La présente invention concerne un outillage pour affiler les lames
d'outils tranchants ou coupants, et en particulier les lames de couteaux.
Les lames d'outils tranchants nécessitent un entretien régulier pour
conserver leur pouvoir de coupe.
Cet entretien consiste en des opérations régulières d'affûtage au cours desquelles
on reforme le taillant au moyen d'une meule ou d'une machine adaptée ; entre deux
opérations d'affûtage, l'usure du taillant est retardée par des opérations d'affilage
au moyen d'un outil appelé « fusil », au moyen d'un affileur à diabolo, ou encore
au moyen d'un module d'affilage à broches croisées (fixes ou articulées).
Le type de fusil d'affilage utilisé est fonction du degré d'usure
de la lame. Bien souvent l'opérateur se sert d'un fusil « rugueux » pour dégrossir
le travail, avant d'utiliser un fusil de finition « lisse » servant de brunissoir
pour le fil de la lame.
Mais la mise en oeuvre de ces fusils d'affilage nécessite une technicité importante
et un coup de main expérimenté ; en conséquence ils ne peuvent pas être utilisés
efficacement par n'importe qui.
Les affileurs du type à diabolo et ceux du type à broches fixes sont
relativement inefficaces et ne permettent pas d'obtenir une qualité d'affilage
intéressante.
Les modules d'affilage du type à broches croisées articulées servent
généralement à brunir les lames d'outils et présentent l'intérêt de pouvoir être
utilisés de manière satisfaisante même par des personnes ne disposant pas d'une
grande expérience ou d'une grande technicité dans le domaine de l'aiguisage.
Un appareil de ce genre, décrit dans le document US-A-5 478 272, est constitué
d'une base plane dans laquelle est aménagée une fente verticale destinée au passage
de la lame à aiguiser, et munie de deux broches d'affilage qui se croisent en regard
de ladite fente. Les deux broches d'affilage, réalisées en fil d'acier, ont une
forme générale courbe et elles sont articulées au niveau de leur extrémité supérieure
sur la base plane, par l'intermédiaire de boutons rotatifs associés à des ressorts
de rappel. Ces broches forment entre elles un Vé d'affilage qui est mobile sous
la pression de la lame d'outil que l'on désire aiguiser ; le Vé mobile correspondant
permet d'assurer une pression de traitement régulière ou relativement régulière
sur la lame d'outil.
Des butoirs inférieurs et supérieurs limitent le pivotement desdites broches entre
une position haute et une position basse.
La structure de ce type d'appareil est cependant relativement complexe,
en particulier du fait de la présence des ressorts de rappel intégrés dans les
boutons rotatifs. En outre, ces ressorts fatiguent assez rapidement et il est
nécessaire de les remplacer régulièrement, ce qui n'est pas toujours très facile
à réaliser, et ce qui entraîne des coûts de pièces et de main d'oeuvre conséquents.
La présente invention propose un appareil d'affilage du genre de celui
qui vient d'être décrit, c'est-à-dire du type à broches croisées articulées, mais
de structure simplifiée, donc d'entretien plus aisé et de coût de revient moins
onéreux.
Un autre objectif de la présente invention est d'améliorer le guidage
de la lame d'outil pour parfaire la qualité d'affilage.
Encore un autre but de l'invention est de proposer, en complément
des deux broches d'affilage articulées servant de brunissoir, un dispositif complémentaire
apte à assurer des opérations plus poussées de redressage du fil de la lame d'outil
(opérations plus poussées qui s'apparentent à celles remplies par les fusils «
rugueux » classiques).
L'appareil conforme à la présente invention, pour affiler les lames
d'outils tranchants, est donc du type comprenant une platine munie d'une ouverture
permettant le passage de la lame d'outil, en regard de laquelle ouverture sont
aménagées deux structures d'affilage en forme de broches allongées qui se croisent,
lesquelles broches d'affilage sont articulées au niveau de l'une de leurs extrémités
sur ladite platine, chacune d'un côté de ladite ouverture, et comportent des moyens
de rappel élastiques, de manière à obtenir un Vé d'affilage mobile sous la pression
de la lame à affiler.
Conformément à la présente invention, chaque broche d'affilage est constituée d'une
tige conformée en U comprenant deux bras parallèles ou sensiblement parallèles
reliés au niveau de l'une de leurs extrémités et dont les deux extrémités libres
comportent des retours à l'équerre, formant des axes d'articulation qui viennent
se loger libres de rotation dans des orifices d'encastrement désaxés, aménagés
sur ladite platine ou sur un support approprié solidaire de ladite platine, de
manière à obtenir un rappel élastique desdites broches d'affilage par un effet
de torsion.
