La présente invention concerne une fusée comportant un dispositif
d'autodestruction pour projectile giratoire, cette fusée étant pourvue au moins
d'un percuteur mobile entre une position d'attente et une position de percussion,
un organe ressort étant associé à ce percuteur pour le déplacer dans sa position
de percussion, d'une amorce associée à un mécanisme de sécurité, ce mécanisme de
sécurité étant mobile entre une position de stockage dans laquelle l'amorce n'est
pas alignée avec le percuteur et une position armée dans laquelle l'amorce est alignée
avec le percuteur, le dispositif d'autodestruction étant également mobile entre
une position verrouillée dans laquelle il bloque le percuteur dans sa position d'attente,
et une position déverrouillée dans laquelle il libère le percuteur.
Dans le domaine des projectiles tirés avec différentes armes à feu
aussi bien terrestres qu'aériennes, il est connu d'équiper les fusées-détonateurs
(têtes des projectiles comportant le percuteur, l'amorce et la charge explosive)
de dispositifs d'autodestruction destinés à provoquer l'explosion de ces projectiles
après un laps de temps déterminé s'ils n'ont pas touché de cible, ceci pour éviter
de les laisser armés dans la nature risquant d'exploser à tout moment et de blesser
des innocents.
L'invention s'intéresse uniquement aux projectiles giratoires c'est
à dire qui sont tirés par des armes à canons rayés hélicoïdalement pour imprimer
aux projectiles un mouvement gyroscopique sur eux-mêmes combiné à une trajectoire
linéaire. Dans ce cas, on utilise la force centrifuge pour activer les dispositifs
d'autodestruction comme par exemple un ressort spiral placé entre le percuteur et
l'amorce, ce ressort spiral étant fermé en position verrouillée et s'ouvrant en
position déverrouillée. Néanmoins, ce type de mécanisme ne fonctionne qu'avec des
vitesses de rotation très élevées par exemple 70.000 tr/mn et n'est pas du tout
adapté à des vitesses plus faibles telles que 15.000 tr/mn. De plus, la fiabilité
et la reproductibilité d'un tel mécanisme sont difficilement maîtrisables.
Une autre solution consiste à prévoir une chaîne pyrotechnique qui
s'enclenche dès le départ du projectile et retarde la mise à feu de l'amorce. Toutefois,
ce mécanisme est complexe à mettre en oeuvre, onéreux, non fiable dans le temps
à cause des composants pyrotechniques sensibles à l'humidité et aux différences
de température. De plus, la précision et la fiabilité du mécanisme sont aléatoires
et non reproductibles. Enfin, ce mécanisme est irréversible puisque le processus
d'autodestruction s'enclenche simultanément au lancement du projectile. Il est autodestructif
et ne peut être réutilisé à l'inverse des dispositifs mécaniques, ce qui est notamment
très utile pour réaliser des tests.
Les solutions actuelles ne sont donc pas satisfaisantes.
La présente invention vise à pallier ces inconvénients en proposant
une fusée pour projectile giratoire pourvu d'un dispositif d'autodestruction mécanique,
séquentiel donc réversible, le processus d'autodestruction ne s'enclenchant qu'à
une vitesse giratoire déterminée du projectile, notamment quand il perd de la vitesse
et que le projectile amorce sa descente, réutilisable si besoin, fiable dans le
temps et dont le fonctionnement est totalement maîtrisable et non aléatoire, cette
fusée étant également agencée pour répondre aux normes internationales en vigueur
en matière d'armement.
Dans ce but, l'invention concerne une fusée du genre indiqué en préambule,
caractérisée en ce que le dispositif d'autodestruction comporte au moins deux verrous
disposés pour bloquer le percuteur en position d'attente, ces verrous étant mobiles
sous l'effet de la force centrifuge à partir d'une vitesse de rotation déterminée
du projectile, pour s'écarter de l'axe dudit percuteur entre la position verrouillée
et la position déverrouillée et libérer ainsi le passage du percuteur en direction
de l'amorce, ces verrous étant agencés pour s'auto-bloquer entre eux dans ladite
position déverrouillée.
