L'invention concerne un procédé pour l'amélioration de la combustion
dans un système de combustion à lit fluidisé circulant, elle concerne aussi les
systèmes mettant en oeuvre ce procédé.
Comme il est connu, ce genre de système brûle des combustibles solides
concassés, des combustibles liquides ou des combustibles gazeux, notamment dans
les centrales thermiques de production d'électricité. Il a pour inconvénient de
produire des oxydes d'azote Nox et l'on cherche donc à limiter les émissions de
ces oxydes, notamment en favorisant la libération des espèces azotées du combustible
dans un millieu faiblement oxydant, voire même réducteur. Une telle limitation
est classiquement obtenue par réalisation de foyers où il est prévu un agencement
permettant un étagement de l'air à des niveaux différents sur la hauteur du foyer.
Une solution connue prévoit d'injecter de l'air dit primaire, dans
une zone située au bas de foyer, avec un débit déterminé de manière à obtenir un
coefficient d'excès d'air tel qu'une atmosphère réductrice y soit créée. Une injection
d'air, dit secondaire est réalisée sur un ou plusieurs étages au dessus de cette
zone basse de foyer, pour créer une zone oxydante s'étendant sur le reste de la
hauteur du foyer.
Toutefois les solutions connues ne sont pas suffisamment performantes
et l'invention vise donc à permettre d'obtenir une diminution des émissions d'oxyde
d'azote NOx nocives dans un système de combustion à lit circulant fluidisé associant
de manière connue en soi un foyer et un cyclone, sans diminution du rendement de
combustion du système.
L'invention propose donc un procédé pour améliorer la combustion dans
un système, de type à lit fluidisé circulant, qui comporte un foyer associé à au
moins un cyclone ayant un extrados et un intrados, notamment pour la fourniture
d'énergie à un échangeur thermique dans le cadre d'une installation produisant
de l'électricité. Le système est supposé fonctionner à partir de combustible introduit
au bas du foyer où est créée une atmosphère réductrice et où le combustible subit
une pyrolyse avec séparation en deux phases l'une, solide et composée de particules
de coke contenant une fraction azote-coke provenant du combustible d'origine et
l'autre, gazeuse, contenant les matières volatiles et notamment le reliquat de
l'azote contenu dans le combustible d'origine. Les particules et les matières volatiles
s'élèvent dans le foyer où la combustion se poursuit en laissant subsister des
particules incomplètement brûlées qui sont aspirées et renvoyées au bas du foyer
par action cyclonique. Il est ainsi offert une nouvelle chance aux particules solides
contenant encore du carbone imbrûlé de parfaire leur combustion. Une injection
d'air, dit tardif, est prévue, en plus de l'injection d'air primaire réalisée au
bas du foyer et d'au moins une injection d'air secondaire réalisée pour créer une
atmosphère faiblement oxydante dans le foyer au-dessus de la zone basse de celui-ci
où est créée une atmosphère réductrice.
Selon une forme préférée de mise en oeuvre du procédé selon l'invention,
il est prévu qu'une modification de la trajectoire des particules aspirées par
action cyclonique soit réalisée sous l'action de l'air tardif injecté entre le
haut du foyer et l'entrée du cyclone de telle manière que l'air tardif applique
aux partiucles une force verticale dirigée vers le bas et qu'il les dirige vers
l'extrados du cyclone pour améliorer le rendement de captation cyclonique et en
conséquence le rendement de combustion.
Selon une forme de mise en oeuvre du procédé selon l'invention, l'injection
d'air tardif, neuf et chaud, est exploitée pour améliorer la combustion des imbrûlés
gazeux contenus dans les fumées sortant du foyer, par l'action complémentaire de
brassage qu'elle entraîne.
Selon une forme de mise en oeuvre du procédé selon l'invention, le
débit d'air tardif injecté en amont de l'entrée du cyclone est choisi de l'ordre
de 5 à 30% du débit total d'air fourni pour la combustion au système.
Selon une forme de mise en oeuvre du procédé selon l'invention, les
injections d'air primaire, secondaire et tardif sont telles qu'elles conduisent
à des coefficients d'excès d'air λ qui sont respectivement de l'ordre de
0,5 au bas du foyer dans la zone où l'atmosphère est réductrice, de 0,95 à 1,15
dans une partie supérieure du foyer, située au-dessus de la précédente, où l'atmosphère
est faiblement oxydante et de 1,15 à 1,3 au-delà, où l'injection d'air tardif produit
son effet. Une réduction significative des émissions d'oxydes d'azote NOx est ainsi
permise.
L'invention propose aussi un système de combustion, de type à lit
fluidisé circulant, permettant la mise en oeuvre du procédé évoqué ci-dessus.
