L'invention concerne un rotor d'épareuse et un procédé
d'équilibrage de la masse dudit rotor.
L'entretien des talus de routes, de chemins de fer, de
canaux et des accotements en général est réalisé avec des épareuses.
Ce type de machine comporte une tête de coupe mobile portée par un bras
orientable et supportée par un véhicule, lequel véhicule pouvant
être par exemple un tracteur.
La tête de coupe déportée des épareuses,
tout comme l'outil déporté d'autres machines, doit pouvoir suivre précisément
la surface de travail et esquiver les obstacles lorsqu'ils se présentent pour
ne pas bloquer la machine dans son avancée et ne pas endommager les outils
de travail. En raison de ces différentes contraintes l'outil de coupe de l'épareuse
et l'ensemble déporté doivent être aussi léger que possible,
ce qui induit des matériaux résistants mais légers et des éléments
configurés de manière optimale.
L'épareuse comporte une tête de coupe constituée
principalement par un rotor muni de fléaux ou de marteaux, un rouleau palpeur,
un moteur hydraulique et une carcasse supportant les différents éléments
et reliée au véhicule porteur.
Afin de déchiqueter les branchages, les buissons et
couper les végétaux, le rotor inséré dans la tête de coupe
fonctionne en rotation très rapide, ce rotor est généralement de
petit diamètre.
En fonctionnement le rotor de l'épareuse, comme tous
les éléments en rotation rapide, doit être assez précisément
équilibré afin que les vibrations et les déformations induites par
les balourds n'entraînent pas des dommages, voire même la destruction,
de la tête de coupe.
Il est donc nécessaire de prévoir, lors de la
fabrication de la machine, un équilibrage du rotor afin que l'épareuse
puisse être utilisée durablement de manière optimale. De même,
si les outils de coupe sont remplacés ou si des modifications susceptibles
de modifier la répartition des masses sur le rotor sont effectuées, un
nouvel équilibrage peut s'avérer nécessaire.
La difficulté et le problème à résoudre
résident dans le fait d'ajouter des masses d'équilibrage sur le rotor
de l'épareuse de manière à obtenir un résultat satisfaisant,
c'est à dire un équilibrage aussi précis que possible.
Plusieurs techniques d'addition de masses d'équilibrage
sont connues :
- Il a été essayé l'ajout de masses soudées sur le tube du
rotor.
- Il a aussi été réalisé le clouage d'un support fileté,
avec un cloueur à poudre par exemple, qui permet de visser des masses d'équilibrages.
Après vérifications, ces masses sont solidarisées avec le tube du
rotor par une opération de soudage.
Mais, selon ces deux premières méthodes l'opération
de soudage provoque des balourds :
- D'une part en raison de la dilatation qui empêche une vérification
avant refroidissement.
- D'autre part en raison des retraits de soudure. Ce balourd étant définitif
il doit être ultérieurement corrigé, ce qui nécessite donc une
opération supplémentaire et un temps de travail conséquent.
- Il a aussi été envisagé dans le document
EP 1 297 737 A1
de disposer deux disques sensiblement aux deux extrémités du
rotor, d'un diamètre plus grand que celui du tube du rotor, qui reçoivent
des masses d'équilibrages.
Selon cette troisième méthode les disques sont
proéminents et sont sujets à une usure dégradant l'équilibrage.
Les techniques connues d'équilibrage du rotor de l'épareuse
ne sont donc pas satisfaisantes.
L'invention a donc pour objectif de résoudre les principales
difficultés identifiées en proposant une nouvelle façon d'équilibrer
le rotor des épareuses.
La présente invention concerne un rotor d'épareuse
comprenant un tube sur lequel sont disposées des oreilles permettant le montage
des fléaux utiles pour couper et broyer les végétaux, ledit rotor
d'épareuse étant caractérisé en ce qu'il comporte au moins une
masse d'équilibrage fixée sur au moins une desdites oreilles. Cette masse
d'équilibrage est fixée par soudure sur la partie externe de l'oreille,
hors d'atteinte des fléaux. De préférence, la masse d'équilibrage
est positionnée autour d'un écrou servant à la fixation des fléaux.
L'invention concerne aussi un procédé d'équilibrage
de la masse d'un rotor d'épareuse caractérisé par le fait de placer
au moins une masse d'équilibrage sur au moins une des oreilles. Le procédé
consiste aussi à répartir des masses sur différentes oreilles en
fonction de l'équilibrage à réaliser.
Les principaux avantages du rotor d'épareuse équilibré
selon l'invention et du procédé d'équilibrage sont les suivants :
- Les masses d'équilibrage étant soudées sur les oreilles du rotor
et non sur le tube lui-même, la géométrie dudit tube n'est plus affectée
par l'opération d'équilibrage.
- La localisation de la masse d'équilibrage sur l'oreille étant connue
exactement, le calcul de ladite masse nécessaire pour l'équilibrage peut
être effectué très précisément.
- Du fait du placement des masses sur les oreilles et non plus sur le rotor lui-même,
c'est à dire des masses plus éloignées de l'axe de rotation du rotor,
une plus faible masse totale est nécessaire pour réaliser l'équilibrage.
- Les masses d'équilibrage correspondent à des pièces d'épaisseurs
et de formes variables selon l'ampleur du balourd à corriger, un équilibrage
précis est donc aisément réalisable.
- Un démontage des masses utilisées pour l'équilibrage et une modification
de la répartition de celles-ci sont aisément réalisables, lors d'une
opération de maintenance sur le rotor, par exemple.
D'autres caractéristiques et avantages de l'invention
se dégageront de la description qui va suivre en regard des dessins annexés
qui ne sont donnés qu'à titre d'exemples non limitatifs. Dans ces dessins
:
- La figure 1 est une vue générale d'un rotor d'épareuse comportant
un équilibrage des masses selon l'invention.