Dans une forme de réalisation préférée, le dispositif d'autodestruction
comporte un mécanisme de blocage sollicité par l'organe ressort du percuteur en
direction des verrous de manière à les bloquer en position verrouillée, ce mécanisme
de blocage comportant des éléments mobiles sous l'effet de la force centrifuge à
partir d'une vitesse de rotation déterminée du projectile, et agencés pour déplacer
ce mécanisme de blocage à l'encontre de l'organe ressort et libérer les verrous.
Ces éléments mobiles peuvent comporter des billes disposées autour
du percuteur dans un porte billes sollicité par l'organe ressort simultanément au
percuteur, ce porte billes étant en appui contre les verrous en position verrouillée.
Le mécanisme de blocage peut comporter également une platine liée au corps de la
fusée et traversée par un alésage pour guider axialement le porte billes, cet alésage
ayant au moins une plage conique en regard des billes sur laquelle elles roulent
sous l'effet de la force centrifuge et provoquent le déplacement du porte billes
et du percuteur à l'encontre de l'organe ressort.
Chaque verrou est avantageusement monté pivotant autour d'un axe de
rotation fixe par rapport au corps de la fusée et sensiblement parallèle à l'axe
du percuteur, les axes de rotation des verrous étant disposés sur un cercle dont
le centre est sensiblement confondu à l'axe du percuteur et dont le diamètre est
supérieur au diamètre du porte billes.
Chaque verrou peut avoir une section radiale sensiblement en forme
de portion de cylindre, une des extrémités étant pivotante autour de son axe de
rotation, l'autre extrémité étant libre et mobile radialement entre la position
verrouillée et la position déverrouillée, cette extrémité libre étant agencée pour
coopérer avec l'extrémité pivotante du verrou adjacent de manière à bloquer les
positions verrouillée et déverrouillée.
Dans la forme de réalisation préférée, l'extrémité libre de chaque
verrou comporte une languette souple destinée à être en appui contre la face intérieure
de l'extrémité pivotante du verrou adjacent en position verrouillée et en butée
contre l'extérieur de cette extrémité pivotante en position déverrouillée, cette
languette souple pouvant se déformer pour autoriser le déplacement des verrous de
la position verrouillée à la position déverrouillée sous l'effet de la force centrifuge.
Les verrous peuvent être réalisés dans une matière présentant un coefficient
de frottement tel que le porte billes bloque les verrous en position verrouillée
par friction sous l'action de l'organe ressort, cette matière pouvant être constituée
d'une matière synthétique composite chargée de fibres de verre.
Dans la forme de réalisation préférée, le mécanisme de sécurité associé
à l'amorce comporte un porte amorce mobile autour d'un axe de rotation fixe par
rapport au corps de la fusée et sensiblement parallèle à l'axe du percuteur, un
verrou d'accélération agencé pour bloquer ledit porte amorce en position de stockage
jusqu'à une vitesse linéaire déterminée du projectile et un verrou de position agencé
pour bloquer ledit porte amorce en position armée.
Le verrou d'accélération peut comporter un doigt axial logé dans le
corps de la fusée sensiblement parallèlement à l'axe du percuteur et sollicité par
un organe ressort en direction de la platine dans laquelle se loge son extrémité
libre en position de stockage, ce doigt axial comportant une butée radiale sur laquelle
bute le porte amorce dans ladite position de stockage, le doigt axial étant agencé
pour se déplacer à l'encontre de son organe ressort sous l'effet de l'accélération
linéaire du projectile jusqu'à dégager son extrémité libre de ladite platine et
la butée radiale du porte amorce.
Le verrou de position peut comporter un petit doigt axial logé dans
le porte amorce, sensiblement parallèlement à l'axe du percuteur, et sollicité par
un organe ressort et en ce que ledit corps de fusée comporte un orifice disposé
de manière que, lorsque le porte amorce est en position armée, ledit orifice soit
en regard du petit doigt axial pour lui permettre de s'y loger sous l'action de
son organe ressort.
Le mécanisme de sécurité peut également comporter un verrou centrifuge
agencé pour bloquer le porte amorce en position de stockage, ce verrou centrifuge
comportant un doigt radial monté mobile en translation dans le corps de la fusée
et sollicité par un organe ressort en direction d'une encoche radiale prévue dans
ledit porte amorce en position de stockage.
