqu'à leur
enlèvement par le service d'équarrissage. L'invention concerne ainsi un conteneur
de stockage pouvant recevoir au moins un cadavre d'animal en vue de son ramassage
subséquent par un véhicule du type des camions d'équarrissage. Ce conteneur est
étanche, il permet de limiter tous les problèmes d'odeur, et d'éviter la vision
des cadavres et la propagation des maladies pouvant subvenir durant le stockage
provisoire des cadavres. Il est destiné plus particulièrement à contenir un ou plusieurs
animaux de taille et de poids moyens à élevés, et sa contenance est adaptée au volume
et au nombre d'animaux susceptibles de devoir être stockés à un moment donné sur
le site d'élevage.
Un autre objectif de l'invention est d'assurer que d'une part le chargement
du cadavre dans le conteneur, et d'autre part son déchargement dans la benne d'équarrissage,
soient relativement aisés, à la fois pour l'éleveur et pour l'équarrisseur.
A cet effet, l'invention propose un conteneur de stockage essentiellement
constitué d'une structure rigide fermée comportant une ouverture latérale s'étendant
sensiblement sur toute sa longueur et occupant sensiblement la moitié de ses surfaces
latérales et supérieure, pour le chargement du cadavre dans le conteneur par glissement
latéral lorsque la structure est posée sur le sol, cette ouverture étant obturable
par une porte rotative. La structure comporte des moyens de préhension pour sa levée,
et un fond entièrement basculant pour son déchargement en position levée au-dessus
du véhicule de ramassage, par déversement du cadavre qu'il contient dans le véhicule.
De façon tout à fait avantageuse, le seuil de chargement du conteneur,
lorsque celui-ci repose sur le sol dans sa position normale d'utilisation, est situé
très près du niveau du sol. La présence d'une ouverture latérale, qui constitue
sensiblement toute une face de la structure, permet alors que le cadavre puisse
être glissé depuis le sol à l'intérieur de la structure, sans qu'il soit à aucun
moment nécessaire de le soulever totalement. Ceci est particulièrement avantageux
pour le chargement d'animaux de taille et de poids importants, qui ne peuvent pas
être manipulés facilement.
Dans les conditions courantes d'utilisation du conteneur suivant l'invention,
la porte rotative est en position fermée, et elle n'est ouverte que pour le chargement
d'un cadavre dans le conteneur, ou pour la vérification du contenu de ce dernier
par les services d'équarrissage.
Le transfert du cadavre dans la benne du camion d'équarrissage est
également facilité par rapport aux pratiques habituelles.
En effet, c'est trop souvent encore que sur les sites d'élevage le
chargement d'un cadavre dans la benne d'équarrissage demande la manipulation directe
du cadavre par l'équarrisseur, au mépris de toutes les règles élémentaires d'hygiène.
Dans la pratique, si on se réfère par exemple au cas des brebis, ce chargement est
réalisé en attachant le cadavre, par une chaîne, corde ou grosse ficelle nouée autour
d'une patte ou du cou, au crochet d'une grue, afin de le hisser au-dessus de la
benne.
Au contraire, le déchargement des cadavres du conteneur dans la benne
d'équarrissage ne demande aucune manipulation manuelle du cadavre. Il est avantageusement
réalisé en tirant parti des moyens de levée portés par le camion, ou de tout autre
moyen de levée indépendant dont peut disposer l'éleveur sur le site d'élevage. La
structure suivant l'invention est pourvue de moyens de préhension qui permettent
de la soulever, par exemple au moyen de la grue portée par le camion, et de la positionner
au-dessus de la benne. Le déchargement des cadavres est ensuite effectué par basculement
du fond de la structure, de manière à libérer les cadavres qui tombent dans la benne
sous l'effet de leur poids.
En outre, l'utilisation du conteneur suivant l'invention permet ainsi
avantageusement d'éviter que les services d'équarrissage n'aient à emporter, puis
surtout à trier et à retraiter, les ficelles, cordes, sacs ou autres utilisés de
façon classique par les éleveurs pour le stockage temporaire des cadavres ou par
les équarrisseurs pour leur chargement dans la benne.
