Le domaine de l'invention est celui de la transmission de signaux
par voie hertzienne.
On rappelle que l'émission d'un signal par voie hertzienne fait de
plus en plus souvent appel à la modulation numérique, dont le principal avantage
est de permettre l'utilisation d'algorithmes de traitement du signal. Ces derniers
ont pour but d'augmenter la robustesse du signal à émettre vis-à-vis du canal de
propagation.
Plus précisément, l'invention concerne un émetteur radiofréquence
du type alimenté par deux signaux (ou composantes) en bande de base et en quadrature,
i(t) et q(t), qui sont des images de deux flux binaires représentant une information
à transmettre. En effet, quel que soit le type de modulation numérique, le signal
à émettre m(t) peut s'écrire : m(t) = i(t).cos(ωt) - q(t).sin(ωt),
avec ω (= 2πf) la fréquence d'émission du signal (aussi appelée fréquence
porteuse).
On connaît, dans l'état de la technique, différents types d'émetteur
radiofréquence, basés chacun sur une architecture distincte. Les plus connus sont
l'émetteur radiofréquence à transposition de fréquence, l'émetteur radiofréquence
à conversion directe et l'émetteur radiofréquence à boucle à verrouillage de phase.
Leurs inconvénients respectifs sont maintenant discutés.
L'émetteur radiofréquence à transposition de fréquence, qui permet
une transposition à une fréquence intermédiaire FI, nécessite l'utilisation de
filtres passe-bande sélectifs, afin de rejeter la fréquence image à celle du signal
utile à émettre. Ce premier type d'émetteur radiofréquence offre de bonnes performances,
grâce à une transposition en fréquence dans le domaine numérique. En revanche,
la nécessité d'utiliser des filtres performants limite son degré d'intégration
sur silicium.
L'émetteur radiofréquence à conversion directe présente l'architecture
la plus simple et offre un niveau d'intégration élevé. Son point faible est sa
grande sensibilité aux performances des éléments qui le composent. Notamment, il
convient d'éviter toute fuite de l'oscillateur local via le mélangeur, ou encore
d'assurer une parfaite quadrature des signaux en sinus et cosinus. Or, ces impératifs
sont souvent difficiles à respecter.
L'émetteur radiofréquence à boucle à verrouillage de phase présente
de nombreux avantages, dont le fait de s'affranchir de filtres RF grâce à la caractéristique
passe-bande de la boucle à verrouillage de phase (ou PLL, pour "Phase Lock Loop"
en anglais). La nécessité d'avoir des signaux strictement en quadrature est également
évitée. Toutefois, ces résultats ne sont possibles que si l'oscillateur contrôlé
en tension (ou VCO, pour "Voltage Controlled Oscillator" en anglais) compris dans
la PLL présente des performances élevées. Or, ceci n'est pas encore le cas des
VCO intégrés. Par conséquent, l'émetteur radiofréquence à PLL ne permet pas d'offrir
un niveau d'intégration élevé.
D'une manière générale, ces trois types d'architecture connus présentent
donc un nécessaire compromis entre intégration, consommation et complexité. En
d'autres termes, aucune de ces trois solutions connues n'est entièrement satisfaisante.
L'invention a notamment pour objectif de pallier ces différents inconvénients
de l'état de la technique.
Plus précisément, l'un des objectifs de la présente invention est
de fournir un émetteur radiofréquence offrant une bonne précision et présentant
un très fort degré d'intégration sur silicium.
L'invention a également pour objectif de fournir un tel émetteur
radiofréquence présentant une très faible sensibilité aux imperfections des éléments
qui le composent.
Un autre objectif de l'invention est de fournir un tel émetteur radiofréquence
permettant d'éviter une dégradation du signal utile.
Un objectif complémentaire de l'invention est de fournir un tel émetteur
radiofréquence qui soit simple et présente un faible surplus de complexité par
rapport aux architectures connues.