Toujours selon l'invention, les deux broches d'affilage ont une forme
générale courbe faisant en permanence entre elles un angle de l'ordre de 40°.
Toujours selon l'invention, la platine de l'appareil est munie d'une
ouverture verticale, les deux broches d'affilage étant articulées dans la partie
supérieure de la platine support, sur des axes perpendiculaires au plan de cette
dernière.
Selon une forme de réalisation préférée, les deux broches d'affilage
comportent chacune des retours à l'équerre orientés en sens inverse. Au repos,
ces retours sont avantageusement désaxés.
Les retours à l'équerre des broches d'affilage, qui forment les axes
d'articulation, peuvent être facilement extraits de leurs orifices de réception,
de manière à rendre lesdites broches amovibles en vue notamment de faciliter leur
remplacement ou leur nettoyage.
Selon une autre particularité intéressante, les deux broches d'affilage
sont imbriquées l'une dans l'autre.
Selon encore une autre particularité, l'appareil d'affilage conforme
à la présente invention comporte une structure de guidage de la lame d'outil, en
forme de deux lames plates indépendantes disposées en vis-à-vis, fixées au niveau
de leur extrémité supérieure sur la platine ou sur un support solidaire de ladite
platine. Ces deux lames sont écartées l'une de l'autre en partie supérieure et
elles viennent en contact l'une avec l'autre au niveau de leur extrémité inférieure
pour définir un Vé de guidage autoserrant, disposé juste derrière les deux broches
d'affilage.
Ces deux lames de guidage sont de préférence en dièdre pour former un premier Vé
évasé dans la partie supérieure de l'ouverture de la platine, et un second Vé resserré,
dans sa partie inférieure.
Selon encore une autre caractéristique, les lames de guidage sont
munies, en partie inférieure, de moyens pour redresser le fil des lames d'outils.
Ces moyens se présentent avantageusement sous la forme de deux languettes monobloc
prélevées chacune dans l'une des lames de guidage et pliées en sens inverse l'une
de l'autre pour former un Vé de redressage.
Selon une autre particularité, la platine de l'appareil d'affilage
comporte une patte monobloc permettant son encastrement amovible dans un support
approprié.
Mais l'invention sera encore illustrée, sans être aucunement limitée,
par la description suivante d'un mode de réalisation particulier, donné uniquement
à titre d'exemple et représenté sur les dessins annexés dans lesquels :
- la figure 1 est une vue en perspective d'un appareil d'affilage conforme à la
présente invention ;
- la figure 2 est une vue agrandie, en perspective, du Vé de redressage aménagé
au niveau de l'extrémité inférieure des lames de guidage ;
- la figure 3 est une vue agrandie, en perspective, des deux broches d'affilage
montées sur leur support ;
- la figure 4 est une vue de face de l'appareil illustré sur la figure 1 ;
- la figure 5 est une vue en coupe selon 5-5 de la figure 4 ;
- la figure 6 est une vue de dessus de l'un des éléments supports d'une broche
d'affilage, représenté isolément ;
- la figure 7 est une vue en coupe selon 7-7 de la figure 6 ;
- la figure 8 est une vue en coupe selon 8-8 de la figure 7 ;
- la figure 9 est une vue de dessus de l'autre élément support de broche d'affilage,
représenté isolément ;
- la figure 10 est une vue en coupe selon 10-10 de la figure 9 ;
- la figure 11 est une vue en coupe selon 11-11 de la figure 10 ;
- la figure 12 est une vue de face de l'appareil d'affilage illustré sur la figure
1, avec une lame de couteau positionnée entre les lames de guidage.
L'appareil d'affilage illustré sur les figures 1 à 5 est constitué
d'une platine en métal 1 dans la zone médiane de laquelle est aménagée une ouverture
2 qui débouche vers le haut.
Dans la partie supérieure de cette ouverture 2, la platine 1 est équipée
de deux structures rapportées 3 et 4 constituant des supports, d'une part pour
un couple de lames plates 6, 8 destinées à guider la lame de l'outil que l'on
désire affiler, et d'autre part pour deux broches d'affilage 10, 12 qui se croisent
juste devant lesdites lames de guidage 6, 8.
Le support 3 est illustré isolément sur les figures 6 à 8, et le support
4 sur les figures 9 à 11 ; ces supports 3 et 4 ont tous les deux la même structure
générale, mais le support 3 est légèrement plus court, de manière à permettre
l'imbrication des deux broches d'affilage 10, 12, comme on le verra plus loin.