Ce système comporte un foyer associé à au moins un cyclone ayant un
extrados et un intrados, notamment pour la fourniture d'énergie à un échangeur
thermique dans le cadre d'une installation produisant de l'électricité, il fonctionne
à partir de combustible introduit au bas du foyer où est créée une atmosphère réductrice
et où ce combustible subit une pyrolyse avec séparation en deux phases l'une, solide
et composée de particules de coke contenant une fraction azote-coke provenant
du combustible d'origine et l'autre, gazeuse, contenant les matières volatiles et
notamment le reliquat de l'azote contenu dans le combustible d'origine, les particules
et les matières volatiles s'élevant dans le foyer où la combustion se poursuit
en laissant subsister des particules incomplètement brûlées qui sont aspirées et
renvoyées au bas du foyer par le cyclone.
Selon une caractéristique de l'invention , le système de combustion
comporte un agencement d'injection d'air comportant des moyens pour injecter de
l'air, dit tardif, neuf et chauffé, positionnés entre le haut du foyer et l'entrée
du cyclone et agencés pour agir sur la trajectoire des particules aspirées de manière
à augmenter le rendement de captation cyclonique, en plus des moyens permettant
une injection d'air primaire au bas du foyer pour y créer une atmosphère réductrice
et de moyens permettant une injection d'air secondaire pour créer une atmosphère
faiblement oxydante dans une zone du foyer située au-dessus de la zone basse de
celui-ci où est créée une atmosphère réductrice.
Selon l'invention, les moyens d'injection d'air tardif comportent
des injecteurs débouchant dans une gaine, par l'intermédiaire de laquelle le haut
du foyer est relié à l'entrée du cyclone, au travers d'orifices localisés sur la
paroi de gaine située du côté de l'intrados du cyclone, ainsi qu'éventuellement
des injecteurs débouchant au travers d'orifices ménagés dans la gaine au travers
de son toit.
Selon l'invention, le système de combustion comporte des injecteurs
d'air tardif alimentés en air chaud depuis un réchauffeur d'air du système, via
un circuit qui fournit l'air secondaire de ce système
Selon une variante de réalisation de l'invention, le système de combustion
comporte des injecteurs d'additif, qui sont positionnés dans des orifices d'injecteurs
d'air tardif de manière à pénétrer dans la gaine par leur intermédiaire et pour
favoriser la pénétration de l'additif à l'intérieur de la masse de fumées ou cet
additif est injecté..
L'invention, ses caractéristiques et ses avantages sont précisés dans
la description qui suit en liaison avec les figures évoquées ci-dessous.
La figure 1 présente un schéma synoptique d'un système de combustion,
du type à lit fluidisé circulant, qui permet de fournir de l'énergie sous forme
thermique à un échangeur de chaleur.
La figure 2 présente un diagramme montrant l'évolution du coefficient
d'excès d'air pour un système classique de combustion à lit fluidisé circulant,
qui est schématisé sur la figure 3.
La figure 4 présente un diagramme montrant l'évolution du coefficient
d'excès d'air pour un système de combustion, à lit fluidisé circulant, selon l'invention,
tel que schématisé sur la figure 5.
Les figures 6 et 7 présentent respectivement un montage d'injection
d'air tardifselon l'invention selon une vue de dessus et une vue latréale selon
la direction F sur la figure 6.
Un exemple connu de système de combustion 1, du type à lit fluidisé
circulant, est schématisé sur la figure 1, ce système est supposé destiné à brûler
du combustible, d'origine fossile, tel que du charbon ou du lignite. Il est par
exemple associé à un échangeur de chaleur 2, pour fournir de l'énergie sous forme
thermique, par exemple dans le cadre d'une installation produisant industriellement
de l'électricité. Un foyer 3 et un cyclone 4 constituent les éléments essentiels
du système de combustion, ils sont associés entre eux et à l'échangeur de chaleur,
de manière connue, et ils sont ici supposés fournir de l'énergie thermique à un
échangeur de chaleur 2.