L'invention a également pour objectif de fournir un tel émetteur
radiofréquence permettant de générer un signal résultant présentant une fréquence
image suffisamment faible pour pouvoir être supprimée avec un filtre aux contraintes
relâchées (ce filtre pouvant donc être éventuellement intégré).
Dans une variante de réalisation, l'invention a également pour objectif
de fournir un tel émetteur radiofréquence ne présentant pas de fréquence image,
la fréquence image en sortie étant complètement atténuée, de façon automatique,
grâce à un système d'auto-calibrage et de compensation des imperfections en gain
et en phase.
Ces différents objectifs, ainsi que d'autres qui apparaîtront par
la suite, sont atteints selon l'invention à l'aide d'un émetteur radiofréquence,
du type alimenté par deux signaux en bande de base et en quadrature, i(nT) et q(nT),
qui sont des images de deux flux binaires représentant une information à transmettre,
l'émetteur radiofréquence comprenant :
des moyens de transposition en fréquence intermédiaire et de traitement numérique,
assurant une première transposition dans le domaine numérique, à une fréquence
intermédiaire ω0, desdits signaux en bande de base, et générant,
par combinaison, deux signaux à la fréquence intermédiaire et en quadrature ;
des moyens de conversion directe, assurant une seconde transposition dans le
domaine analogique, après multiplication par une fréquence ω1,
suivi d'une sommation, desdits deux signaux à la fréquence intermédiaire et en
quadrature, de façon à générer un signal résultant qui se trouve au final modulé
autour d'une fréquence ω2, avec : ω2 = ω0
+ ω1.
La présente invention propose donc une architecture originale d'émetteur
radiofréquence, combinant les architectures à conversion directe et à transposition
de fréquence, et prévoyant en outre des moyens de traitement numérique, qui assurent
un pré-traitement permettant d'atténuer, en sortie, la fréquence image introduite
par les moyens de transposition en fréquence intermédiaire. Ainsi, cette nouvelle
architecture combine le principal avantage de l'émetteur radiofréquence à conversion
directe (pas de fréquence image) avec celui de l'émetteur radiofréquence à transposition
de fréquence (pas de dégradation du signal utile), tout en évitant leurs inconvénients
(sensibilité aux imperfections, filtre image performant).
Dans la suite de la description, on montre que la présente invention
fonctionne parfaitement si les deux voies des moyens de conversion directe ont
le même gain et si les sinus et cosinus délivrés par l'oscillateur compris dans
les moyens de conversion directe ne souffrent pas d'une mauvaise mise en quadrature.
On montre également que, dans le cas contraire, un signal perturbateur
de faible puissance apparaît à la fréquence image, mais le signal utile n'est
pratiquement pas dégradé. Par conséquent, il n'est pas impératif d'utiliser, en
sortie, un filtre atténuant la fréquence image du signal utile. En tout état de
cause, lorsque les performances exigées de la chaîne d'émission nécessitent l'utilisation
d'un tel filtre, ce dernier peut présenter des contraintes relâchées du fait que
la fréquence image est très atténuée et peut donc être supprimée aisément. En
d'autres termes, la qualité du signal émis peut être conservée sans impliquer des
contraintes de filtrage image élevées. Dans certains cas, si ces contraintes sont
suffisamment relâchées, le filtre image peut éventuellement être lui aussi intégré.
Il est à noter que la première transposition en fréquence et le traitement
du signal sont effectués dans le domaine numérique, ce qui permet d'en exploiter
la précision et le fort degré d'intégration (sur silicium par exemple).
On notera également que l'émetteur radiofréquence selon l'invention
présente un très fort degré d'intégration (par exemple sur silicium), et peut même
avantageusement être réalisé entièrement sous forme de circuit intégré. En effet,
les moyens de conversion directe sont connus pour leur fort degré d'intégration
silicium. Par ailleurs, le niveau d'intégration des moyens de transposition en
fréquence intermédiaire peut être relativement élevé puisqu'il n'est pas nécessaire
d'utiliser des filtres performants. Enfin, les moyens de traitement numérique
peuvent se résumer à un ensemble d'éléments couramment utilisés dans les systèmes
intégrés sur silicium, et notamment dans les émetteurs à transposition de fréquence.
