L'invention concerne un déclencheur électronique
sélectif associé à un disjoncteur et comportant :
- des moyens de mesure du courant traversant le disjoncteur,
- des moyens de traitement, connectés aux moyens de mesure du courant et
comportant des moyens de détermination d'une grandeur représentative de
la valeur crête du courant, des moyens de comparaison de ladite grandeur à
un seuil de déclenchement instantané, de manière à fournir un
signal de déclenchement instantané lorsque ladite grandeur dépasse
ledit seuil.
Les déclencheurs électroniques connus comportent
une unité de traitement, généralement à microprocesseur, effectuant
notamment des fonctions de déclenchement long retard, court retard et instantané.
Pour assurer la sélectivité entre deux disjoncteurs connectés en
série ou en cascade, il est connu de prévoir un calibre élevé
pour le disjoncteur amont et un calibre plus bas pour le disjoncteur aval. Dans
ce cas la sélectivité en déclenchement instantané est du type
ampèremètrique, le seuil de déclenchement instantané du disjoncteur
aval étant inférieur à celui du disjoncteur amont.
Il est également connu d'utiliser une sélectivité
de type chronométrique entre deux disjoncteurs. Dans ce cas le déclencheur
du disjoncteur amont a une temporisation de déclenchement instantané supérieure
au temps de déclenchement instantané du déclencheur du disjoncteur
aval.
Ces deux types de sélectivité ne sont pas toujours
efficaces lorsque des courants de court-circuit sont très élevés
car des seuils de courant importants sont atteints dans les deux disjoncteurs et
une temporisation trop longue du déclencheur associé risque d'user prématurément
les contacts du disjoncteur amont.
Pour réduire ces inconvénients on a proposé,
notamment dans le document
EP-A-128084
, un déclencheur sélectif comportant un compteur permettant de
compter les cycles successifs d'ouverture et de fermeture des contacts du disjoncteur
en cas de court-circuit.
On a également proposé, notamment dans le document
EP-A-872939
, d'inhiber un ordre de déclenchement instantané si des répulsions
sont détectées pour des courants primaires inférieurs à un seuil
prédéterminé.
Un autre type de déclenchement instantané sélectif,
qui sera décrit plus en détail au regard des figures 3 et 4, utilise une
temporisation lorsque le courant a dépassé un premier seuil, bas, et un
second seuil, plus élevé, après cette temporisation.
Dans tous les déclencheurs sélectifs connus,
il est en pratique nécessaire d'attendre au moins deux crêtes du courant
de court-circuit avant de prendre une décision de déclenchement instantané.
Ceci conduit à une usure préjudiciable des contacts du disjoncteur.
L'invention a pour but un déclencheur sélectif
ne possédant pas ces inconvénients. Le déclencheur sélectif
selon l'invention doit être plus rapide que les déclencheurs sélectifs
connus, tout en assurant la sélectivité avec un disjoncteur aval, de manière
à réduire au maximum l'usure des contacts en cas de court-circuit.
Ce but est atteint par le fait que les moyens de traitement
comportent des moyens de détermination d'une seconde grandeur, représentative
du temps nécessaire au courant pour atteindre la valeur crête, et des
moyens de détermination du seuil de déclenchement instantané selon
une fonction décroissante de la seconde grandeur.
Selon un développement de l'invention le seuil de
déclenchement instantané varie en fonction de la seconde grandeur selon
une courbe disposée entre des première et seconde courbes représentatives
d'enveloppes des valeurs crête du courant, dont la première est obtenue
lorsque le disjoncteur associé n'est pas connecté en série avec un
autre disjoncteur disposé en aval et dont la seconde est obtenue lorsque le
disjoncteur associé est connecté en série avec un autre disjoncteur
disposé en aval. Les première et seconde courbes sont, de préférence,
déterminées expérimentalement.
Le déclencheur selon l'invention permet ainsi de ne
pas ouvrir inutilement le disjoncteur associé lorsqu'il est disposé en
série avec un disjoncteur aval. Par contre, en l'absence de disjoncteur aval,
l'absence de celui-ci est détectée en moins d'une demi-période du
courant, ce qui permet de minimiser l'effet destructeur de la répulsion des
contacts en cas de court-circuit.
