Le domaine technique de l'invention est celui des têtes militaires
génératrice d'éclats.
Il est connu de réaliser des têtes militaires génératrices d'éclats
dans lesquelles les éclats engendrés peuvent être focalisés suivant une direction
d'approche d'une menace.
Les brevets FR2678723, US5544589 et le certificat d'utilité FR2388468
décrivent ainsi une tête militaire dans laquelle des charges explosives réparties
autour d'une enveloppe génératrice d'éclats permettent d'assurer une déformation
de l'enveloppe localisée en regard d'une cible détectée par une fusée de proximité.
Par ailleurs le certificat d'utilité FR2388468 propose d'assurer l'initiation de
la charge par un moyen d'amorçage disposé d'une façon diamétralement opposée à la
zone déformée de l'enveloppe.
Une telle solution est complexe à mettre en oeuvre. Des charges de
déformation doivent être intégrées ainsi que leurs moyens d'amorçage spécifiques.
Il a également été proposé par les brevets FR2839778 et US5182418
de disposer des initiateurs radialement dans un bloc d'explosif. Ces initiateurs
sont reliés à des moyens d'amorçage permettant par ailleurs de choisir les initiateurs
à commander pour réaliser une gerbe d'éclats donnée.
Cependant la mise en oeuvre de ces solutions est complexe. Il est
ainsi délicat et coûteux de percer radialement des trous multiples dans un bloc
explosif pour y incorporer des initiateurs puis de réaliser ensuite la connectique.
C'est le but de l'invention que de proposer une tête militaire génératrice
d'éclats de structure simple mais permettant néanmoins d'assurer la projection des
éclats en direction d'une cible.
Ainsi l'invention a pour objet une tête militaire génératrice d'éclats
comprenant au moins un chargement explosif disposé dans une enveloppe, et un moyen
d'amorçage, tête caractérisée en ce que le moyen d'amorçage comporte au moins une
couronne de relais de détonation régulièrement répartis angulairement autour de
l'axe de la tête militaire, relais disposés au voisinage du chargement explosif
et ayant leur direction d'action orientée sensiblement radialement vers l'axe de
la tête, les relais étant par ailleurs solidaires d'un support inerte.
Selon un mode de réalisation, la tête militaire pourra comporter deux
blocs de chargement explosif coaxiaux et de même diamètre, la couronne de relais
étant disposée entre les deux blocs.
Selon un autre mode de réalisation, la tête militaire pourra comporter
un seul bloc de chargement explosif, la couronne de relais étant disposée au niveau
d'une extrémité du bloc.
L'enveloppe génératrice d'éclats pourra être constituée par deux parties
cylindriques disposées de part et d'autre de la couronne de relais.
Selon un autre mode de réalisation, la tête militaire pourra être
disposée à l'intérieur d'un étui de munition et avoir un diamètre inférieur au diamètre
interne de l'étui.
Avantageusement, chaque relais pourra être dimensionné de façon à
ne pas pouvoir initier à lui seul le chargement explosif, cette initiation étant
cependant possible lorsque au moins deux relais sont initiés simultanément.
La couronne de relais pourra être reliée à un dispositif d'amorçage
électronique, lui-même relié à une fusée de proximité pouvant détecter la position
d'une cible par rapport à la tête militaire, le dispositif d'amorçage déterminant
à partir du positionnement de la cible les relais qui doivent être initiés pour
orienter les éclats en direction de la cible.
L'invention sera mieux comprise à la lecture de la description qui
va suivre de différents modes de réalisation, description faite en référence aux
dessins annexés et dans lesquels :
- la figure 1 est un schéma simplifié montrant l'attaque d'une cible par une munition
incorporant une tête militaire selon l'invention,
- les figures 2a et 2b sont deux vues d'un premier mode de réalisation d'une tête
militaire selon l'invention, la vue 2a étant une coupe longitudinale partielle et
la vue 2b une coupe transversale réalisée suivant le plan dont la trace AA est repérée
à la figure 2a,
- la figure 3a est une vue en coupe schématisant le raccordement des relais de
détonation et du dispositif d'amorçage électronique,
- les figures 3b et 3c montrent le fonctionnement du dispositif d'amorçage,
- les figures 4a et 4b sont deux vues d'un deuxième mode de réalisation d'une
tête militaire selon l'invention, la vue 4a étant une coupe longitudinale partielle
et la vue 4b une coupe transversale réalisée suivant le plan dont la trace BB est
repérée à la figure 4a,
- la figure 5 est une vue en coupe longitudinale d'une variante de réalisation
d'une tête militaire selon l'invention.
La figure 1 montre une munition 1, par exemple un missile, qui passe
à proximité d'une cible 2 telle un aéronef.