Cet ensemble d'éléments comprend par exemple un oscillateur contrôlé numériquement
(ou NCO pour "Numerically Controlled Oscillator) et des opérateurs linéaires (multiplieurs
et additionneurs).
Par ailleurs, le surplus de complexité comparée à une architecture
à conversion directe est négligeable.
Enfin, le passage par une première fréquence intermédiaire ω0
générée dans le domaine numérique rend possible l'atténuation d'une éventuelle
fuite de l'oscillateur local via les mélangeurs.
Dans un mode de réalisation avantageux de l'invention, ledit émetteur
radiofréquence comprend en outre des moyens de compensation numérique des imperfections
en gain et en phase desdits moyens de conversion directe.
Ainsi, en s'assurant qu'en sortie de l'émetteur radiofréquence le
signal à la fréquence image est complètement atténué, on optimise les performances
de l'émetteur radiofréquence selon l'invention et le signal résultant émis a des
caractéristiques proches du cas idéal. Grâce à cette technique d'annulation d'image
auto-calibrée, les erreurs introduites par la partie analogique (c'est-à-dire les
moyens de conversion directe), sensible aux imperfections, sont compensées dans
le domaine numérique.
Il est important de noter que, dans ce mode de réalisation particulier,
aucun filtre de fréquence image n'est nécessaire. Cette nouvelle architecture
d'émetteur radiofréquence fonctionne donc indépendamment de la fréquence porteuse
choisie et est donc particulièrement adaptée aux systèmes de radiocommunication
multistandards. Parmi les standards possibles, on peut citer, uniquement à titre
d'exemple, les standards GSM (pour "Global System for Mobile communications" en
anglais), DCS 1800 (pour "Digital Cellular System 1800 MHz" en anglais), PCS 1900
(pour "Personal Communication System" en anglais), DECT (pour "Digital European
Cordless Telecommunications" en anglais), UMTS (pour "Universal Mobile Telecommunication
System" en anglais), ...
Préférentiellement, lesdits moyens de conversion analogique/numérique présentent
une fréquence de travail sensiblement identique à la fréquence de travail de moyens
de conversion numérique/analogique compris dans lesdits moyens de conversion directe.
De façon préférentielle, lesdits moyens de compensation numérique
sont inclus dans ledit circuit intégré. Ainsi, l'émetteur radiofréquence selon
la présente invention peut être entièrement intégré, par exemple sur silicium.
D'autres caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront
à la lecture de la description suivante de deux modes de réalisation préférentiels
de l'invention, donnés à titre d'exemple indicatif et non limitatif, et des dessins
annexés, dans lesquels :
la figure 1 présente un schéma synoptique d'un premier mode de réalisation
d'un émetteur radiofréquence selon la présente invention, avec annulation d'image
"simple" ; et
la figure 2 présente un schéma synoptique d'un second mode de réalisation d'un
émetteur radiofréquence selon la présente invention, avec annulation d'image "auto-calibrée".
L'invention concerne donc un émetteur radiofréquence du type alimenté
par deux signaux numériques en bande de base et en quadrature, i(nT) et q(nT),
qui sont des images de deux flux binaires représentant une information à transmettre.
T est la période d'échantillonnage.
De façon classique, et quelle que soit la modulation numérique mise
en oeuvre, on cherche à obtenir un signal à émettre m(t) pouvant s'écrire :
m(t) = i(t).cos(ωt) - q(t).sin(ωt)
avec ω (= 2πf) la fréquence d'émission du signal (aussi appelée fréquence
porteuse).
1. Premier mode de réalisation : annulation d'image "simple"1.1 Présentation de l'architecture
On présente maintenant, en relation avec la figure 1, un premier mode
de réalisation d'un émetteur radiofréquence selon la présente invention.
Dans ce premier mode de réalisation, l'émetteur radiofréquence comprend
des moyens 1 de transposition en fréquence intermédiaire et de traitement numérique
et des moyens 2 de conversion directe.