D'autres avantages et caractéristiques ressortiront
plus clairement de la description suivante de modes particuliers de réalisation,
donnés à titre d'exemples non limitatifs et représentés aux
dessins annexés sur lesquels :
- La figure 1 représente, sous forme de schéma-bloc, un déclencheur
de type connu dans lequel l'invention peut être mise en oeuvre.
- La figure 2 illustre schématiquement un mode particulier de réalisation
d'une installation électrique comportant des disjoncteurs en série et
dans laquelle le déclencheur selon l'invention peut être utilisé.
- Les figures 3 et 4 illustrent le fonctionnement d'un déclencheur instantané
sélectif, de type connu, utilisant une temporisation.
- Les figures 5 et 6 représentent les variations, en fonction du temps, du
courant primaire Ip (en traits pleins) pour deux valeurs différentes du courant
présumé du court- circuit (en traits pointillés), dans un disjoncteur
de type connu ayant un certain pouvoir de limitation.
- La figure 7 représente deux familles de courbes représentatives des
variations, en fonction du temps, du courant primaire Ip, mesuré expérimentalement
dans un disjoncteur seul (en pointillés) et, respectivement, connecté
en série avec un autre disjoncteur disposé en aval (en traits pleins).
- La figure 8 représente, en fonction de l'instant tc d'apparition de la
première crête du courant Ip, les enveloppes E1 et E2 des valeurs crête
de deux familles de courbes, respectivement avec un disjoncteur isolé et avec
deux disjoncteurs en série, ainsi qu'une courbe E3 représentative du seuil
de déclenchement instantané selon l'invention.
- Les figures 9 à 12 illustrent divers modes de réalisation de la courbe
représentative de la valeur S du seuil de déclenchement instantané
selon l'invention en fonction du temps tc nécessaire au courant pour atteindre
la valeur crête.
- La figure 13 représente les variations, en fonction du temps, du courant
I mesuré dans le déclencheur selon l'invention.
- La figure 14 est une variante de la figure 13 dans laquelle le déclencheur
réalise une mesure du courant I par échantillonnage.
- Les figures 15 et 16 illustrent deux variantes d'un organigramme de traitement
pouvant être utilisé dans un déclencheur selon l'invention.
- Les figures 17 et 18 représentent deux modes de réalisation particuliers,
de type connu, d'un capteur de courant pouvant être utilisé dans un déclencheur
selon l'invention.
Sur la figure 1, des contacts 1 d'un disjoncteur permettent
d'interrompre la circulation du courant dans les conducteurs d'un réseau électrique
2, triphasé dans le mode de réalisation particulier représenté.
Un déclencheur électronique associé au disjoncteur comporte une unité
de traitement 3 connectée à des capteurs de courant 4a, 4b et 4c fournissant
des signaux représentatifs des courants primaires circulant dans les conducteurs
du réseau. L'unité de traitement 3 peut réaliser diverses fonctions
de déclenchement et fournit, le cas échéant, un signal de déclenchement
à un relais 5 d'ouverture des contacts 1 du disjoncteur associé.
L'unité de traitement 3 représentée à
la figure 1 comporte un circuit de traitement 6, de préférence à
microprocesseur, recevant des signaux I représentatifs des courants mesurés,
éventuellement par l'intermédiaire d'un circuit de mise en forme 7. Ce
dernier assure notamment le redressement des signaux fournis par les capteurs de
courant.
L'unité de traitement comporte également un circuit
d'alimentation 8 qui fournit au circuit de traitement une tension d'alimentation
Vcc adaptée. Dans le mode de réalisation représenté à la
figure 1, le déclencheur est à propre courant, c'est-à-dire que le
circuit d'alimentation 8 est alimenté par les capteurs de courant 4a à
4c, par l'intermédiaire du circuit de mise en forme 7. L'alimentation Vcc disparaît
après ouverture du disjoncteur.
L'installation électrique représentée à
la figure 2 comporte un premier disjoncteur 9, ou disjoncteur amont, connecté
à une ligne principale 10 et alimentant une ligne secondaire 11, elle-même
connectée à deux disjoncteurs avals 12 et 13.