La trajectoire 3 de la munition (qui est aussi l'axe de la munition)
est sensiblement parallèle à la trajectoire 4 de la cible et elle se trouve à une
distance D de cette dernière.
La munition 1 comporte une fusée de proximité 5 dont les directions
de détection (δ1, δ2... δi) sont réparties selon un cône, coaxial
avec l'axe 3 de la munition, et de demi-angle au sommet &thetas;.
De telles fusées de proximité sont bien connues de l'Homme du Métier.
Les brevets FR2388468 et FR2678723 décrivent des exemples de réalisation de telles
fusées. Ces fusées sont dotées de senseurs de technologie radar ou bien infra rouge.
La fusée 5 permet de déterminer la direction δi selon laquelle se trouve positionnée
la cible 2 par rapport à la munition.
La munition 1 est dotée d'une tête militaire 6 qui projette des éclats.
Sur la figure 1, le vecteur V schématise la vitesse de projection
des éclats dans un repère lié à la munition. Le vecteur VR est le vecteur vitesse
de la munition 1. La composition de ces deux vecteurs vitesses conduit à une projection
des éclats suivant une direction A.
Conformément à l'invention la tête militaire 6 est dotée de moyens
d'amorçage permettant de focaliser les éclats dans la direction de la cible 2.
Les figures 2a et 2b montrent un premier mode de réalisation. La tête
militaire 6 est logée dans un étui 7 de la munition, l'étui pourra être métallique
ou bien réalisé en un matériau composite.
Suivant ce mode particulier de réalisation, la tête militaire 6 comprend
deux blocs 17a, 17b d'un chargement explosif. Ces deux blocs sont cylindriques et
coaxiaux et ils ont pour axe l'axe 3 de la munition 1. Ils ont également le même
diamètre.
Chaque bloc 17a, 17b est disposé dans une enveloppe génératrice d'éclats
8a, 8b distincte qui est fermée à une extrémité par un couvercle 12a, 12b. Ces enveloppes
seront réalisées en acier ou en alliage dense et elles pourront comporter un usinage
ou un traitement de fragilisation particulier favorisant la formation des éclats.
Ces usinages ou traitements sont bien connus de l'Homme du Métier.
Conformément à l'invention la tête militaire 6 est dotée d'un moyen
d'amorçage qui comporte au moins une couronne de relais de détonation 9, régulièrement
répartis angulairement autour de l'axe 3 de la tête militaire 6.
Ici la tête 6 comporte six relais de détonation 9a, 9b, 9c, 9d, 9e
et 9f (voir figure 2b). Ces relais sont disposés au voisinage des blocs de chargement
explosif 17a et 17b et ils ont chacun leur direction d'action (da, db,
dc, dd, de, df) qui est orientée sensiblement
radialement vers l'axe 3 de la tête militaire 6. Ces directions d'action sont représentées
à la figure 3a.
Conformément à ce mode particulier de réalisation, la couronne des
relais 9 est disposée entre les deux blocs explosifs 17a et 17b et les relais 9
sont tous solidaires d'un support inerte 10 qui est interposé entre les deux blocs
de chargement explosif 17a et 17b. Pour la clarté du dessin sur la figure 2a le
support 10 est représenté non coupé et les relais visibles sont les relais 9f,9e
et 9d.
Le support 10 sera formé par exemple par un bloc de polyamide ou bien
par un autre type de matière plastique ou composite.
Tous les relais 9 sont raccordés par des fils (non représentés sur
ces figures) à un dispositif d'amorçage électronique 11 lui-même relié à la fusée
de proximité 5. Les fils pourront être positionnés par exemple dans des rainures
longitudinales de l'étui 7.
La fusée 5 permet de détecter la position de la cible 2 par rapport
à la tête militaire 6. A partir de ce positionnement de la cible, le dispositif
d'amorçage détermine les relais 9 qui doivent être initiés pour orienter les éclats
en direction de la cible 2.
Dispositif d'amorçage et fusée pourront bien entendu être constitués
par un seul sous-ensemble de la munition 1.
Les figures 3a et 3b permettent de visualiser le mode d'amorçage de
la couronne de relais 9. Tous les relais sont reliés au dispositif d'amorçage 11
par des conducteurs 13a,13b,13c,13d,13e et 13f. Les conducteurs pourront être regroupés
en un câble 13. On pourra également pour simplifier le câblage mettre en oeuvre
une liaison bifilaire de type BUS de transmission de données qui raccordera en parallèle
tous les relais 9. Dans ce cas les relais devront comporter un circuit électronique
logique leur permettant de dialoguer avec le dispositif d'amorçage 11 et de reconnaître
les ordres transmis. Le brevet FR2801698 décrit un tel dispositif de commande logique
de composants pyrotechniques.