De préférence, le mécanisme de sécurité comporte des moyens de retardement
agencés pour ralentir la rotation dudit porte amorce de sa position de stockage
à sa position armée, ces moyens de retardement comportant un train d'engrenage en
prise à l'entrée avec un secteur denté prévu sur ledit porte amorce et à la sortie
avec un balancier.
La présente invention et ses avantages apparaîtront mieux dans la
description suivante d'un mode de réalisation, donné à titre d'exemple non limitatif,
en référence aux dessins annexés, dans lesquels :
- la figure 1 est une vue en coupe axiale d'une fusée selon l'invention en position
de stockage,
- la figure 2 est une vue de dessus du dispositif d'autodestruction de la fusée
de la figure 1,
- la figure 3 est une vue de dessus du mécanisme de sécurité de la fusée de la
figure 1, et
- les figures 4, 5 et 6 sont des vues similaires aux figures 1, 2 et 3 de la fusée
en position armée.
En référence aux figures, la fusée 1 selon l'invention est destinée
à équiper tout type de projectile giratoire tiré avec tout type d'armes à canon
rayé et comporte de manière connue un percuteur 2, une amorce 3 et une charge explosive
13.
Cette fusée 1 comporte un corps 10 en forme d'ogive constitué de plusieurs
pièces, qui sont de bas en haut sur les figures 1 et 4 :
- un fond 11 en forme de disque, pourvu d'un embout mâle 12 situé au centre du
disque et dans lequel est ménagé un logement pour recevoir une charge explosive
13 maintenue rigidement par sertissage par exemple,
- une chemise 14 sensiblement cylindrique dans laquelle se loge le fond 11 et
pourvue au moins à la base de son périmètre extérieur d'un filetage 15 apte à se
visser dans la chemise d'un projectile,
- une coiffe 16 sensiblement semi-sphérique superposée à la chemise 14 au moyen
d'un joint torique 17, cette coiffe 16 comportant un évidement axial 18 apte à recevoir
un organe ressort du percuteur 2.
Cette fusée 1 comporte à l'intérieur du corps 10, de haut en bas sur
les figures 1 et 4 :
- un ensemble percuteur 20 comprenant ledit percuteur 2,
- un dispositif d'autodestruction 4, et
- un mécanisme de sécurité 30 associé à ladite amorce 3.
L'ensemble percuteur 20 comporte le percuteur 2 en forme d'aiguille,
disposé sensiblement dans l'axe A, qui est dans ce cas l'axe de symétrie de la fusée
2, et un organe ressort 21 disposé coaxialement à l'axe A, dans le logement 18 en
appui entre la coiffe 16 et le talon du percuteur 2. Dans cet exemple, l'organe
ressort 21 est constitué d'un ressort hélicoïdal de compression mais pourrait être
remplacé par tout autre élément ressort équivalent. Le percuteur 2 est mobile axialement
entre une position d'attente ou position haute et une position de percussion ou
position basse sous l'action de l'organe ressort 21.
Le dispositif d'autodestruction 4 est agencé pour être mobile entre
une position verrouillée dans laquelle il bloque le percuteur 2 dans sa position
d'attente, et une position déverrouillée dans laquelle il libère le percuteur 2.
Ce dispositif d'autodestruction 4 est détaillé plus loin.
Le mécanisme de sécurité 30 associé à l'amorce 3 est conçu pour être
mobile entre une position de stockage dans laquelle l'amorce 3 n'est pas alignée
avec le percuteur 2 (cf. fig. 1 et 3) et une position armée dans laquelle l'amorce
3 est alignée avec le percuteur 2 (cf. fig. 4 et 6). Ce mécanisme de sécurité 30
comporte un porte amorce 31 mobile autour d'un axe de rotation B fixe par rapport
au corps 10 de la fusée 1, sensiblement parallèle à l'axe A du percuteur 2, entre
lesdites positions de stockage et armée sous l'effet de la force centrifuge. Le
porte amorce 31 présente sensiblement une forme de champignon en vue de dessus (cf.
fig. 3 et 6). L'intersection entre le chapeau et le pied comporte l'axe B, la base
du pied comporte un logement 32 recevant l'amorce 3 et le chapeau comporte un secteur
denté 33. Le pied est terminé par un bossage 34 dont le rôle est expliqué ci-après.