Les moyens 1 de transposition en fréquence intermédiaire et de traitement
numérique génèrent deux signaux m1(t) et m2(t) à une fréquence
intermédiaire ω0
et en quadrature. Ils comprennent :
un oscillateur numérique (NCO, non représenté) à une fréquence intermédiaire
ω0, délivrant les signaux suivants : cos(ω0.nT)
et sin(ω0.nT) ;
quatre multiplieurs 31 à 34 ; et
deux additionneurs 41 et 42.
Les multiplieurs 31 à 34 et les additionneurs
41 et 42 sont agencés de façon que les signaux m1(nT)
et m2(nT) soient de la forme :
m1(nT) = i(nT).cos(ω0.nT) - q(nT).sin(ω0.nT) m2(nT) = - i(nT).sin(ω0.nT) - q(nT).cos(ω0.nT)
Les moyens 2 de conversion directe génèrent un signal résultant m(t).
Ils comprennent :
sur chacune des deux voies en quadrature, un convertisseur numérique/analogique
(CNA) 51, 52 et un filtre passe-bas 61, 62,
permettant de transformer les deux signaux numériques m1(nT) et m2(nT)
en deux signaux analogiques m1(t) et m2(t) ;
un oscillateur local 7 à une fréquence d'émission ω1, délivrant
les signaux suivants : cos(ω1.t) et sin(ω1.t)
;
deux multiplieurs 81 et 82 ;
un additionneur 9
Les multiplieurs 81 et 82 et l'additionneur
9 sont agencés de façon que le signal résultant m(t) soit de la forme :
m(t) = g1.m1(t).cos(ω1t+&thetas;1)
+ g2.m2(t).sin(ω1t+&thetas;2)
où g1 et g2 sont les gains respectifs des deux voies en quadrature
des moyens 2 de conversion directe, et &thetas;1 et &thetas;2
sont les déphasages respectifs des deux voies en quadrature des moyens 2 de conversion
directe.
Comme présenté en détail dans la suite de la description, on montre
que le signal résultant se trouve au final modulé autour d'une fréquence ω2
(= ω0 + ω1).
Optionnellement, un filtre 17 à la fréquence image ω-2
(=ω1 - ω0) peut être placé en sortie de l'émetteur
radiofréquence. Ce filtre 17 peut éventuellement être lui aussi inclus dans le
circuit intégré sous la forme duquel est réalisé l'émetteur radiofréquence.
1.2 Explication du cas idéal
Le principe consiste donc à générer deux signaux m1(t)
et m2(t) composés des deux voies en quadrature i(t) et q(t).
où ω0 (= 2π.fo) est la première fréquence intermédiaire
générée dans le domaine numérique.
Ensuite, les moyens 2 de conversion directe transposent les deux signaux
autour de la fréquence porteuse ω1 en les multipliant par sin(ω1t+&phis;)
et cos(ω1t+&phis;).
Le signal résultant m(t) s'écrit de la manière suivante :
m(t) = i(t).cos(ω2t + &phis;) - q(t).sin(ω2t
+ &phis;)
On obtient dont un signal modulé autour de la porteuse ω2
= ω0 + ω1, dont la particularité est de ne pas
avoir de fréquence image autour de ω1. Le résultat formulé dans
l'équation (4) se vérifie dans le cas idéal où l'émetteur à conversion directe
a des caractéristiques parfaites. Malheureusement, ceci est rarement le cas.
1.3 Explication du cas réel
En tenant compte des imperfections, le signal résulant émis m(t) s'écrit
:
m(t) = g1.m1(t).cos(ω1t + &thetas;1)+
g2.m2(t).sin(ω1t + &thetas;2)
L'équation (2) permet d'écrire l'équation (5) en faisant apparaître
i(t) et q(t) :
En vue de simplifier le résultat décrit par l'équation (6), on pose
:
Ce qui nous permet d'exprimer m(t) sous la forme :
En faisant intervenir la fréquence porteuse ω2 =
ω1 + ω0 et sa fréquence image ω-2
= ω1 - ω0 :
Le signal résultant m(t) est donc constitué de :
un signal utile (modulé autour de la porteuse ω2), pondéré
d'un gain égal à
une composante indésirable, dont l'amplitude est de l'ordre de
une image en ω-2 (due aux imperfections), dont la puissance
dépend de l'écart en gain Δg et en phase Δ&thetas; entre les deux voies.