Avantageusement chaque relais 9 sera dimensionné de façon à ne pas
pouvoir initier à lui seul le chargement explosif 17. Cette initiation doit cependant
être possible lorsque au moins deux relais voisins sont initiés simultanément. Il
est facile pour l'Homme du Métier de définir des relais de telle sorte que l'énergie
fournie par la composition des ondes de détonation issues de deux relais suffise
à amorcer les blocs explosifs 17a, 17b alors que l'énergie d'un seul relais est
insuffisante.
La figure 3b montre la progression dans le support 10 des ondes de
chocs 14a et 14f issues des deux relais 9a et 9f, initiés simultanément par le dispositif
d'amorçage 11. On voit que ces ondes se composent et qu'il en résulte une onde orientée
suivant le plan de la bissectrice Δa,f des directions d'action
individuelles df et da.
On voit donc que grâce à l'invention il est possible de donner à l'onde
de choc issue du moyen d'amorçage six directions d'actions différentes régulièrement
réparties angulairement autour de l'axe 3 de la tête militaire.
Avec le dispositif selon l'invention, et d'une façon inhabituelle,
les relais 9 ne sont pas orientés vers les blocs explosifs à initier 17a et 17b.
L'onde de choc qui est engendrée par chaque relais 9 a cependant une
symétrie sphérique. Elle progresse donc non seulement suivant la direction Δa,f
mais aussi latéralement dans chacun des blocs 17a, 17b.
La figure 3c montre cette progression des ondes de choc 15 et 16 qui
se développent à partir du support 10 vers les extrémités des blocs 17a et 17b suivant
les directions (Δa,f)1 et (Δa,f)2
qui sont symétriques l'une de l'autre par rapport à la direction radiale Δa,f.
L'énergie cinétique est alors maximale pour les éclats engendrés par
les génératrices d'enveloppes 8a,8b qui sont disposées en regard de la cible. Elle
est minimale pour les éclats engendrés par les génératrices d'enveloppe voisines
des relais initiés (9a,9f), donc pour les génératrices qui sont orientées suivant
une direction opposée à celle de la cible.
Il en résulte donc une projection des éclats engendrés par l'enveloppe
d'une façon privilégiée en direction de la cible 2.
On voit que l'invention permet, avec un montage extrêmement simple
des moyens d'amorçage, de réaliser une tête militaire pouvant orienter les éclats
suivant plusieurs directions privilégiées, la direction étant choisie en fonction
des indications données par une fusée de proximité.
On notera par ailleurs qu'une initiation simultanée des six relais
permet d'engendrer dans chaque bloc d'explosif 17a, 17b une onde de détonation progressant
suivant l'axe 3 de la tête militaire et cela d'une façon équivalente à ce qui serait
obtenu avec un seul relais disposé axialement à une des extrémités du bloc. La tête
militaire selon l'invention peut donc également fonctionner avec un mode de génération
des éclats suivant une gerbe non focalisée.
Les figures 4a et 4b montrent un autre mode de réalisation d'une tête
militaire 6 dans laquelle une couronne de relais de détonation 9 est disposée d'un
côté d'un bloc unique 17 de matériau explosif.
La couronne de relais 9 est disposée dans un support inerte 10 qui
est appliqué contre le bloc de chargement explosif 17. Pour la clarté du dessin
sur la figure 6a le bloc est représenté non coupé et les relais visibles sont les
relais 9f,9e et 9d.
Le mode de fonctionnement est analogue à celui décrit précédemment
en référence aux figures 2a à 3c. Ce mode de réalisation permet de projeter les
éclats par exemple suivant la direction (Δd,c)1.
Cette tête militaire est facile à mettre en oeuvre et à intégrer dans
une munition.
La figure 5 monte une tête militaire suivant une variante de réalisation
de l'invention. Cette variante diffère des précédentes en ce que la tête militaire
6 est sous calibrée par rapport au diamètre interne de l'étui 7.
La tête représentée ici a une structure analogue à celle des figures
2a et 2b et comporte donc deux blocs explosifs 17a, 17b séparés par une couronne
de relais 9 disposée dans un support inerte 10.
Les deux blocs 17a, 17b ainsi que le support 10 sont liés les uns
aux autres par collage. L'ensemble est solidaire par ailleurs des deux couvercles
d'extrémité 12a et 12b qui sont au diamètre interne de l'étui 7 et qui assurent
le positionnement radial de la tête par rapport à l'étui 7.
L'espace annulaire séparant la surface interne de l'étui 7 et la tête
militaire 6 a une épaisseur de quelques millimètres. Une telle disposition permet
de faire passer facilement les différents fils 13 reliant les relais 9 au dispositif
d'amorçage 11.
Il est possible, après réalisation du câblage, de mettre en place
une couche de résine de calage entre la tête militaire 6 et l'étui 7. On fixera
alors un des deux couvercles 12a ou 12b après mise en place de la résine.