De façon tout à fait avantageuse, c'est le fond entier de la construction
qui bascule, de façon à assurer que l'intégralité du contenu de la structure s'évacue
lors de l'ouverture du fond.
Afin d'assurer que le stockage s'effectue de manière tout à fait hygiénique,
la structure est entièrement lavable. Ses parois internes sont en outre toutes constituées
de telle sorte qu'elles n'absorbent pas les liquides. La structure est notamment
constituée de matériaux métalliques.
Le conteneur suivant l'invention présente un autre avantage qui est
de constituer un point de repère pour l'équarrisseur venant ramasser les cadavres,
le conteneur étant bien plus facilement reconnaissable qu'un cadavre posé dans un
coin du site d'exploitation, voire dissimulé sous une bâche. Ceci est particulièrement
avantageux dans les cas où l'équarrisseur n'est pas familier des habitudes de l'éleveur.
L'éleveur dispose ainsi avantageusement d'un moyen permanent de stockage des cadavres
d'animaux, que les équarrisseurs sauront rapidement identifier comme tel, mais dont
personne excepté l'éleveur et l'équarrisseur ne pourra savoir, à un moment donné,
s'il contient ou non un cadavre.
Suivant des modes de réalisation préférés dans la pratique industrielle,
l'invention répond aux caractéristiques suivantes, mises en oeuvre séparément ou
en chacune de leurs combinaisons techniquement opérantes.
Suivant une caractéristique secondaire de l'invention, la porte rotative
est conçue de telle sorte qu'elle permette de dégager un volume de chargement important.
Ainsi, dans des modes de réalisation préférés de l'invention, elle
est avantageusement articulée de telle sorte qu'elle s'escamote entièrement de l'ouverture
de chargement. Dans des modes de réalisation préférés de l'invention, elle présente
la forme d'un quart de cylindre fermé aux deux bouts, et elle coulisse à l'intérieur
ou autour des parois latérales et supérieures fixes de la structure. On peut aussi
prévoir qu'elle se relève à la verticale au-dessus de la structure.
D'une façon générale, toutes les formes de porte et tous les systèmes
d'articulation peuvent être utilisés dans le cadre de l'invention, à partir du moment
où ils assurent que le volume de chargement soit important, et que l'opération d'introduction
du cadavre dans la structure ne soit pas entravée par des parois latérales ou supérieures
de la structure. Le cadavre peut ainsi avantageusement être chargé dans la structure
au moyen d'un engin de manutention par exemple.
Les mêmes résultats avantageux sont obtenus dans le cas où aucun moyen
de levée n'est disponible pour permettre le déchargement du conteneur par son fond.
Dans ce cas, la carcasse est attachée manuellement, et déchargée par traction et
glissement sur le sol hors de la structure.
Afin de faciliter encore le déchargement manuel du cadavre, selon
des modes de réalisation préférés de l'invention, le fond de la structure est avantageusement
conçu de sorte à ne présenter aucun rebord.
Suivant une caractéristique secondaire de l'invention, le fond est
apte à pivoter sous l'effet du poids du cadavre autour d'un axe longitudinal, et
il est normalement maintenu, par un système de verrouillage, dans une position fermée
dans laquelle le conteneur est étanche. De ce fait, le fond reste fermé même lorsque
le conteneur est soulevé du sol, malgré la pression exercée sur lui par le poids
des animaux.
Dans des modes de réalisation préférés de l'invention, le système
de verrouillage est déverrouillable à distance. Ainsi, lorsque le conteneur se trouve
dans sa position de déchargement au-dessus de la benne, il suffit à l'opérateur
resté au sol de commander, à l'aide d'une cordelette par exemple, le déverrouillage
pour libérer le fond, qui bascule alors sous l'effet du poids des cadavres.