Si un court-circuit se produit sur une ligne 14 alimentée
par un disjoncteur aval, le disjoncteur 12 sur la figure 2, le disjoncteur amont
9 détecte le défaut. Cependant il doit avoir un comportement sélectif
et, dans ce cas, ne doit pas déclencher immédiatement. En effet, le disjoncteur
aval 12 détecte également le défaut, s'ouvre et annule le courant
du court-circuit. Le disjoncteur amont 9, sélectif, ne détecte plus de
défaut, ne déclenche pas, et continue à alimenter d'autres disjoncteurs
ou appareils, comme le disjoncteur 13.
Un court-circuit se produisant sur la ligne 11, alimentée
directement par le disjoncteur amont 9, est détecté uniquement par le
disjoncteur amont 9. Dans ce cas, le disjoncteur amont 9 doit déclencher le
plus rapidement possible.
Dans l'art antérieur, la sélectivité du
disjoncteur amont est assurée, par exemple, par un déclencheur sélectif,
associé au disjoncteur amont et utilisant une temporisation. Le fonctionnement
d'un tel déclencheur va être décrit succinctement au regard des figures
3 et 4.
Le circuit de traitement 6 du déclencheur sélectif
compare le courant I à un seuil bas Sb. Lorsque ce seuil est atteint, à
un instant t1 (fig.3), un signal A de temporisation change de valeur. A titre d'exemple,
le signal A passe de 0 à 1 à l'instant t1 sur la figure 4. Le signal A
garde cette valeur, 1, pendant une durée de temporisation prédéterminée
T puis repasse à sa valeur initiale, 0, à un instant t2. Dans un mode
de réalisation préférentiel, la temporisation a une durée T
= 8,125 ms, pour un réseau à 50 Hz.
Pendant toute la durée de la temporisation, le déclencheur
sélectif ne peut déclencher. Par contre, ceci permet à un disjoncteur
aval, s'il existe, d'éliminer un défaut pendant ce temps. A la fin de
la temporisation, le déclencheur sélectif compare le courant I à
un seuil haut Sh>Sb. Si un disjoncteur aval a éliminé le défaut
pendant la durée de la temporisation, avant l'instant t2, le courant I mesuré
par le déclencheur sélectif ne dépasse pas le seuil Sh. Par contre,
le défaut peut ne pas avoir été éliminé à l'instant
t2, soit parce qu'il n'y a pas de disjoncteur aval, soit en raison d'un mauvais
fonctionnement de celui-ci, soit parce que le défaut n'affecte pas le disjoncteur
aval (court-circuit sur la ligne 11 de la figure 2 par exemple). Dans ce cas, comme
représenté à la figure 3, le courant I dépasse le seuil haut
Sh et le déclencheur sélectif provoque l'ouverture du disjoncteur amont.
Le déclenchement du disjoncteur amont a ainsi été retardé et
ce retard, qui est par exemple de l'ordre de 14 ms, provoque une usure du disjoncteur.
Le courant de défaut traversant le disjoncteur amont n'est jamais coupé
avant d'avoir atteint deux fois sa valeur crête. En pratique, en fonction notamment
de la fréquence d'échantillonnage, il est même souvent nécessaire
d'attendre 3 passages par la valeur crête avant ouverture du disjoncteur amont.
L'invention est destinée à supprimer cet inconvénient.
Le déclencheur sélectif selon l'invention doit être capable de ne
pas déclencher si le disjoncteur aval est présent et de déclencher
très rapidement, en moins d'une demi-période si le disjoncteur aval est
absent, de manière à minimiser l'effet destructeur de la répulsion
des contacts du disjoncteur amont et à augmenter le nombre de coupures réalisables
par ce disjoncteur.
L'invention prend en compte certaines particularités
du courant primaire traversant le disjoncteur amont en cas de court-circuit.
On sait qu'en cas de court-circuit un disjoncteur a un
certain pouvoir de limitation, plus ou moins important selon le type de disjoncteur.
Les figures 5 et 6 illustrent les variations, en fonction du temps, du courant primaire
Ip pour deux valeurs différentes du courant présumé de court-circuit.
Sur la figure 5, un courant présumé de court-circuit de 150kAeff (en pointillé)
donne un courant limité ayant une valeur crête de 35 kA et une durée
de 3ms. Par contre, sur la figure 6, un courant présumé de court-circuit
inférieur au précédent, par exemple de 100 kAeff (en pointillé)
engendre un courant limité ayant une valeur crête de 30 kA, légèrement
inférieure à la précédente, et une durée de 6 ms, supérieure
à la précédente.