Un verrou d'accélération 5 est prévu pour bloquer le porte amorce
31 en position de stockage et ce jusqu'à une vitesse linéaire déterminée du projectile
giratoire. Il comporte un doigt axial 50 logé dans le corps 10 selon un axe C sensiblement
parallèle à l'axe A du percuteur 2. Ce doigt axial 50 est pourvu d'une butée radiale
51 sur laquelle bute le porte amorce 31 en position de stockage par son bossage
34 (cf. fig. 1 et 3). Il comporte également un alésage central borgne 52 recevant
un organe ressort 53, constitué d'un ressort hélicoïdal de compression, cet organe
ressort 53 étant en appui sur le fond 11 du corps 10 et sollicitant le doigt axial
50 en direction de la coiffe 16. A l'opposé de cet organe ressort 53, le doigt axial
50 comporte une extrémité libre 54 de diamètre réduit apte à se loger dans un orifice
41 correspondant prévu dans une platine 40 du dispositif d'autodestruction 4. Sous
l'effet de l'accélération linéaire du projectile giratoire, ce doigt axial 50 se
déplace à l'encontre de son organe ressort 53 pour dégager son extrémité libre 54
de la platine 40 et dégager simultanément sa butée radiale 51 du porte amorce 31
(cf. fig. 4). Quand le doigt axial 50 est dans cette position rétractée, il n'est
plus guidé par rapport au corps 10. Il se désaxe alors sous l'effet de la force
centrifuge du projectile giratoire et se bloque automatiquement dans cette position
rétractée désaxée sous la platine 40.
Un verrou centrifuge 6 est également prévu pour bloquer le porte amorce
31 en position de stockage. Il comporte un doigt radial 60 monté mobile en translation
dans le corps 10 et sollicité par un organe ressort 61 en direction d'une encoche
radiale 35 prévue dans le porte amorce 31 en position de stockage (cf. fig. 3).
Sous l'effet de la force centrifuge du projectile giratoire à une vitesse de rotation
déterminée, ce doigt radial 60 se déplace à l'encontre de son organe ressort 61
pour se dégager de l'encoche 35 du porte amorce 31 (cf. fig. 6).
Ces deux verrous d'accélération 5 et centrifuge 6 permettent de répondre
aux normes internationales en vigueur qui imposent que toute munition soit équipée
d'un mécanisme de sécurité basé sur la convergence de deux évènements indépendants.
Dans ce cas, le porte amorce ne peut se déplacer en position armée que s'il y a
convergence entre l'accélération linéaire et la vitesse de rotation du projectile
giratoire en cause.
Ce mécanisme de sécurité 30 comporte également un verrou de position
7 agencé pour bloquer le porte amorce 31 en position armée. Ce verrou de position
7 comporte un petit doigt axial 70 logé dans le porte amorce 31 selon un axe sensiblement
parallèle à l'axe A du percuteur 2 et sollicité par un organe ressort 71. Le corps
10 de fusée 1 comporte, dans une plaque de recouvrement 36 disposée entre le mécanisme
de sécurité 30 et le dispositif d'autodestruction 4, un orifice 37 apte à recevoir
l'extrémité libre de ce petit doigt axial 70 uniquement lorsque le porte amorce
31 est en position armée, c'est à dire que le verrou de position 7 est placé en
regard de cet orifice 37 et peut s'y loger sous l'action de l'organe ressort 71,
formé d'un ressort hélicoïdal de compression (cf. fig. 4).
Le mécanisme de sécurité 30 est complété par des moyens de retardement
8 (cf. fig. 3 et 6) agencés pour ralentir la rotation du porte amorce 31 sous l'effet
de la force centrifuge du projectile giratoire, entre sa position de stockage et
sa position armée. Ils comportent un train d'engrenage constitué, dans l'exemple
représenté, d'un pignon d'entrée 80 de petit diamètre engrené avec le secteur denté
33 du porte amorce 31 et couplé à une roue 81 elle-même engrenée avec un pignon
de sortie 82 de petit diamètre. Ce pignon de sortie 82 est couplé à une roue 83
portant en périphérie des dents triangulaires comme des dents de scie coopérant
avec un balancier 84 qui oscille sous l'effet de la rotation de la roue 83 et ralentit
ainsi la rotation du train d'engrenage.