Une fois que le contenu de la structure a été vidé dans la benne,
l'invention assure de façon tout à fait avantageuse que la manoeuvre consistant
à ramener le fond dans sa position fermée, avant qu'il soit reposé sur le sol pour
sa prochaine utilisation, soit tout aussi aisée à mener à bien. A cet effet, suivant
une caractéristique secondaire de l'invention, le fond est muni d'un système de
rappel tendant à le ramener vers la position fermée, et le système de verrouillage
est constitué de telle sorte qu'il s'enclenche de façon automatique lorsque le fond
atteint la position fermée. Les opérations de refermeture et de reverrouillage du
fond s'effectuent par conséquent de façon automatique et immédiate dès que les cadavres
sont tombés de la structure. Il ne reste alors à l'opérateur qu'à manoeuvrer les
moyens de levée pour ramener le conteneur au sol.
Suivant une caractéristique secondaire de l'invention, l'axe de pivotement
du fond est décalé par rapport à son axe médian longitudinal.
L'amplitude du décalage doit être suffisante pour que l'ouverture
qui est créée lors du basculement du fond soit assez vaste pour permettre le passage
de l'animal à travers elle. Par contre, plus ce décalage est grand, et plus la force
qui doit être exercée sur le fond par le système de rappel automatique afin de le
ramener dans sa position fermée doit être importante. L'amplitude du décalage de
l'axe de pivotement du fond est ainsi avantageusement choisie de manière à obtenir
un compromis entre ces deux exigences opposées.
Par ailleurs, l'invention permet de manière avantageuse que les jus
de décomposition ou autres produits par les cadavres soient récupérés et vidés au
cours de l'opération même de déchargement des cadavres. Ainsi, suivant une caractéristique
secondaire de l'invention, le fond de la construction est lisse, de sorte qu'il
ne retient aucun liquide. Cette caractéristique facilite également de façon tout
à fait avantageuse le nettoyage du fond.
En outre, le fond présente une forme de cuvette dans le creux de laquelle
les jus se concentrent. Il résulte de cette caractéristique deux résultats particulièrement
avantageux : d'une part, les cadavres ne baignent pas entièrement dans leur jus
de décomposition, mais ils restent au contraire en grande partie au sec, ce qui
permet de retarder leur décomposition. D'autre part, la vidange des jus, lorsque
le fond bascule pour libérer les cadavres dans la benne d'équarrissage, est d'autant
plus rapide que les jus sont concentrés dans cette zone précise du fond de la structure.
De plus, toujours pour répondre à cet objectif de l'invention qui
est de faciliter l'évacuation des jus de décomposition des cadavres, dans des modes
de réalisation préférés de l'invention, le point le plus bas de la cuvette est décalé
par rapport à l'axe médian longitudinal du fond. Le décalage est avantageusement
réalisé en sens opposé par rapport à celui de l'axe de pivotement du fond, ce qui
permet, lorsque le fond atteint sa position de basculement maximal, que la vidange
des jus soit immédiate.
Selon des modes de réalisation préférés de l'invention, les moyens
de préhension de la structure sont constitués d'une potence surplombant la structure
et munie d'un anneau pour sa préhension par un crochet. Tout autre moyen de préhension
approprié pour la levée par une grue ou autre moyen de levée et le positionnement
au-dessus d'une benne peut cependant être utilisé dans le cadre de l'invention.
Un objectif secondaire de l'invention est de faciliter le transport,
au sein du site d'élevage, de l'animal du lieu de sa mort à son lieu de départ vers
l'équarrissage ou de traitement local.
En effet, lorsqu'un animal décède, il se trouve suivant les cas soit
dans un bâtiment de l'exploitation, soit dans les champs.
Dans le premier cas, l'éleveur doit transporter le cadavre hors du
bâtiment, et le déposer à l'extérieur. Pour faciliter ce transport, dans un des
modes de mise en oeuvre préférés de l'invention, la structure est munie de roues
qui la rendent déplaçable manuellement dans les bâtiments ou dans les cours de l'exploitation.
Dans le cas où la bête est morte au champ, il est nécessaire de ramener
le cadavre au siège de l'exploitation. Dans ce cas, si l'éleveur ne se rend pas
compte du décès le jour même, mais plusieurs jours après, il trouve une bête à l'état
de décomposition plus ou moins avancé selon la saison. En pratique, les solutions
généralement utilisées pour ramener le cadavre jusqu'au siège d'exploitation sont
soit le transport dans un véhicule d'exploitation, dont le seuil de chargement est
toujours trop haut, d'où une manipulation physiquement pénible, doublé du problème
de la manipulation manuelle d'une carcasse potentiellement en décomposition, mais
aussi du voyage avec des odeurs extrêmes ; soit le transport sur la fourche ou dans
le godet d'un tracteur, avec le risque de déchirement de l'animal, ce qui est également
possible dans le premier cas.