La figure 7 représente deux familles de courbes obtenues
expérimentalement et représentant les variations, en fonction du temps,
du courant primaire Ip dans un disjoncteur en cas de court-circuit. La première
famille de courbes, en pointillés, correspond à un disjoncteur isolé.
La seconde famille de courbes, en traits pleins, correspond au courant primaire
traversant le disjoncteur amont lorsqu'un disjoncteur aval, avec lequel il est connecté
en série, est traversé par le courant de court-circuit, ce qui entraîne
une répulsion des contacts du disjoncteur aval, de calibre inférieur au
disjoncteur amont, et une limitation du courant de court-circuit traversant les
deux disjoncteurs. A l'intérieur de chaque famille de courbes, les différentes
courbes sont obtenues pour différentes valeurs du courant de court-circuit
présumé et, comme sur les figures 5 et 6, la durée du courant primaire
augmente lorsque l'amplitude de la première crête du courant décroît.
On observe également que, pour un même courant
présumé de court-circuit, la première crête arrive plus rapidement
lorsque le disjoncteur aval a répulsé (traits pleins) que lorsque l'appareil
amont est seul (en pointillé). Sur la figure 7 on a représenté en
gras les enveloppes des valeurs crête des deux familles de courbes.
Des essais ont été réalisés en modifiant,
pour chaque famille de courbes, d'une part le courant présumé de court-circuit
et, d'autre part, l'angle d'enclenchement de l'essai, de manière à prendre
en compte les différents cas de figures envisageables pour un court-circuit
(amplitude, court-circuit symétrique, asymétrique...). On peut, de cette
façon, tracer pour chaque disjoncteur les enveloppes des valeurs crête
Ic de deux familles de courbes, en fonction de l'instant tc d'apparition de la première
crête de courant. Sur la figure 8, la courbe E1 correspond à une enveloppe
obtenue avec un disjoncteur isolé et la courbe E2 à une enveloppe obtenue
avec des disjoncteurs amont et aval en série. A un instant tc1 d'apparition
de la première crête sont ainsi associées deux valeurs de l'amplitude
Ic du courant crête, une première valeur Ic1 correspondant au cas où
le disjoncteur est isolé (courbe E1) et une seconde valeur Ic2 correspondant
au cas où le disjoncteur est en série avec un disjoncteur aval (courbe
E2). A chaque instant tc1 d'apparition de la première crête, la seconde
valeur Ic2 est inférieure à la première valeur Ic1.
L'invention utilise cette propriété pour permettre
au déclencheur sélectif de différencier, lors d'un court-circuit,
le cas où le disjoncteur associé est isolé du cas où il est
en série avec un disjoncteur aval et adapter en conséquence sa stratégie
de déclenchement instantanée.
Dans ce but on définit un seuil de déclenchement
instantané S qui est une fonction décroissante de l'instant tc d'apparition
de la crête du signal de courant. Sur la figure 8, une courbe E3 représente
cette fonction S(tc). La courbe E3 est disposée entre les courbes E1 et E2.
Ainsi à chaque valeur (tc1) de l'instant d'apparition de la première crête
correspond une valeur de seuil (S1) comprise entre les valeurs associées (Ic1,
Ic2) des courbes E1 et E2 : Ic2 <S1 <Ic1.
L'écart entre les courbes E1 et E2 est d'autant plus
important que les calibres des disjoncteurs sont différents. Cet écart
augmente également avec le pouvoir de limitation du disjoncteur aval. En effet,
plus celui-ci a un pouvoir de limitation élevé, plus les valeurs crête
correspondantes sont basses. Un écart optimal est obtenu avec une disjoncteur
aval ayant un très bon pouvoir de limitation, un disjoncteur amont sans pouvoir
de limitation, le calibre du disjoncteur amont étant au moins le double du
calibre du disjoncteur aval.
Les valeurs Ic sont représentatives des valeurs crête
des courants primaires. Le déclencheur sélectif utilise, en pratique,
de manière très classique, les valeurs mesurées par les capteurs
de courant.
Selon un premier mode de réalisation de l'invention,
la fonction S(tc) est une fonction en escalier, comme représenté aux figures
9 et 10. Ce type de fonction est plus particulièrement adapté à une
mise en mémoire sous forme de tables dans un déclencheur à microprocesseur.
