DOMAINE TECHNIQUE
La présente invention concerne un procédé de fabrication d'index horaires
rapportés sur le cadran d'une pièce d'horlogerie au moyen de pieds de fixation pour
remplacer tout ou partie des chiffres indiquant les heures, lesdits index étant
de très petites dimensions et ayant généralement des formes géométriques simples.
L'invention concerne également une installation robotisée permettant
un usinage unitaire desdits index en offrant ainsi une plus grande liberté de choix
des formes et une plus grande qualité de finition de l'état de surface des parties
visibles après fixation sur le cadran.
ARRIERE PLAN TECHNOLOGIQUE
Les index ou chiffres disposés sur le tour d'heures, ou sur des cadrans
secondaires, sont le plus souvent réalisés par décalque, voire par sérigraphie en
donnant l'impression d'avoir été imprimés. Ces index peuvent aussi être obtenus
par matriçage de la surface inférieure du cadran, les parties en relief formant
les index étant alors polies, vernies, ou recouvertes d'un pigment luminescent,
comme décrit par exemple dans le brevet FR 2 308 133. Ces index peuvent également
être des pièces rapportées sur le cadran en étant produites par étampage d'une plaque
métallique puis collage, par exemple au moyen d'une colle durcissable à chaud, comme
indiqué dans le brevet CH 506 111.
Lorsqu'on veut obtenir des pièces de grande qualité, en particulier
lorsque le métal utilisé est un métal précieux les index, qui sont alors le plus
souvent pourvus de pieds pour leur fixation sur le cadran par chassage dans des
logements prévus à cet effet, sont ébauchés par usinage ou étampés dans un profilé,
puis repris pour facettage. Les sections employées sont généralement rectangulaire,
soit selon un mode "longitudinal", soit selon un mode "transversal".
Selon le premier mode d'exécution, le profilé a une section dans laquelle
peut s'inscrire une section droite d'un index, y compris les pieds. Sur une certaine
longueur de profilé correspondant à plusieurs index mis bout à bout, on usine d'abord
une face pour former l'aspect définitif de la partie visible des index, puis par
fraisage on forme les pieds sur la face opposée. Les index sont ensuite tronçonnés
et tombent dans un bac pour les opérations ultérieures de lavage et de séchage avant
d'être conditionnés en vrac pour expédition. Un mode d'exécution de ce type est
décrit plus en détails par exemple dans le brevet US 3 323 396. Cette façon de procéder
a pour inconvénient de ne pas permettre une finition de la partie sectionnée, par
exemple par diamantage. Il existe également un risque pour que les pieds, qui sont
des petites tiges très fines de diamètre inférieur au mm, soient faussés lors de
la chute dans le container, ce qui finalement peut conduire à un rebut de 30%, voire
davantage.
Selon un deuxième mode d'exécution, le profilé a une section dans
laquelle peut s'inscrire le contour choisi pour la base d'un index. Dans une première
opération, on effectue le diamantage des faces supérieures et des côtés de l'index.
Dans une deuxième opération l'index est serré sur deux surfaces d'appui opposées
entre les mors d'une pince en métal dur pour être tronçonné sur une longueur correspondant
sensiblement à l'épaisseur de l'index, augmentée de la hauteur des pieds. Dans une
troisième opération on procède au fraisage des pieds, puis on libère les index qui
tombent dans un bac pour les opérations ultérieures de lavage et séchage en vrac,
avant d'être conditionnés. Selon une variante de ce mode d'exécution décrit dans
le brevet CH 565 406, l'extrémité du profilé est saisie par une pince sur une longueur
correspondant à la hauteur des pieds, puis un tronçon est découpé et amené par un
plateau tournant devant un poste de facettage, puis devant une tourelle où il est
repris par une autre pince sur des côtés opposés déjà facettés pour effectuer successivement
le fraisage des deux pieds. Comme on le voit, dans ce mode d'exécution, dans lequel
des surfaces finies sont serrées entre des pinces pour effectuer l'usinage final
des pieds, le risque est grand de produire des index présentant des défauts d'aspect
visibles conduisant à leur déclassement, voire leur mise au rebut lorsque lesdits
index sont destinés à des pièces d'horlogerie haut de gamme.
RESUME DE L'INVENTION
La présente invention vise donc à pallier les inconvénients de l'art
antérieur précité en procurant un procédé et une installation pour la mise en oeuvre
de ce procédé permettant de fabriquer des index horaires ne présentant idéalement
aucun défaut d'aspect et permettant d'avoir une grande flexibilité au niveau de
leur forme.