Afin d'éviter ces inconvénients, selon un mode de réalisation préféré
de l'invention, la structure est munie d'un attelage dit "trois points" pour son
transport par les tracteurs agricoles.
Dans d'autres modes de réalisation préférés de l'invention, la structure
est pourvue d'une paire de roues de type routières et d'un timon d'attelage pour
sa traction par un engin motorisé.
Suivant une caractéristique secondaire de l'invention, au moins une
des roues, celle qui est située du côté de l'ouverture latérale, est escamotable
de manière à abaisser le seuil de chargement du conteneur par la porte, et rétractable
de l'emprise de la porte. De cette façon, le mode chargement du cadavre dans la
structure n'est absolument pas modifié, et il reste toujours réalisable par glissement
depuis le sol.
Afin de ne pas empêcher le pivotement du fond basculant, suivant une
autre caractéristique secondaire de l'invention, les roues ne sont pas reliées,
comme il est usuel, par un essieu transversal placé sous la structure, mais elles
sont montées individuellement sur deux longerons longitudinaux de la structure.
Chaque roue possède en outre son système de suspension propre.
Par conséquent, l'éleveur peut charger l'animal dans le conteneur
sur le lieu même de sa mort, et déplacer ensuite le conteneur à sa convenance. Le
transport du cadavre ne présente plus aucune difficulté, et les risques de déchirement
sont considérablement réduits. De plus, quand bien même ce serait le cas, l'impact
serait limité puisqu'il n'y a plus alors à manipuler le cadavre.
Suivant une caractéristique secondaire de l'invention, ladite structure
est délimitée par des parois thermiquement isolantes, lisses et non absorbantes.
Ceci présente l'avantage de réduire par temps chaud la température à laquelle sont
soumises les carcasses, et de ralentir leur décomposition. En outre, cette caractéristique
permet également de pouvoir attendre d'avoir un poids suffisant de cadavres avant
de déplacer les services d'équarrissage. L'usage du conteneur suivant l'invention
présente alors un intérêt économique non négligeable pour les services d'équarrissage
par la limitation du nombre de déplacements, et aussi un intérêt collectif car moins
de camions circulent sur les routes.
Dans un des modes de réalisation préférés de l'invention, le conteneur
est équipé d'un système de production du froid afin de diminuer sa température interne.
Dans des modes de réalisation préférés de l'invention, la structure
est équipée sur une face extérieure d'un compartiment étanche pouvant contenir une
ou plusieurs feuilles de papier. Ceci peut être particulièrement avantageux pour
conserver à l'abri des intempéries, en l'absence de l'éleveur, les fiches d'identification
des animaux destinées au service d'équarrissage. De même, les bons d'enlèvement
des animaux peuvent y être déposés par le service d'équarrissage.
L'invention sera maintenant plus complètement décrite dans le cadre
de caractéristiques préférées et de leurs avantages, en faisant référence aux figures
1 à 6 dans lesquelles :
- la figure 1 représente une vue générale d'un conteneur suivant l'invention ;
- la figure 2 représente une vue en coupe du conteneur de la figure 1 suivant
le plan A-A, dans laquelle sont illustrées les positions d'ouverture/fermeture de
la porte rotative et du fond basculant ;
- la figure 3 représente une vue générale d'un conteneur suivant un mode de réalisation
préféré de l'invention légèrement différent;
- la figure 4 illustre le système de verrouillage du pivotement du fond basculant
;
- la figure 5 représente une vue générale d'un conteneur suivant l'invention équipé
d'un attelage dit trois points ;
- et la figure 6 est une vue générale d'un conteneur suivant l'invention destiné
à être tracté.
Le conteneur suivant l'invention est constitué de matériaux métalliques
et/ou composites ou plastiques. Il est entièrement étanche. Il est lavable et il
peut être désinfecté après utilisation.