Le résultat de l'équation (11) montre que les imperfections en gain
et en phase génèrent une composante parasite en ω-2 de puissance
suffisamment faible pour être facilement filtrée. Par contre, elles influent très
peu sur la qualité du signal utile.
Si on choisit une erreur sur le gain Δg = 3% et sur la phase
(quadrature) Δ&thetas; = 3°, le C/I du signal utile (puissance du signal
/ puissance du perturbateur à la fréquence ω2) est de 68 dBc,
au lieu de 28 dBc pour une architecture à conversion directe classique. Le niveau
de puissance du perturbateur présent à la fréquence image ω-2
est environ 28 dB en dessous du signal utile alors qu'il serait 25 fois plus élevé
avec une structure à transposition de fréquence classique.
Comparée aux autres architectures, ce système original présente les
avantages suivants :
un gain identique pour les voies i(t) et q(t) ;
une dégradation négligeable du signal utile (≈Δg.Δ&thetas;/4)
;
une fréquence image très atténuée et pouvant être supprimée avec un filtre
aux contraintes relâchées ;
une complexité réduite comparée à un émetteur à conversion directe grâce à
un traitement du signal effectué dans le domaine numérique.
De plus, le passage par une première fréquence intermédiaire FI (ω0)
générée dans le domaine numérique permet de pouvoir atténuer l'éventuelle fuite
de l'oscillateur local via les mélangeurs.
2. Second mode de réalisation : annulation d'image "auto-calibrée"2.1 Présentation de l'architecture
On présente maintenant, en relation avec la figure 2, un second mode
de réalisation d'un émetteur radiofréquence selon la présente invention.
En effet, afin d'aller encore plus loin avec l'émetteur radiofréquence
selon la présente invention, on se propose de compenser numériquement les erreurs
en gain et en phase introduites dans les moyens 2 de conversion directe. Ainsi,
en sortie, le signal présent à la fréquence image sera complètement atténué. Ce
second mode de réalisation diffère du premier mode de réalisation (présenté ci-dessus
en relation avec la figure 1), en ce qu'il comprend en outre des moyens 10, 11
de compensation numérique des imperfections en gain Δg et en phase Δ&thetas;
des moyens 2 de conversion directe. Ces moyens de compensation comprennent eux-mêmes
des moyens 10 d'estimation des imperfections Δg et Δ&thetas;, et des
moyens 11 d'application d'une correction aux deux signaux m1(t) et m2(t),
de façon à générer deux signaux corrigés, m1c(t) et m2c(t).
Dans le mode de réalisation présenté sur la figure 2, les moyens 10
d'estimation des imperfections comprennent :
des moyens 12 de transposition, assurant une troisième transposition dans le
domaine analogique, par multiplication du signal résultant m(t) par la fréquence
d'émission ω1, de façon à générer un signal intermédiaire : m'(t)
= g3.m(t).cos(ω1t+&thetas;1), où g3
est
le gain introduit par les moyens 12 de transposition, 13 de filtrage, 14 de conversion
A/N.
un filtre passe-bas 13, assurant un filtrage du signal intermédiaire m'(t)
et générant un signal intermédiaire filtré m'(t) ;
un convertisseur analogique/numérique (CAN) 14, permettant de convertir en
numérique le signal intermédiaire filtré m'(t) ;
des moyens 15 de calcul des imperfections en gain Δg et en phase Δ&thetas;
à partir du signal intermédiaire filtré numérique m'(t).
Il est à noter que les moyens 1 de transposition en fréquence intermédiaire
et de traitement numérique, les moyens 15 de calcul des imperfections et les moyens
11 d'application d'une correction aux deux signaux m1(t) et m2(t)
peuvent être compris dans un même processeur de signaux numériques (ou DSP) 16.