A cet effet le procédé selon l'invention permet, à partir d'un profilé
métallique ayant une section appropriée, de fabriquer par usinage unitaire des index
horaires avec au moins un pied de fixation dans le cadran d'une pièce d'horlogerie.
Le procédé comporte les étapes fondamentales suivantes :
- dans une première étape on forme une ébauche et on fraise les pieds dans une
extrémité du profilé;
- dans une deuxième étape les pieds sont saisis par une pince et l'ébauche est
tronçonnée, et
- dans une troisième étape l'index est usiné et diamanté sur toutes ses surfaces
visibles à la forme désirée.
Le procédé comporte en outre des étapes secondaires consistant à :
- saisir par un dispositif d'aspiration l'index terminé pour le séparer de la
pince et le poser dans un plateau de conditionnement unitaire.
- effectuer le lavage et le séchage d'un ensemble de plusieurs plateaux contenant
chacun un lot d'index disposés sur le plateau, et
- conditionner les plateaux en vue de leur expédition.
Comme on le voit, à aucune étape du procédé il n'y a de reprise de
pince, ni de traitement en vrac de sorte qu'il n'existe aucune pièce défectueuse,
ce qui est particulièrement avantageux sur un plan économique en particulier lorsque
le métal du profilé est un métal précieux tel que l'or, ou un alliage d'or.
Selon un mode de réalisation préféré, les pieds sont fraisé en bout
de profilé.
Ce procédé est mis en oeuvre grâce à une installation robotisée à
commande numérique (CNC) programmable pour produire des index de formes très variées.
L'installation comprend un magasin d'approvisionnement en profilé, mobile horizontalement
sur une coulisse selon un axe Z2 en regard d'une pince permettant de
saisir les index par les pieds. L'usinage est effectué au moyen d'un robot à quatre
degrés de liberté (X, Y, Z1, ϑ) disposé entre le magasin et la
pince. L'installation comporte également un bras manipulateur permettant de saisir
des pièces par aspiration.
BREVE DESCRIPTION DES DESSINS
D'autres caractéristiques et avantages de la présente invention apparaîtront
à la lecture de la description détaillée qui suit, en référence aux dessins annexés
dans lesquels :
- la figure 1 représente en vue de dessus un exemple d'index pouvant être fabriqué
selon le procédé de l'invention;
- la figure 2 représente le même index que celui de la figure 1 en vue de côté;
- la figure 3 représente en vue de dessous en perspective l'index de la figure
1;
- la figure 4 représente la première étape du procédé pour former les pieds;
- la figure 5 représente la deuxième étape conduisant au tronçonnage d'une ébauche
permettant de fabriquer un index;
- la figure 6 représente l'index présenté pour la troisième étape de conformation
et diamantage;
- la figure 7 est un organigramme reprenant les trois premières étapes et les
étapes suivantes jusqu'au conditionnement pour expédition, et
- la figures 8 est une représentation schématique d'une machine automatisée permettant
de mettre en oeuvre le procédé.
DESCRIPTION DETAILLEE DE L'INVENTION
En se référant aux figures 1 à 3 on a représenté à très grande échelle
un index dont la partie visible a la forme de deux trapèzes isocèles superposés
3, 5 symétriques par rapport à la ligne médiane. Le plus grand trapèze 3, qui constitue
la base de l'index qui sera fixé sur le cadran, est relié au plus petit trapèze
5 par un flanc vertical 4,un plan incliné 6 et par un autre flanc vertical 8. Dans
le mode de réalisation décrit, la base formée par le grand trapèze 3 comporte deux
pieds 7a, 7b situés dans le plan médian de l'index et venant de matière avec la
plaquette trapézoïdale. Bien évidemment l'index pourrait ne comporter qu'un seul
pied. A titre purement indicatif, la longueur de l'index est de l'ordre de 3mm,
sa plus grande largeur de l'ordre de 1,50 mm et sa hauteur totale, pieds compris,
de l'ordre de 0.75 mm, de sorte que le profilé 10 (représenté en pointillés à la
figure 1) servant à sa fabrication peut avoir une section rectangulaire légèrement
supérieure à 3x1,5 mm2.
Il serait également possible de fabriquer ces mêmes index à partir
d'un profilé ayant une section trapèze isocèle légèrement supérieure à la base des
index compte tenu des opérations de diamantage. Comme on le verra par la suite,
le procédé permet également de fabriquer des index ne comportant aucun flanc vertical,
les facettes 4, 6 et 8 ainsi que les extrémités 9a, 9b ayant des formes arrondies.