Sa taille et son volume sont adaptés à différentes sortes d'animaux.
Dans des modes de réalisation préférés de l'invention, il possède une taille suffisante
pour contenir de un à trois cadavres d'animaux du type brebis ou chèvre.
Comme représenté sur la figure 1, le conteneur est essentiellement
constitué d'une structure rigide 1, dont la base est un cadre rectangulaire 2. Ce
cadre présente un axe et un plan de symétrie longitudinaux.
Fixé sur le cadre 2 se trouve un bâti 3 qui forme les parois latérales
et supérieures de la structure 1. Il est divisé en deux parties 4 et 5 situées de
part et d'autre du plan de symétrie longitudinal du cadre 2.
La partie 4 est fixe. Dans le mode de réalisation préféré de l'invention
représenté sur la figure, elle a une forme semi-parallélépipédique.
La partie 5 constitue une porte rotative pour la structure 1. Elle
est mobile et articulée à pivotement autour de l'axe de symétrie longitudinal du
cadre de base 2. Elle présente la forme d'un quart de cylindre fermé aux deux bouts,
et des dimensions légèrement inférieures à celle de la partie fixe 4, de telle sorte
qu'elle peut pivoter entièrement à l'intérieur de cette dernière, libérant ainsi
une ouverture latérale 6 pour le chargement du conteneur. Le volume de chargement
de la structure 1 est ainsi égal à environ la moitié de son volume interne. Il n'est
limité par aucune paroi latérale ou supérieure.
On peut également envisager dans le cadre de l'invention d'articuler
la porte 5 de façon différente, tout en assurant que cette articulation permette
l'ouverture d'une entrée latérale de grande taille, afin de respecter l'objectif
de l'invention qui est de faciliter le chargement des animaux morts dans le conteneur.
Ainsi, la porte 5 peut notamment être articulée par des gonds fixés
sur la partie supérieure de la partie fixe 4, de telle sorte qu'elle peut être ouverte
par un mouvement de rotation de 90 degrés vers le haut. Son blocage en position
ouverte peut alors être assuré par des crochets ou des vérins à gaz, durant tout
le temps nécessaire au chargement, au nettoyage du conteneur ou à toute autre opération
à effectuer à l'intérieur de la structure 1, telle par exemple que le relevé d'identification
officielle par l'équarrisseur.
La porte rotative 5 est pourvue d'une poignée 7 facilitant sa manipulation.
On peut avantageusement prévoir d'équiper la structure 1 d'un dispositif
de verrouillage de la porte 5, de façon à empêcher qu'elle puisse être ouverte de
façon intempestive.
Le fond 8 de la structure 1 est constitué par un cadre rectangulaire
9 qui s'adapte exactement à l'intérieur du cadre de base 2. Ce cadre de fond 9 présente
une hauteur avantageusement comprise entre 10 et 20 cm, et de préférence égale à
environ 15 cm. Il est inséré à l'intérieur du cadre de base 2 de façon à ce que
les bords supérieurs des deux cadres soient au même niveau. Il en résulte que la
structure 1, lorsqu'elle est posée au sol, présente un seuil de chargement très
bas, pratiquement au niveau du sol. Il est par conséquent tout à fait aisé de charger
un cadavre à l'intérieur du conteneur par simple glissement depuis le sol. Du fait
de la faible hauteur du seuil de chargement, cette manoeuvre demande à l'éleveur
relativement peu d'efforts physiques.
Le cadre de fond 9 supporte une paroi de fond lisse 10, notamment
constituée d'une tôle. La paroi de fond 10 présente une forme de cuvette longitudinale
de profondeur égale à la hauteur du cadre de fond 9. Elle est en outre dépourvue
de rebords intérieurs, présentant au contraire une conformation en pentes douces.
Cette forme de cuvette favorise de façon tout à fait avantageuse la récupération
des jus de décomposition qui peuvent être produits par les cadavres, et leur concentration
dans une zone bien précise du fond 8 en attendant leur vidange.