Les fumées chargées de particules de cendres contenant du carbone
imbrûlé sont centrifugées au niveau du cyclone 4. Les particules, ainsi récupérées,
sont réinjectées dans la partie basse du foyer 3 par l'intermédiaire d'un conduit
5 à siphon 6. De l'air primaire est injecté par le dessous dans la partie la plus
basse du foyer 3, comme symbolisé par la flèche AP. Il règne une atmosphère réductrice
dans cette partie basse de foyer où le coefficient X d'excès d'air est nettement
inférieur à 1, comme on le voit sur la figure 2 montrant la variation de ce coefficient
λ sur la hauteur du système de combustion schématisé sur la figure 3. Dans
cette zone, le combustible subit une pyrolyse et la matière combustible est séparée
en deux phases. L'une des deux phases est ainsi constituée de grains de coke et
d'une fraction de l'azote du combustible d'origine, couramment désignée par l'expression
azote-coke. L'autre phase regroupe les matières volatiles et notamment le reliquat
de l'azote du combustible d'origine. Comme il est connu, la fraction d'azote volatil
est d'autant plus importante que le combustible a une teneur en matières volatiles
plus élevée. Ainsi dans le cas de combustibles constitués de charbons très réactifs,
tels que du lignite, du subbitumineux ou du bitumineux, la part de l'azote volatil
est significativement plus élevée que la part d'azote-coke.
Les grains de coke peuvent séjourner dans la zone réductrice située
en partie basse de foyer et de l'azote moléculaire N2 est alors retrouvé
parmi les produits de combustion de l'azote-coke. Le temps de séjour des grains
de coke dans la zone réductrice est en fait essentiellement fonction de la grosseur
de chaque grain.
Les plus petits grains quittent rapidement la zone sous la forme de
particules constituées de cendres contenant du carbone imbrûlé et d'un reliquat
d'azote-coke dont la combustion se poursuit dans la partie supérieure du foyer
3. Ces particules seront brûlées encore plus complètement, après avoir été aspirées
par le cyclone 4, via une gaine 7 débouchant en haut de foyer, lorsqu'elles sont
réinjectées par l'intermédiaire de ce cyclone en partie basse de foyer, via le
conduit 5.
Il est donc important que le rendement de captation du cyclone soit
le plus élevé possible, pour qu'un recyclage optimal soit obtenu.
Les matières volatiles et notamment l'azote volatil, sortent très
rapidement de la zone réductrice pour atteindre des zones situées au-dessus de
cette zone réductrice dans lesquelles de l'air est progressivement introduit, comme
schématisé par les entrées d'air secondaire étagé AS1 et AS2, sur les figures 1,
3 et 5. L'injection étagée d'air secondaire est poursuivie jusqu'à obtention de
conditions nettement oxydantes conduisant à un coefficient λ d'excès d'air
qui est typiquement compris entre 1,15 et 1,30 et par exemple 1,2 comme illustré
sur le diagramme de la figure 2. Cette combustion en atmosphère nettement oxydante
conduit plus particulièrement à la production d'oxydes d'azote dont la source
principale est l'azote volatil, en particulier dans le cas de combustibles réactifs,
et dont une source secondaire est le reliquat d'azote-coke contenu dans les grains
de coke partiellement imbrûlés.
Une technique usuelle d'abattement primaire des émissions d'oxydes
d'azote est de sélectionner un faible excès d'air global dans la partie du foyer
3, classiquement désignée en anglais par "free board", dans laquelle les particules
solides sont en circulation. Toutefois cette technique a des limites, car elle
présente l'inconvénient d'avoir des conséquences néfastes sur le fonctionnement
du lit fluidisé circulant du foyer 3, en particulier en ce qui concerne les échanges
de chaleur avec les parois tubées et le rendement de combustion. A titre d'exemple,
il a été observé qu'une diminution de l'excès d'air global conduisant d'un coefficient
λ1 compris dans un intervalle 1,25 à 1,30 à un coefficient λ2 compris
dans un intervalle 1,15 à 1,20 pouvait conduire à une diminution avantageuse des
émissions d'oxyde d'azote NOx d'environ 20%, cette diminution s'accompagnant toutefois
d'une diminution désavantageuse du rendement de combustion de 0,5 à 1 point.
Comme indiqué plus haut, l'invention permet d'obtenir un réglage de
la stoechiométrie globale d'un système de combustion, du genre évoqué ci-dessus,
qui assure une diminution des émissions d'oxydes d'azote Nox, comme explicité
plus loin.
A cet effet et comme schématisé sur la figure 5, une entrée AT d'injection
d'air, dit tardif, est ménagée dans la gaine 7 en amont de l'entrée du cyclone
4. Cette injection spécifique entraîne un étagement de l'air dans le foyer 3 qui
est plus prononcée qu'avec le procédé antérieurement connu. Elle favorise l'existence
d'une zone du foyer 3 dans laquelle les particules ont un relativement long temps
de séjour en atmosphère faiblement oxydante.
Le diagramme de la figure 4 montre un exemple de variation du coefficient
d'excès d'air λ sur la hauteur d'un système de combustion, tel que schématisé
sur la figure 5, où est prévue une entrée AT d'injection d'air tardif, selon l'invention.