Le dispositif d'autodestruction 4 comporte au moins deux verrous 9,
et dans l'exemple représenté trois verrous 9, disposés pour bloquer le percuteur
2 en position d'attente (cf. fig. 1 et 2), ces verrous 9 étant mobiles sous l'effet
de la force centrifuge à partir d'une vitesse de rotation déterminée du projectile,
pour s'écarter de l'axe A du percuteur 2 entre la position verrouillée et la position
déverrouillée et libérer ainsi le passage du percuteur 2 en direction de l'amorce
3 (cf. fig. 4 et 5). Ces verrous 9 sont montés sur un porte verrou 90 fixe disposé
entre la plaque de recouvrement 36 et la platine 40. Ils sont formés chacun d'un
plot, par exemple, en matière synthétique composite chargée de fibres de verre ou
toute autre matière adéquate, et ont chacun une section radiale sensiblement en
forme de portion de cylindre dont le centre est sensiblement confondu avec l'axe
A quand ils sont en position déverrouillée, cette position étant délimitée par la
paroi périphérique du porte verrou 90. Ces verrous 9 sont montés pivotants sur le
porte verrou 90 par une de leurs extrémités autour d'un axe de rotation D fixe sensiblement
parallèle à l'axe A du percuteur 2. Ces axes de rotation D sont prévus à égale distance
les uns des autres et sont disposés sur un cercle dont le centre est sensiblement
confondu à l'axe A et dont le diamètre est supérieur au diamètre du porte billes
détaillé plus loin. L'autre extrémité des verrous 9 est libre et mobile radialement
entre la position verrouillée et la position déverrouillée. Cette extrémité libre
comporte une languette 91 de très faible épaisseur pour être souple et élastique.
Elle est disposée de manière à s'encastrer dans un méplat 92 prévu sur la face intérieure
de l'extrémité pivotante du verrou 9 adjacent quand les verrous 9 sont en position
verrouillée pour qu'ils s'autobloquent entre eux. Elle est également orientée de
manière à buter contre l'extérieur de l'extrémité pivotante du verrou 9 adjacent
quand les verrous 9 sont en position déverrouillée pour éviter leur retour en position
verrouillée en cas de diminution de la vitesse de rotation du projectile. Cette
languette 91 est souple pour pouvoir se déformer et autoriser le déplacement des
verrous 9 de leur position verrouillée à leur position déverrouillée sous l'effet
de la force centrifuge à partir d'une certaine vitesse de rotation du projectile.
Le dispositif d'autodestruction 4 comporte également un mécanisme
de blocage 41 sollicité par l'organe ressort 21 du percuteur 2 en direction des
verrous 9 de manière à les bloquer en position verrouillée, ce mécanisme de blocage
comportant des éléments mobiles 42 sous l'effet de la force centrifuge à partir
d'une vitesse de rotation déterminée du projectile, et agencés pour déplacer ce
mécanisme de blocage 41 à l'encontre de l'organe ressort 21 et libérer les verrous
9. Dans l'exemple représenté, les éléments mobiles 42 sont constitués de billes
disposées autour du percuteur 2 dans un porte billes 43 sollicité par l'organe ressort
21. La platine 40 comporte un alésage traversant 44 pour guider axialement le porte
billes 43 et une plage conique 45 disposée en regard des billes 42. En position
verrouillée (cf. fig. 1), ce porte billes 43 est en appui contre les verrous 9 et
empêche leur ouverture par friction sous l'action de l'organe ressort 21. A cet
effet, la matière du porte billes 43 et celle des verrous 9 sont choisies en fonction
de leur coefficient de frottement. Sous l'effet de la force centrifuge à partir
d'une vitesse de rotation déterminée du projectile, les billes 42 s'écartent de
l'axe A, roulent sur la plage conique 45 et provoquent le déplacement du porte billes
43 et du percuteur 2 vers le haut à l'encontre de l'organe ressort 21 pour atteindre
la position déverrouillée (cf. fig. 4) dans laquelle le porte billes 43 libère les
verrous 9.