Le cadre de fond 9 est relié au cadre de base 2 articulé autour d'un
axe longitudinal, au moyen de deux pivots 11. Les pivots 11 sont décalés par rapport
à l'axe de symétrie longitudinal du cadre de base 2. Ils sont notamment situés environ
aux deux tiers de la largeur de ce dernier. Cependant, n'importe quel autre décalage
peut être envisagé dans le cadre de l'invention, afin de s'adapter à la taille des
animaux que le conteneur est destiné à recevoir. Le fond 8 peut notamment être articulé
autour d'un axe situé près d'un de ses bords, afin de libérer un espace de déchargement
de surface maximale. Dans ce cas, il est cependant très difficile, une fois le déchargement
des cadavres réalisé, de ramener le fond 8 de sa position de basculement maximal
à sa position fermée de façon uniquement automatique, et une intervention manuelle
est nécessaire à cet effet.
De façon tout à fait avantageuse, l'axe de pivotement du fond 8 et
le point le plus bas de la cuvette 10 sont décalés l'un par rapport à l'autre, et
même situés à l'opposé par rapport au plan de symétrie longitudinal du cadre de
base 2. Dans le mode de réalisation préféré de l'invention représenté sur la figure,
l'axe de pivotement du fond 8 est situé aux deux tiers de sa largeur, et la paroi
de fond 10 passe par son minimum aux deux tiers opposés. De ce fait, la vidange
du conteneur, et plus particulièrement l'élimination des jus sécrétés par les cadavres
d'animaux, est immédiate lors de l'ouverture du fond basculant 8.
La structure 1 comporte des moyens de préhension 12 permettant de
la soulever du sol. Dans des modes de réalisation préférés de l'invention, il s'agit
d'une potence 13 fixée sur le cadre de base 2, dans le plan de symétrie longitudinal
de ce dernier, et passant au-dessus du bâti 3. Sur la potence 13 est intégré un
anneau 25 dans lequel peut être inséré un crochet porté par une grue ou de tout
autre moyen de levée équipant les camions d'équarrissage. L'anneau 25 est avantageusement
disposé sur la potence 13 de telle sorte que la structure 1 soulevée du sol demeure
dans la même position que lorsqu'elle est posée sur le sol, le cadre de base 2 restant
parallèle au sol.
Une vue en coupe suivant le plan A-A du conteneur de la figure 1 est
illustrée sur la figure 2.
Les mouvements respectifs que peuvent exécuter la porte rotative 5
et le fond basculant 8 y sont représentés en pointillés.
La porte 5 peut pivoter autour de son axe d'articulation, suivant
la direction 32, et s'escamoter à l'intérieur de la partie fixe 4, de manière à
dégager un volume de chargement de taille importante.
La porte 5 et la partie fixe 4 comportent sur leur bord supérieur
des pans rentrants respectivement 14 et 15 situés en vis-à-vis l'un de l'autre et
destinés à assurer l'étanchéité de la structure lorsque la porte 5 est en position
fermée.
Lorsque la structure 1 est soulevée du sol d'une hauteur suffisante,
le fond 8 peut pivoter autour de l'axe formé par les pivots 11, selon la direction
33. Lorsqu'il se trouve en position de basculement maximal, c'est-à-dire à la perpendiculaire
par rapport à sa position fermée, la paroi de fond 10 est inclinée de telle sorte
que la vidange se réalise de façon optimale.
La figure 3 illustre un mode de réalisation différent de l'invention,
dans lequel la partie fixe 4 présente également la forme d'un quart de cylindre.
Dans ce cas, la porte rotative 5 pivote au-dessus de la partie fixe 4. On évite
ainsi avantageusement qu'elle ne heurte durant sa rotation d'éventuelles parties
des cadavres qui pourraient se trouver en contact avec les parois de la partie fixe
4.
Comme illustré sur cette figure, la structure 1 est munie d'un système
de verrouillage 16 du pivotement du fond basculant 8, constitué de deux éléments
identiques fixés sur deux bords opposés du cadre 2 perpendiculaires à l'axe de pivotement
du fond 8, et à l'opposé de celui-ci par rapport au plan de symétrie longitudinal
du cadre 2. Le rôle du système de verrouillage 16 est de maintenir le fond 8 en
position normalement fermée.