Comme illustré en partie haute de diagramme, une variation du coefficient λ
est obtenue. Dans l'exemple proposé ce coefficient a une valeur 1,2 dans la zone
où l'injection d'air tardif produit son effet et comme cela était le cas sur pratiquement
toute la partie haute du foyer dans le cas d'un système de combustion classique,
tel que schématisé sur la figure 3.
Dans le cas d'un système de combustion comportant une entrée d'air
tardif AT, selon l'invention, le coefficient λ reste par contre de l'ordre
de 0,95 à 1,15 sur pratiquement toute la partie haute du foyer correspondant à
celle dont le coefficient λ est égal à 1,2 sur le diagramme de la figure
2, à l'exception de la zone où les effets de l'injection d'air tardif se font sentir
dans le cas illustré par les figures 4 et 5.
La réalisation de l'entrée d'injection d'air tardif est schématiquement
représentée sur les figures 6 et 7 qui montrent une gaine 7 reliant la partie haute
du foyer 3 à l'entrée du cyclone 4, respectivement dans une vue de dessus et une
vue selon la direction F illustrée sur la figure 6.
Le débit d'air tardif injecté au niveau de l'entrée AT est déterminé
de façon à obtenir un coefficient optimal d'excès d'air λ dans la partie
"free board" dans laquelle les particules solides sont en circulation. Ce débit
est par exemple choisi de l'ordre de 5 à 30% du débit total d'air de combustion.
L'air tardif injecté est préférablement de l'air neuf et chaud, il
a par exemple une température de l'ordre de 200 à 400°. Il est par exemple prélevé,
sur le circuit fournisseur d'air secondaire, en aval du réchauffeur d'air, non
représenté ici, de ce circuit. Cet air chaud est injecté en amont du ou éventuellement
des cyclone(s) du système de combustion. L'injection s'effectue par l'intermédiaire
d'injecteurs d'air, classiques et non représentés ici, qui débouchent dans la gaine
7 au travers d'orifice 8 schématisés sur les figures 6 et 7. Ces injecteurs et
notamment leurs orifices 8 sont disposés de manière que les jets d'air tardif modifient
les trajectoires des particules solides pour les diriger vers l'extrados du cyclone
(la paroi extérieure du cyclone) et qu'ils leur appliquent une force verticale
(représentée par des petites flèches sur la figure 7) vers le bas, avant qu'elles
ne soient captées par action cyclonique du cyclone 8 ou éventuellement d'un groupe
de cyclones. Une amélioration du rendement de captation cyclonique des particules
solides aspirées hors du foyer est obtenue grâce à l'action des jets d'air tardif
sur les trajectoires des particules en mouvement dans la gaine 7. Cette amélioration
du rendement de captation conduit à une amélioration du rendement de combustion
du combustible solide.
Un brassage intense est réalisé dans le cyclone entre, d'une part,
les fumées sortant du foyer, avec une faible teneur en oxygène résiduel et éventuellement
une teneur significative en imbrûlés gazeux, tel que par exemple du CO, et d'autre
part, de l'air tardif neuf, ce qui permet de terminer la combustion des imbrûlés
gazeux.
Dans la forme de réalisation montrée sur les figures 6 et 7, des orifices
8b d'injection d'air tardif sont localisés sur la paroi verticale de gaine opposée
à l'extrados du cyclone 7, cette paroi de gaine étant située du côté de l'intrados
du cyclone (paroi intérieure du cyclone) ou, ici répartis en deux rangées d'orifices
8b visibles sur la figure 7, pour appliquer sur les particules solides traversant
la gaine 7 une force qui les dirige vers l'extrados du cyclone comme représenté
par la flèche AT sur la figure 6. Des orifices d'injection d'air tardif 8a sont
localisés aussi sur le toit de la gaine 7, ici répartis en deux rangées d'orfices
8a visibles sur la figure 6, pour appliquer sur les particules solides traversant
la gaine 7 une force qui les dirige vers le bas de la gaine 7 comme représenté
par la flèche AT sur la figure 7 et par les petites flèches à côtés des orifices
8b sur la fifure 7. La forme et la disposition des divers orifices 8 sont préférablement
choisies de manière que les ensembles que forment ces orifices s'étalent transversalement
de manière maximale.
Selon une variante de réalisation, il est prévu de positionner des
injecteurs d'additifs, non représentés ici, dans au moins certains des orifices
d'injection d'air tardif 8a,8b. Ces injecteurs d'additif sont, par exemple, des
cannes d'injection d'additif de dénitrification, lorsqu'une dénitrification non-catalytique
(SNCR) est prévue. L'injection d'air tardif à grande vitesse favorise alors la
pénétration de l'additif à l'intérieur de la masse de fumée où il est injecté.