Sur la figure 9, deux courbes S(tc) sont représentées,
la courbe E3b étant décalée temporellement par rapport à la
courbe E3a. La courbe E3a est utilisée dans les déclencheurs à propre
courant (fig.1) dans lesquels l'alimentation du circuit de traitement n'est assurée
que par l'intermédiaire des capteurs de courant, c'est-à-dire lorsque
l'unité de traitement n'est pas alimentée au préalable. La courbe
E3b est utilisée dans le cas où le déclencheur est toujours alimenté
(alimentation préalable de l'unité de traitement) par exemple par l'intermédiaire
d'une alimentation auxiliaire (ou alors quand le disjoncteur fonctionnait déjà
au courant nominal au moment du court-circuit).
Sur la figure 10, une courbe E3d est décalée
en amplitude par rapport à une courbe E3c.
A titre d'exemple, la courbe E3c est utilisée dans un déclencheur associé
avec un disjoncteur de calibre 250 A, tandis que la courbe E3d est associée
à un disjoncteur de calibre plus élevé, par exemple de 630 A. Pour
une même valeur de l'instant tc, le seuil correspondant à la courbe E3d
est supérieur au seuil correspondant à la courbe E3c.
Il est possible de prévoir une pluralité de tables
dans le déclencheur sélectif, correspondant aux diverses options possibles
(avec ou sans alimentation préalable, différents calibres) et de valider
l'option choisie dans le déclencheur lors de son installation.
Selon un autre mode de réalisation de l'invention
(fig.11), la fonction S(tc) peut être constituée par une pluralité
de segments de droites de pentes différentes. Comme sur les figures 9 et 10,
cette fonction peut être décalée temporellement ou en amplitude en
fonction des diverses options possibles.
Il en va de même dans le mode de réalisation
de la figure 12 dans lequel la fonction S(tc) est obtenue à partir d'une fonction
mathématique.
Le fonctionnement d'un mode particulier de réalisation
d'un déclencheur selon l'invention va être explicité ci-dessous,
au regard de la figure 13, qui représente les variations, en fonction du temps,
du courant 1 fourni au circuit de traitement 6 du déclencheur (en l'absence
de déclenchement).
Dans ce mode particulier de réalisation, le circuit
de traitement compare le courant 1 à un seuil bas Sb. Dès que ce seuil
est atteint (instant t3), le déclencheur initialise le comptage du temps Tc
nécessaire au courant I pour atteindre sa première valeur crête Ic
(instant t4). En utilisant une courbe S(tc) prédéterminée du type
défini ci-dessus, le déclencheur adapte en conséquence le seuil de
déclenchement instantané à une valeur S(Tc). Si, à l'instant
t4, le courant Ic dépasse le seuil S(Tc), le disjoncteur associé est considéré
comme isolé et un ordre de déclenchement est immédiatement produit.
Par contre si, à l'instant t4, le courant Ic reste inférieur au seuil
S(Tc), alors, le déclencheur considère que le disjoncteur associé
est connecté en série avec un disjoncteur aval et ne déclenche pas,
le disjoncteur aval éliminant alors le défaut.
Ainsi, en l'absence du disjoncteur aval, il n'y a pas de
temporisation du déclenchement du disjoncteur isolé et une diminution
de l'usure de celui-ci. La décision de non-temporisation étant prise dès
la première crête du signal (t4), le nombre de coupures sur court-circuit
pouvant être réalisées par un disjoncteur peut passer de 2 ou 3 dans
l'art antérieur à 6 à 9 avec le déclencheur sélectif selon
l'invention.
Selon un mode de réalisation préférentiel,
le circuit de traitement du déclencheur réalise une mesure du courant
par échantillonnage comme représenté à la figure 14. Le courant
est échantillonné avec une période d'échantillonnage prédéterminée
Te.