De façon générale, le conteneur suivant l'invention est utilisé comme
suit : la structure 1 est normalement posée sur le sol reposant sur son fond 8.
Les cadavres d'animaux y sont introduits à la demande. Il suffit pour cela d'ouvrir
la porte rotative 5, de façon à dégager l'ouverture latérale 6. Le seuil de chargement
étant situé quasiment au niveau du sol, et le volume ouvert pour le chargement étant
très important, cette manoeuvre ne présente pas de difficulté, et l'effort physique
à fournir est réduit au minimum.
Le stockage est ensuite effectué dans des conditions hygiéniques,
les cadavres étant maintenus enfermés dans la structure 1. Du fait de l'étanchéité
de la structure 1, il n'y a aucune fuite, notamment des liquides provenant de la
décomposition des cadavres. Les jus produits se concentrent au fond de la cuvette
10.
Au moment de transférer les cadavres dans la benne du camion d'équarrissage,
il suffit de soulever la structure 1, par exemple au moyen d'une grue portant un
crochet inséré dans l'anneau 25 de la potence 13, et de la positionner au-dessus
de la benne. Le système de verrouillage 16 est alors déverrouillé : le fond bascule
sous l'effet du poids des animaux, et se vide dans la benne. Grâce à la forme de
cuvette de la paroi de fond 10, et à sa texture lisse, la vidange des jus de décomposition
est rapide et totale.
Une fois la vidange effectuée, il suffit de ramener le fond 8 dans
sa position initiale. A cet effet, un système de rappel automatique 26 fixé d'une
part à la potence 13 et d'autre part au cadre de fond 9, ramène le fond 8 vers sa
position fermée. Ce système de rappel est notamment constitué d'un ressort. Dans
un mode de réalisation préféré de l'invention, il est prévu sur le côté de la potence
13 plusieurs points d'accrochage 34 du ressort 26, ce qui permet de pouvoir faire
varier la force de ce système de rappel de sorte à trouver le meilleur compromis
entre une ouverture suffisante du fond 8 pour permettre sa vidange totale, et le
retour automatique du fond 8 à sa position de reverrouillage.
Le ressort 26 peut également être positionné entre le cadre de fond
9 et le cadre de base 2, près du plan de symétrie longitudinal de ce dernier, au
pied de la potence 13 et à l'opposé de l'axe de pivotement du fond 8.
Il suffit ensuite d'enclencher à nouveau le système de verrouillage
16, et le conteneur peut à nouveau être reposé à terre, et utilisé pour un nouveau
stockage, après un éventuel nettoyage.
Le système de verrouillage 16 est représenté de façon plus détaillée
sur la figure 4, pour un de ses éléments, les deux éléments étant identiques.
Il est composé de deux crochets 17 placés à chaque bout du cadre de
base 2, et reliés entre eux par un axe 18, de façon à être solidaires en rotation.
Un piton 19 est fixé, en vis-à-vis de chaque crochet 17, sur l'extérieur
du cadre de fond 9. Dans la position fermée, le piton 19 est enclenché en butée
dans le crochet 17, ce qui immobilise le cadre de fond 9 contre le cadre de base
2. Le crochet 17 est maintenu en position de fermeture par un ressort de rappel
20.
Chaque crochet 17 est solidaire d'un plat sur champ 21, soudé à l'une
de ses extrémités au crochet 17, et formant un levier. Le plat sur champ 21 porte
en outre un anneau 22 à son extrémité opposée au crochet 17.
Le déblocage de ce système de verrouillage 16 est assuré, lorsque
la structure 1 est soulevée du sol, par l'opérateur qui, à partir du sol et à l'aide
d'une cordelette reliée indifféremment à l'un des deux anneaux 22, exerce un mouvement
de traction vers le bas. Ce mouvement fait pivoter les deux crochets 17 sur leur
axe, libérant du coup les deux pitons 19. Le cadre de fond 9 n'est plus immobilisé
contre le cadre de base 2, et il pivote sous l'effet du poids de la charge reposant
sur la paroi de fond 10. Ce mouvement de pivot s'exerce tout naturellement, à partir
du moment où la charge n'est pas répartie de façon symétrique par rapport à l'axe
d'articulation du fond 8. Ceci est d'autant moins probable que cet axe est décalé
par rapport au plan de symétrie longitudinal du cadre de fond 9. Le fond 8 bascule
alors jusqu'à atteindre sa position de basculement maximal, et la structure 1 se
vide intégralement.