Chaque support 3, 4 est en forme générale de U comprenant une embase 14, une aile
arrière 16 et une aile avant 18. Ils s'étendent perpendiculairement au plan de
la platine 1, en saillie vers l'avant, fixés par soudage de leur aile arrière 16
sur ladite platine 1 le long des bordures de l'ouverture 2.
Sur les figures 7 et 10, on remarque la présence d'une échancrure 20 aménagée dans
l'aile arrière 16, qui facilite le positionnement correct des supports 3 et 4 sur
une forme complémentaire d'encastrement découpée dans la platine 1, avant la solidarisation
par soudage.
L'embase 14 des supports 3 et 4 comporte un orifice taraudé 22 qui permet la fixation
amovible des lames plates 6 et 8 au moyen d'une vis 24, 26 (figure 4).
Les deux lames plates 6 et 8 sont réalisées par exemple en inox ressort
chromé ; elles sont disposées en vis-à-vis et elles s'étendent perpendiculairement
au plan de la platine 1. Ces lames 6, 8 comportent chacune un retour d'extrémité
en L 28 qui permet leur fixation sur les supports 3 et 4 au moyen des vis 24, 26
; à partir de ce retour en L 28, les deux lames 6 et 8 prennent chacune la forme
d'un dièdre pour constituer ensemble un premier Vé évasé 30 dans la partie supérieure
de l'ouverture 2, suivi d'un second Vé resserré 32, dans la partie inférieure de
ladite ouverture.
Les bordures inférieures 34 et 36 des deux lames 6 et 8 viennent en contact l'une
avec l'autre pour former un système de guidage autoserrant.
Juste au-dessus de leur bordure inférieure 34 et 36, les deux lames
6 et 8 comportent des découpes internes décalées 38 et 40 (figure 2) qui forment
des languettes monobloc pliées en sens inverse l'une de l'autre pour constituer
un Vé 42 permettant le redressage du fil de la lame d'outil, dans un alignement
parfait.
L'angle que forment entre elles les deux languettes 38 et 40 est de l'ordre de
40°.
Chaque languette monobloc 38, 40 est associée à une ouverture latérale
permettant l'encastrement de la languette homologue.
Les deux broches d'affilage 10 et 12 sont réalisées en fil métallique,
par exemple en fil d'inox ressort chromé. Elles sont constituées d'une tige conformée
en U, comportant deux bras parallèles 48, 50, solidaires à l'une de leurs extrémités
52 et dont les extrémités libres comportent des retours monobloc à l'équerre 54,
56, illustrés en pointillés sur la figure 5, qui viennent s'emmancher dans des
orifices appropriés 58, 60 aménagés dans l'aile avant 18 des supports 3 et 4.
Cet encastrement des retours 54 et 56 dans les orifices 58 et 60 autorise l'articulation
des broches 10 et 12 sur leur support respectif 3, 4, autour d'axes perpendiculaires
à la platine support 1.
Les orifices 58 et 60 s'étendent perpendiculairement au plan de la
platine 1 et ils traversent de part en part l'aile avant 18 des supports 3 et 4.
Les deux orifices 58 et 60 sont désaxés pour obtenir un système de
rappel élastique des broches 10 et 12 par un effet de torsion des deux bras parallèles
48 et 50. Le positionnement des retours 54, 56, et celui des deux orifices d'accueil
58, 60 est adapté pour obtenir les caractéristiques de rappel élastiques désirées.
Au repos, les deux bras 48 et 50 des broches 10 et 12 sont parallèles, et l'un de
ces bras a une longueur un peu plus importante que l'autre pour désaxer les deux
retours 54 et 56 afin de permettre leur encastrement dans les orifices 58, 60.
Ces retours 54, 56 sont orientés en sens inverse l'un de l'autre pour que les deux
bras parallèles 48, 50 des broches 10, 12 se positionnent de part et d'autre des
ailes avant 18 des supports 3 et 4, ce positionnement étant possible grâce à l'élasticité
de la liaison d'extrémité 52 desdites broches. Les retours 54 et 56 sont simplement
emmanchés dans les orifices 58 et 60, libres de rotation et amovibles.
Les deux broches d'affilage 10 et 12 sont montées imbriquées l'une
dans l'autre de la manière illustrée sur les figures 1, 3 et 5 pour optimiser les
opérations d'affilage, et aussi pour limiter l'encombrement de l'appareil. Cette
imbrication est ici réalisée grâce à une légère différence de longueur des supports
3 et 4.