Le fonctionnement de ce second mode de réalisation de l'émetteur radiofréquence
peut être décomposé en trois phases successives, à savoir :
récupération du signal résultant émis m(t) ;
calcul des coefficients de correction Δg et Δ&thetas; ;
calcul du signal résultant corrigé mc(t).
Ces trois phases sont maintenante décrites successivement, dans les
paragraphes 2.2 à 2.4 respectivement.
2.2 Récupération du signal résultant émis
Le signal résultant m(t) est multiplié par la fréquence ω1
de l'oscillateur local 7 (ce dernier est compris dans les moyens 2 de conversion
directe). Ainsi, m(t) est transposé à une fréquence plus basse, fixe, avant conversion
analogique/numérique.
Le signal résultant s'écrit :
En développant le produit ci-dessus et en supposant g3
= 1, m'(t) s'exprime :
Le filtrage passe-bas (filtre 13) supprime les composantes 2ω1t
± ω0t et donne :
A partir de l'équation (18), on cherche à extraire les coefficients
'a' et 'b' afin d'en déduire les valeurs de Δg et Δ&thetas;. Sachant
que i2(t) + q2(t) = 1, on a :
Dans le cas réel où g3 ≠ 0, les coefficients 'a' et
'b' s'écrivent :
a = g3. 2g - Δg / (4) et b
= g3.2g + Δg / (4)sin Δ&thetas;
2.3 Calcul des coefficients de correction
Connaissant les valeurs théoriques des gains 'g' et 'g3',
on veut calculer Δg, Δ&thetas; et la valeur réelle de g3
à partir des coefficients 'a' et 'b'. L'équation (20) nous donne :
a + b = g3 / (4) [2g(1 + sin Δ&thetas;)- Δg(1
- sin Δ&thetas;)]
En supposant, dans une première approximation sin Δ&thetas;
≈ 0 et Δg << g, on en déduit une estimation du gain g3
:
g3 = 2.(a + b) / (g) = 2 / (g) [i'(t) + q'(t)][i(t) - q(t)]
En conservant l'approximation sin Δ&thetas; ≈ 0 et connaissant
la valeur théorique de g3, on détermine rapidement Δg :
Δg ≈ 2g / (g3).(g3 - g3) =
2g - 4 / (g3)[i'(t) + q'(t)][i(t) - q(t)]
En faisant intervenir le gain calculé dans (22), le coefficient Δ&thetas;
se déduit de l'équation (20) avec l'hypothèse que sin Δ&thetas; ≈ Δ&thetas;
et Δg.sin Δ&thetas; ≈ 0 :
Δ&thetas; ≈ b / (g.g3) = 1 / (g.g3)[i(t).q'(t)
- q(t).i'(t)]
En choisissant des valeurs en puissance de 2 pour les gains théoriques
'g' et 'g3', on simplifie le calcul des coefficients de correction en évitant une
division coûteuse en silicium.
2.4 Calcul du signal résultant corrigé
Après calcul des coefficients de correction Δg et Δ&thetas;,
il faut construire le nouveau signal d'émission corrigé mc(t) :
où m1c(t) et m2c(t) sont les deux voies corrigées en gain
et en phase :
En développant l'équation (25), il vient :
mc(t) = [i(t).cos(ω1t + ω0t
+ &thetas;)- q(t).sin(ω1t + ω0t + &thetas;)]cosΔ&thetas;
En posant à nouveau ω2 = ω1 + ω0,
on retrouve l'expression du signal m(t) formulée dans le cas idéal (équation (4),
avec g = 1) avec un gain cos Δ&thetas;. En considérant cosΔ&thetas;
≈ 1 - Δ&thetas;22 ≈ 1, on simplifie
le système de correction sans dégrader la qualité signal puisque ce gain s'applique
aux deux voies i(t) et q(t). Si Δ&thetas; = 5°, l'erreur résultante est d'environ
0,4% sur l'amplitude du signal émis.