Les crochets 17 comportent une face inférieure biseautée 23 qui facilite
leur enclenchement automatique autour des pitons 19 lorsque le fond 8 revient vers
sa position fermée, permettant ainsi d'assurer son blocage sans intervention extérieure.
Le verrouillage peut ainsi être automatique, ou, selon la puissance
du système et son réglage, il peut ne rester à l'opérateur, ayant ramené le conteneur
à mi-hauteur d'homme, qu'à accompagner le fond 8 jusqu'à sa position fermée et à
effectuer le verrouillage avant de reposer l'ensemble au sol.
La structure 1 est équipée de moyens pour permettre son déplacement.
Dans des modes de réalisation préférés de l'invention, la structure
1 est équipée d'un système d'attelage trois points 24 en forme de harnais pour permettre
sa manipulation par les tracteurs agricoles, comme représenté sur la figure 5. Cet
attelage 24 est avantageusement adapté du côté de la structure 1 opposé à l'ouverture
de chargement 6, de manière à ne pas gêner celui-ci. Il est relié d'une part au
cadre de base 2, et d'autre part à la partie supérieure de la potence 13.
Dans ce mode de réalisation, de façon tout à fait avantageuse, la
structure 1 a une longueur totale inférieure à la largeur autorisée pour un véhicule
sur route, soit inférieure à 2m40, si bien que le conteneur peut être transporté
sur les routes à l'arrière des tracteurs agricoles. Ceci est particulièrement avantageux
dans les cas où l'éleveur doit ramener au siège de l'exploitation un animal mort
dans un champ relativement éloigné et auquel on n'accède que par la route.
Suivant un autre mode de réalisation préféré de l'invention, la structure
1 comporte une potence adaptée pour qu'elle puisse être manipulée avec des fourches
à palettes.
Suivant un mode de réalisation préféré de l'invention encore différent,
le conteneur est conçu de façon à pouvoir être tracté sur route par un engin motorisé,
comme illustré sur la figure 6. A cet effet, la structure 1 est équipée d'un timon
d'attelage 27 et de deux roues 28 de type routières. De plus, il est avantageusement
prévu dans ce cas que les éléments de signalisation réglementaires (non représentés
sur les figures) équipent le conteneur, afin d'assurer que la circulation sur route
s'effectue dans le respect de la réglementation.
Chacune des roues 28 est montée indépendamment de l'autre sur un longeron
longitudinal 29 fixé au cadre de base 2 par deux axes 30. L'absence d'essieu permet
avantageusement de ne pas empêcher le basculement du fond 8. Chaque roue 28 possède
son système de suspension propre, notamment constitué d'un ressort hélicoïdal. L'utilisation
de tout autre système de suspension individuel est cependant tout aussi envisageable
dans le cadre de l'invention.
La roue 28 située du côté de l'ouverture de chargement est escamotable
au moyen d'un levier 31, et rétractable de l'emprise de la porte, si bien que le
seuil de chargement peut être facilement abaissé, et l'accès de chargement libéré.
On peut également envisager dans le cadre de l'invention d'adapter
à la structure 1 quatre petites roues pour qu'elle puisse être déplacée manuellement
à l'intérieur de l'exploitation, dans les bâtiments, ou les cours.
La description qui précède explique clairement comment l'invention
permet d'atteindre les objectifs qu'elle s'est fixés. En particulier, elle fournit
un conteneur de stockage dans des conditions hygiéniques des cadavres d'animaux
de taille moyenne à grande, utilisable dans les sites d'élevage, et avantageusement
conçu de telle sorte qu'il permet un chargement et un déchargement aisés de son
contenu.
Il ressort néanmoins de ce qui précède que l'invention n'est pas limitée
aux modes de mise en oeuvre qui ont été spécifiquement décrits et représentés sur
les figures et qu'elle s'étend au contraire à toute variante passant par le biais
de moyens équivalents.