La conception de la fusée 1 selon l'invention permet un assemblage
mécanique aisé des différents composants par emboîtement, vissage et collage. Notamment,
les pièces du mécanisme de sécurité 30 sont assemblées en position de stockage selon
la disposition de la figure 3 et les verrous 9 du dispositif d'autodestruction 4
en position verrouillée selon la figure 2. La languette 91 de ces verrous 9 doit
être particulièrement bien positionnée à l'intérieur du verrou 9 adjacent. Une fois
assemblée, cette fusée 1 peut être stockée et transportée avant d'être montée par
vissage à l'extrémité d'un projectile. Seule ou associée à un projectile, elle a
l'avantage d'être inactive et totalement inoffensive tant qu'elle n'a pas été tirée
par une arme.
Le fonctionnement de la fusée 1 selon l'invention est détaillé ci-après.
Quand un projectile équipé de cette fusée 1 est tiré par une arme à canon rayé lui
imprimant un mouvement gyroscopique sur lui-même simultanément à une trajectoire
linéaire, les mécanismes internes à la fusée 1 sont soumis aux effets de l'accélération
et de la force centrifuge combinés qui génèrent des déplacements en chaîne jusqu'à
destruction totale du projectile. A partir d'une certaine vitesse linéaire, le verrou
d'accélération 5 qui bloque le porte amorce 31 dans sa position de stockage (cf.
fig. 1) se rétracte et le libère (cf. fig. 4). Simultanément ou presque, à partir
d'une certaine vitesse de rotation, le verrou centrifuge 6 qui bloque également
le porte amorce 31 dans sa position de stockage (cf. fig. 3) se rétracte et le libère.
Toujours sous l'effet de la force centrifuge, le porte amorce 31 tourne autour de
son axe B à une vitesse de rotation maîtrisée par les moyens de retardement (8)
jusqu'à atteindre la position armée dans laquelle l'amorce 3 est sensiblement dans
l'axe A alignée avec le percuteur 2 (cf. fig. 4 et 6). Cette position armée est
bloquée par le verrou de position 7. En parallèle, sous l'effet de la force centrifuge,
les billes 42 s'écartent de l'axe A en roulant sur la plage conique 45 pour remonter
le porte billes 43 libérant les verrous 9 du dispositif d'autodestruction 4. Toujours
sous l'effet de la force centrifuge, les verrous 9 pivotent autour de leur axe D
pour se placer dans leur position déverrouillée libérant le passage du porte billes
43 et du percuteur 2 en direction de l'amorce 3 alignée (cf. fig. 4 et 5). A ce
stade, si le projectile atteint une cible, sa vitesse s'arrête brusquement, les
billes 42 se rapprochent de l'axe A, le percuteur 2 percute l'amorce 3 sous l'action
de son organe ressort 21 et l'amorce 3 enflamme la charge explosive générant l'explosion
du projectile dans la cible. Par contre, si le projectile n'atteint pas de cible,
la trajectoire du projectile perd de la vitesse à partir d'une certaine distance
de tir. Au moment où la vitesse de rotation décroît, le processus de mise à feu
s'enclenche automatiquement en suivant les mêmes étapes que lorsqu'il rencontre
une cible. Ainsi, le projectile est détruit dans tous les cas.
Il apparaît clairement de cette description que l'invention permet
de résoudre les buts fixés et notamment de réaliser une fusée 1 équipée d'un dispositif
d'autodestruction 4 mécanique, simple et fiable, pouvant aisément répondre aux contraintes
imposées par les normes internationales en matière d'armement, comme par exemple
: températures extrêmes de stockage de -63°C à +71°C et taux d'humidité de 95%.
Bien entendu, la définition des différents composants de cette fusée 1 : matière,
forme, densité, etc., est effectuée en tenant compte de ces contraintes mais également
des contraintes de fonctionnement : guidage, maintien par friction, seuil des vitesses
de rotation et d'accélération selon les pièces mobiles, résistance des ressorts,
etc. Selon ces différentes contraintes, les composants peuvent être modifiés et
adaptés.
La présente invention n'est pas limitée à l'exemple de réalisation
décrit mais s'étend à toute modification et variante évidentes pour un homme du
métier tout en restant dans l'étendue de la protection définie dans les revendications
annexées.