L'expression simplifiée des deux voies corrigées en gain et en phase
m1c(t) et m2c(t) s'écrit :
En d'autres termes, les moyens 11 d'application d'une correction aux
deux signaux m1(t) et m2(t) appliquent :
sur la première voie : un gain égal à (1 + Δg/2g), ainsi qu'un déphasage
égal à (- Δ&thetas;/2) ;
sur la seconde voie : un gain égal à (1 - Δg/2g), ainsi qu'un déphasage
égal à (+ Δ&thetas;/2).
De cette manière, on évite toute opération de division pour le calcul
du signal corrigé ; dans l'hypothèse où la valeur théorique du gain 'g' est choisie
de façon à être un multiple d'une puissance de 2.
Les algorithmes de calcul de Δg et Δ&thetas; ont été simulés
avec succès : l'erreur est compensée après 5 itérations au plus, selon les ordres
de grandeur de Δg et Δ&thetas; (jusqu'à 10 % et 8° respectivement)
et avec une erreur allant jusqu'à 12% sur la valeur de g3.
A travers la description détaillée ci-dessus de deux modes de réalisation
particuliers, la nouvelle architecture d'émetteur radiofréquence selon la présente
invention a été décrite.
On rappelle qu'elle combine les avantages de l'émetteur à conversion
directe (pas de fréquence image) sans en avoir les inconvénients (pas de dégradation
du signal utile). Grâce au système d'auto-calibrage, les erreurs introduites par
la partie analogique sensible aux imperfections sont compensées dans le domaine
numérique. Ainsi, le signal résultant qui est émis a des caractéristiques proches
du cas idéal.
Les fonctions de traitement du signal sont réalisées dans le domaine
numérique afin d'en exploiter la précision et le fort degré d'intégration sur
silicium. Le convertisseur analogique/numérique (CAN) 14 est par exemple de type
« delta-sigma passe-bande », dont la fréquence de travail est de préférence identique
à celle des deux CNA 51 et 52. Le filtre analogique passe-bas
13 a des contraintes relâchées : un filtre d'ordre 2 est suffisant dans la plupart
des cas.
L'émetteur radiofréquence selon l'invention présente une complexité
relativement faible comparée au reste de la chaîne d'émission et possède l'avantage
d'être complètement intégrable sur silicium.
Anspruch[fr]
Emetteur radiofréquence, du type alimenté par deux signaux en bande de base
et en quadrature, i(nT) et q(nT), qui sont des images de deux flux binaires représentant
une information à transmettre, caractérisé en ce qu'il comprend :
des moyens (1) de transposition en fréquence intermédiaire et de traitement
numérique, assurant une première transposition dans le domaine numérique, à une
fréquence intermédiaire ω0, desdits signaux en bande de base,
et générant, par combinaison, deux signaux à la fréquence intermédiaire et en quadrature
;
des moyens (2) de conversion directe, assurant une seconde transposition dans
le domaine analogique, après multiplication par une fréquence ω1,
suivi d'une sommation, desdits deux signaux à la fréquence intermédiaire et en
quadrature, de façon à générer un signal résultant qui se trouve au final modulé
autour d'une fréquence ω2, avec : ω2 = ω0
+ ω1.
Emetteur radiofréquence selon la revendication 1, caractérisé en ce que lesdits
deux signaux à la fréquence intermédiaire et en quadrature sont de la forme :
m1(t) = i(t).cos(ω0t) - q(t).sin(ω0t)
m2(t) = -i(t).sin(ω0t) - q(t).cos(ω0t)
et en ce que ledit signal résultant est de la forme :
g1 et g2 sont les gains respectifs des deux voies en
quadrature desdits moyens de conversion directe ;
&thetas;1 et &thetas;2 sont les déphasages respectifs
des deux voies en quadrature desdits moyens de conversion directe.
Emetteur radiofréquence selon l'une quelconque des revendications 1 et 2, caractérisé
en ce qu'il est réalisé sous forme de circuit intégré.