Sur les figures 1, 3 et 5, on remarque la forme générale courbe des
deux broches 10 et 12, qui permet de conserver entre elles un angle de l'ordre
de 40°, quelle que soit la profondeur de pénétration de la lame d'outil.
Au repos, les deux broches d'affilage 10 et 12 sont en position haute,
leur extrémité étant bloquée par des structures de butées 62 aménagées sur les
côtés de la platine 1. Ces butées 62 peuvent être réalisées monobloc, par pliage
des parties latérales de la platine 1 ; elles peuvent aussi être constituées d'éléments
indépendants, rapportés et fixés par tout moyen approprié. Aux extrémités des butées
62, on remarque la présence d'une petite découpe 64 (figures 1 et 4) structurée
pour former une jauge de contrôle permettant à l'opérateur de vérifier l'usure
de la pointe de son couteau.
Au repos, on remarque que les deux broches d'affilage 10 et 12 se
croisent juste en dessous du niveau de transition entre le Vé évasé 30 et le Vé
resserré 32 des lames de guidage 6 et 8.
La platine support 1 a une forme générale triangulaire ; elle peut
comporter des ouvertures internes 66 de part et d'autre de l'ouverture débouchante
2, qui permettent d'alléger son poids.
En partie inférieure, la platine 1 est munie d'une patte monobloc 68 qui permet
l'encastrement amovible de l'appareil d'affilage dans un support approprié, fixé
sur le poste de travail. L'appareil peut ainsi très facilement être enlevé de son
support, en particulier en vue de son nettoyage ou désinfection.
Une découpe interne 70 aménagée dans la patte monobloc 68 permet encore d'alléger
le poids de l'appareil.
Comme cela apparaît sur la figure 12, une fois l'appareil positionné
verticalement sur son support (non représenté), l'opérateur place la lame d'outil
72 qu'il désire affiler entre les deux lames 6 et 8 qui forment un guidage autoserrant.
S'il désire utiliser le Vé de redressage 42 formé par les deux languettes monobloc
38 et 40, il exerce une pression verticale sur l'outil, suffisante pour que sa
lame atteigne ledit Vé 42 en écartant les deux broches 10, 12 ; l'opérateur peut
alors exercer les mouvements de va-et-vient adaptés pour « travailler » le fil
de la lame d'outil, d'une manière similaire ou apparentée au travail classique
par un fusil « rugueux ».
La lame d'outil est alors guidée par le Vé autoserrant 32 des lames de guidage
6, 8 qui assure un angle de travail parfait.
Les deux broches d'affilage 10 et 12 sont ensuite utilisées pour assurer
la finition de l'opération d'affilage, c'est-à-dire pour « brunir » ou lisser la
lame d'outil, comme on peut le faire de manière classique au moyen d'un fusil
« lisse ».
L'opérateur effectue alors des mouvements de va-et-vient de la lame d'outil sur
les deux broches d'affilage 10, 12, en exerçant une pression juste suffisante
pour ne pas atteindre le Vé de redressage 42.
Les deux broches d'affilage 10 et 12 s'apparentent à des barres de torsion mobiles
en forme d'arcs et elles permettent de conserver entre elles, et quelle que soit
la profondeur de pénétration de la lame d'outil dans le Vé resserré 32, le bon
angle d'attaque permettant d'optimiser le travail sur le fil de la lame.
Le mouvement vers le bas de la lame d'outil est limité par la présence
du Vé de redressage 42 et il n'est donc pas nécessaire de prévoir des structures
de butées basses pour les deux broches d'affilage 10 et 12. En tout état de cause,
les deux broches 10 et 12, imbriquées l'une dans l'autre, ne peuvent pas s'écarter
l'une de l'autre en partie inférieure.
Les deux broches d'affilage 10 et 12 comportent intrinsèquement leurs
propres moyens de rappel élastiques, ce qui simplifie la structure de l'appareil.
En outre, ces deux broches peuvent très facilement être démontées et remontées
de leur support, en particulier pour les opérations de remplacement suite à une
détérioration, ou simplement pour leur nettoyage.
L'appareil conforme à la présente invention a une structure générale
relativement simple et il est très complet puisqu'il propose deux ensembles associés
qui permettent de travailler différemment le fil des lames d'outils.
Le mode de réalisation qui vient d'être décrit est intégralement réalisé
en métal. Bien entendu certaines parties, et notamment la platine 1 ainsi que les
structures supports rapportées 3 et 4 pourraient être obtenues en matière plastique
moulée ; dans ce dernier cas, la fixation des structures supports 3 et 4 sur la
platine en matière plastique peut être obtenue au moyen de vis adaptées.