Selon l'organigramme de la figure 15, le traitement commence
par une étape F1 d'initialisation, pendant laquelle la grandeur Tc, représentative
du temps nécessaire au courant pour atteindre la valeur crête, est mise
à zéro. Puis le circuit de traitement effectue (F2) une mesure d'un échantillon
de courant. Il compare ensuite (F3) l'amplitude de cet échantillon au seuil
bas Sb. Si cette amplitude est inférieure ou égale à Sb (sortie non
de F3), le circuit repasse à l'étape F2. Si le seuil Sb a été
atteint (sortie oui de F3), le circuit de traitement incrémente (F4) la valeur
de Tc : Tc = Tc + 1. Ainsi lorsque l'amplitude d'un premier échantillon (I1
sur la figure 14) excède le seuil Sb, la grandeur Tc prend la valeur 1. Puis
le circuit de traitement détermine (F5) la valeur S(Tc) du seuil associé
à cette valeur de Tc. Il examine ensuite (F6) si la crête est atteinte.
Si ce n'est pas le cas (sortie non de F6), il effectue (F7) une nouvelle mesure
de I, avant de retourner à l'étape F4. A chaque nouvel échantillon,
la grandeur Tc est incrémentée et le seuil correspondant déterminé.
Lorsque la crête est atteinte (sortie oui de F6), le circuit de traitement
compare le dernier échantillon au seuil S(Tc). Si le seuil n'est pas dépassé
(sortie non de F8), le traitement est terminé, le court-circuit étant
traité par le disjoncteur aval. Par contre, si le seuil est dépassé
(sortie oui de F8), le circuit de traitement provoque (F9) le déclenchement
du disjoncteur.
Dans la variante représentée à la figure
16, l'étape F5 est supprimée et remplacée par une étape équivalente,
F10, intercalée entre les étapes F6 et F8. Ainsi, dans le premier mode
de réalisation, le seuil est adapté en permanence à la dernière
valeur de la grandeur Tc mesurée. Par contre, dans le second mode de réalisation,
le seuil n'est déterminé que lorsque la crête a été atteinte,
ce qui minimise le temps de traitement à chaque échantillon.
Dans un mode de réalisation préférentiel,
la crête est considérée comme atteinte lorsque la valeur du courant
redescend, c'est-à-dire lorsque l'amplitude du dernier échantillon est
inférieure à celle de l'échantillon précédent. Sur la figure
14, l'amplitude du 5ième échantillon (I5) est inférieure
à celle du précédent (I5 < I4). La crête
est donc considérée comme atteinte lorsque la grandeur Tc est égale
à 5, ce qui est représentatif de 5 fois la période Te d'échantillonnage.
Le seuil correspondant à cette durée est alors utilisé pour prendre
une éventuelle décision de déclenchement instantané.
Pour que les résultats obtenus soient fiables il faut
que le courant fourni par un capteur soit représentatif du courant primaire.
Plus la rémanence du capteur est faible et moins il sature, plus les résultats
sont fiables. Les figures 17 et 18 représentent deux types de capteur de courant
de type connu répondant de manière satisfaisante à ces conditions.
Le capteur de courant selon la figure 17 est un capteur
linéaire. Il comporte un circuit magnétique et un enroulement secondaire
constitué par une bobine 16. Le circuit magnétique, constitué généralement
de tôles empilées, entoure le conducteur 17 du réseau où circule
le courant primaire à mesurer. Une partie 18 du circuit magnétique 15
passe au centre de l'enroulement secondaire et forme le noyau de la bobine 16.
Le mode de réalisation préférentiel du capteur
de courant, représenté à la figure 18 est un capteur fer à effet
shunt du type décrit dans le document
EP-A-704867
. Il comporte un shunt magnétique 19, mis en dérivation sur le
noyau magnétique de l'enroulement secondaire et comportant un entrefer 20.
Un tel capteur de courant présente notamment une rémanence inférieure
à celle des autres types de capteur, ce qui le rend plus fiable pour la mesure
de la première crête.
L'invention n'est cependant pas limitée à un
type particulier de capteur de courant. D'autres types de capteur de courant linéaire
peuvent notamment être utilisés. A titre d'exemple on peut utiliser des
capteurs de courant Air, des capteurs Fer, des capteurs à effet Hall...
L'invention s'applique aussi bien à un réseau
monophasé que polyphasé. Dans ce dernier cas, le traitement est effectué
séparément pour chaque phase.
Le seuil bas Sb (figures 13 et 14) est de préférence
différent de zéro. Les courbes S(tc) sont adaptées pour tenir compte
de la valeur de Sb choisie