Emetteur radiofréquence selon l'une quelconque des revendications 1 à 3, caractérisé
en ce qu'il comprend en outre des moyens (17) de filtrage, recevant et filtrant
ledit signal résultant, de façon à supprimer au moins en partie une composante
parasite dudit signal résultant, à une fréquence ω-2 image de ladite
fréquence ω2.
Emetteur radiofréquence selon les revendications 3 et 4, caractérisé en ce
qu'au moins une partie desdits moyens (17) de filtrage est incluse dans ledit circuit
intégré.
Emetteur radiofréquence selon l'une quelconque des revendications 1 à 5, caractérisé
en ce qu'il comprend en outre des moyens (10, 11) de compensation numérique des
imperfections en gain et en phase desdits moyens de conversion directe.
Emetteur radiofréquence selon la revendication 6, caractérisé en ce que lesdits
moyens de compensation numérique comprennent :
des moyens (10) d'estimation des imperfections en gain Δg et en phase
Δ&thetas; desdits moyens de conversion directe, avec :
Δg = g2 - g1
Δ&thetas; = &thetas;2 - &thetas;1
des moyens (11) d'application d'une correction auxdits deux signaux à la fréquence
intermédiaire et en quadrature, de façon à générer deux signaux corrigés, m1c(t)
et m2c(t), à la fréquence intermédiaire et en quadrature, le signal
résultant corrigé correspondant s'écrivant :
Emetteur radiofréquence selon la revendication 7, caractérisé en ce que lesdits
moyens (10) d'estimation des imperfections comprennent :
des moyens (12) de transposition, assurant une troisième transposition dans
le domaine analogique, par multiplication dudit signal résultant par ladite fréquence
d'émission ω1, de façon à générer le signal intermédiaire suivant:
m'3(t) = g3.m(t).cos(ω1t+&thetas;1)
où g3 est le gain introduit par lesdits moyens (12) de transposition,
(13) de filtrage, (14) de conversion A/N.
des moyens (13) de filtrage passe-bas, assurant un filtrage dudit signal intermédiaire
et générant un signal intermédiaire filtré m'(t) ;
des moyens (14) de conversion analogique/numérique, permettant de convertir
en numérique ledit signal intermédiaire filtré m'(t) ;
des moyens (15) de calcul desdites imperfections en gain Δg et en phase
Δ&thetas; à partir du signal intermédiaire filtré numérique généré par lesdits
moyens de conversion analogique/numérique.
Emetteur radiofréquence selon la revendication 8, caractérisé en ce que lesdits
moyens (15) de calcul des imperfections en gain Δg et en phase Δ&thetas;
comprennent:
des moyens de transformation dudit signal intermédiaire filtré numérique sous
la forme :
m'(t) = i'(t).cos(ω0t) - q'(t).sin(ω0t)
et en ce que les imperfections en gain Δg et en phase Δ&thetas; sont
estimées selon les formules suivantes :
Δg = 2g - (4/g3).[i'(t) + q'(t)].[i(t) - q(t)]
Δ&thetas; = (1/g.g3).[i(t).q'(t)- q(t).i'(t)].
Emetteur radiofréquence selon l'une quelconque des revendications 8 et 9, caractérisé
en ce que lesdits gains g et g3 possèdent des valeurs en puissance de
2.
Emetteur radiofréquence selon l'une quelconque des revendications 7 à 10, caractérisé
en ce que lesdits deux signaux corrigés, à la fréquence intermédiaire et en quadrature,
s'écrivent, sous la forme simplifiée suivante :
Emetteur radiofréquence selon l'une quelconque des revendications 6 à 11, caractérisé
en ce que lesdits moyens (14) de conversion analogique/numérique présentent une
fréquence de travail sensiblement identique à la fréquence de travail de moyens
(51, 52) de conversion numérique/analogique compris dans
lesdits moyens (2) de conversion directe.
Emetteur radiofréquence selon la revendication 3 et l'une quelconque des revendications
6 à 12, caractérisé en ce que lesdits moyens (10, 11) de compensation numérique
sont inclus dans ledit circuit intégré.