En se référant maintenant aux figures 4 à 7, on décrit ci-après un
mode d'exécution du procédé selon l'invention. La matière première pour fabriquer
les index est constituée par un profilé 12 de section rectangulaire 10. Il s'agit
par exemple d'une barre en or de 2 m de long.
Dans une première étape "a" représentée à la figure 4, on effectue
la conformation des deux pieds 7a, 7b au moyen d'une fraise en bout assujettie à
une broche de fraisage 11. A titre purement indicatif les pieds 7a, 7b ont une hauteur
supérieure ou égale à 0,30 mm et un diamètre d'environ 0,25 mm.
Malgré de si petites dimensions, et de façon surprenante, les pieds
présentent une résistance mécanique suffisante pour pouvoir être saisis par une
pince 13 qui est, dans l'exemple représenté à la figure 5, la broche d'un contre-poupée.
Dans cette deuxième étape "b" une ébauche 14 est découpée du profilé 12.
Dans une troisième étape "c", représentée à la figure 6, l'ébauche
14 étant toujours maintenue par les pieds 7a, 7b, on peut donner à l'ébauche 14
la forme désirée et effectuer le diamantage de toutes les surfaces visibles pour
obtenir un index fini 1 dont aucune surface ne peut présenter de marques de pince.
On remarquera également que, toutes les manipulations étant effectuées
par pincement des pieds, il n'est plus nécessaire d'avoir deux flancs parallèles
et que la partie visible de l'index peut ne comporter que des courbes et avoir par
exemple la forme d'une goutte d'eau.
Les étapes suivantes d, e, f concernent les opérations finales avant
expédition. Dans l'étape "d" l'index 1 est enlevé de la contre-poupée 13 par un
bras manipulateur comportant un dispositif de saisie par aspiration et déposé dans
un plateau pouvant contenir par exemple un lot de 100 index. Dans une étape "e"
les index disposés sur les plateaux sont lavés et séchés. Dans une dernière étape
"f" ces mêmes plateaux sont emballés par exemple au moyen d'un film plastique rétractable
pour maintenir les index en place en vue de leur expédition.
Le procédé qui vient d'être décrit correspond à ce qui avait été désigné
en préambule par "mode d'exécution transversal". Sans sortir du cadre de l'invention,
on peut envisager également un mode d'exécution longitudinal, la première étape
"a" consistant alors à usiner les pieds, non pas dans la section du profilé, mais
dans l'une de ses faces, puis dans la deuxième étape "b" à saisir l'ébauche par
les pieds, les étapes suivantes étant inchangées. Dans cette variante d'exécution
le profilé peut avantageusement avoir une forme en T, la barrette verticale ayant
pour largeur le diamètre des pieds.
La figure 8 représente schématiquement à titre d'exemple une installation
permettant la mise en oeuvre du procédé, notamment lorsqu'on effectue l'usinage
des pieds en bout de profilé. L'installation comprend un magasin d'approvisionnement
21 en profilé, mobile sur une coulisse 20 selon un axe Z2 en regard d'une
pince 23 , ces deux éléments possédant également un degré de liberté en rotation
α,β autour de l'axe Z2. Un robot porte-outils 25 à quatre
degrés de liberté (X, Y, Z1, ϑ) est disposé entre le magasin 21
et la pince 23. L'installation comporte également un bras manipulateur (non représenté)
permettant de saisir des pièces par aspiration, l'ensemble étant piloté par un dispositif
à commande numérique (CNC) programmable pour produire de façon unitaire des index
avec des formes très variées. Dans une première étape le magasin 21, par déplacement
sur la coulisse 20 selon l'axe Z2, se positionne en regard du robot 25
pour usiner un premier pied, puis par rotation d'un angle α = 180° pour usiner
le deuxième pied. Le robot 25 se retire et le magasin 21 avance jusqu'à la pince
23 qui saisit les pieds. Le robot 25 se déplace alors selon l'axe Z1
pour tronçonner dans une deuxième étape l'ébauche et le magasin 21 se retire jusqu'à
sa position initiale. Dans une troisième étape le robot se déplace selon l'axe Z1
vers la pince 23 pour effectuer les opérations de mise en forme et de diamantage
grâce à ses quatre degrés de liberté et à l'orientation possible de l'ébauche par
une rotation β de la pince. Les opérations suivantes de déchargement, lavage,
séchage et conditionnement ne seront pas décrites, comme correspondant à des opérations
usuelles dans ce domaine.