- La figure 2 est une vue éclatée montrant le positionnement d'une masse
d'équilibrage sur une oreille du rotor de l'épareuse.
Etant donné la vitesse élevée des rotors
d'épareuse, sensiblement de l'ordre de 3000 tours par minute, il est indispensable
de les équilibrer. Les moyens d'équilibrage ci-après décrits
satisfont à la norme ISO 1940 relative à l'équilibrage des pièces
de machines à broyer et de machines agricoles.
Comme cela ressort de la figure 1, le rotor de l'épareuse
comporte un tube 1 sur lequel sont fixées, régulièrement réparties
sur la périphérie et sur la longueur, des oreilles 2.
Les oreilles 2 agencées par deux servent de supports
pour des outils de coupe tels que des fléaux 3, utilisés par paires dans
cet exemple. Lesdits fléaux 3 sont articulés sur les oreilles 2 pour disposer
d'une certaine liberté de rotation.
La figure 2 montre plus en détail les différentes
composantes permettant la fixation des fléaux 3 sur les oreilles 2 et les moyens
permettant aux fléaux 3 de disposer d'une certaine latitude de mouvement.
Plus précisément deux oreilles 2 disposées
sur le rotor 1 sont percées de manière à permettre le passage d'une
vis 4 servant d'axe de rotation pour les fléaux 3. Ladite vis 4 traverse également
une manille 6 dont les deux branches sont disposées entre les deux oreilles
2, laquelle manille supporte les deux fléaux 3.
Il peut être également envisagé, même
si cela est moins favorable, que la vis 4 serve directement de support pour les
fléaux 3.
Avantageusement, pour limiter l'usure de la vis et la déformation
de la manille 6, il est ajouté une entretoise 7 entre les deux branches de
la manille. Ladite entretoise 7 est coaxiale avec la vis 4.
La vis 4 et donc les fléaux 3 sont maintenus en place
au moyen d'un écrou 5 disposé sur la face extérieure de l'une des
oreilles 2.
Selon l'invention une masse d'équilibrage 8 est disposée
sur une oreille 2. Il a été jugé particulièrement avantageux
de placer ladite masse d'équilibrage 8 autour de l'écrou 5 correspondant.
Elle assure ainsi en plus l'immobilisation en rotation de l'écrou 5, ce qui
permet le démontage de la vis 4 avec une seule clé.
Plusieurs éléments d'équilibrage 8 de même
nature mais de tailles et de masses différentes peuvent être répartis
sur différentes oreilles 2 en fonction des nécessités.
Le positionnement préféré de la masse d'équilibrage
8 est sur la partie externe des oreilles 2, hors d'atteinte des outils de coupe,
de manière à éviter que lors du fonctionnement les fléaux 3,
ne viennent dégrader la pièce.
De manière à positionner précisément
la pièce sur l'oreille 2 la masse d'équilibrage 8 est percée d'une
ouverture hexagonale juste supérieure à la dimension de l'écrou 5.
Une telle ouverture permet un placement exact de la masse d'équilibrage 8 par
rapport à l'axe du tube 1 du rotor et donc une estimation rigoureuse de son
impact sur le moment d'inertie du rotor en fonctionnement, ce qui autorise de fait
une grande précision de calcul de ladite masse à employer pour corriger
un balourd.
La forme globale de la masse d'équilibrage 8 est parallélépipédique,
tel que cela est illustré sur les figures 1 et 2, toutefois n'importe quelle
forme peut être imaginée pour cet élément sans sortir du cadre
de l'invention.
Afin d'éviter un déplacement de la masse d'équilibrage
8 ou un enlèvement accidentel lors d'une opération de maintenance, ce
qui aurait pour conséquence d'annihiler l'équilibrage, cette masse 8 est
avantageusement soudée sur l'oreille 2.
Usuellement l'équilibrage du rotor selon l'invention
nécessite l'emploi de plusieurs masses 8 en fonction des positionnements des
oreilles 2 sur la périphérie du tube 1. Les masses 8 sont donc combinées
selon une décomposition vectorielle pour obtenir le résultat d'équilibrage
souhaité.
De préférence selon l'invention le rotor d'épareuse
comporte au moins deux masses d'équilibrage 8 positionnées sur des oreilles
2 différentes. Le choix desdites oreilles 2 est déterminé par le
calcul pour un équilibrage optimum.
Le total des masses 8 pour l'équilibrage utilisé
sur plusieurs oreilles 2 est généralement situé autour de 300 grammes
par côté d'équilibrage.
La figure 1 présente par exemple deux masses d'équilibrage
8 disposées sur des oreilles 2 voisines.
L'invention concerne aussi le procédé d'équilibrage
de la masse d'un rotor d'épareuse comprenant un tube 1 sur lequel sont disposées
des oreilles 2 permettant le montage des fléaux 3 utiles pour couper et broyer
les végétaux, le procédé étant caractérisé par
le fait de placer au moins une masse d'équilibrage 8 sur au moins une oreille
2. Plus précisément dans le procédé au moins une masse 8 est
soudée sur une oreille 2.
Le procédé consiste aussi à placer des masses
d'équilibrage 8 sur plusieurs oreilles 2 et de répartir lesdites masses
8 sur différentes oreilles 2 en fonction de l'équilibrage à réaliser.
Ladite masse d'équilibrage 8 est avantageusement placée
autour d'un écrou 5 chargé de maintenir la vis 4 en position entre les
deux oreilles 2, laquelle vis 4 sert soit d'axe pour les fléaux 3 soit à
maintenir une manille 6 portant les fléaux 3.
Plusieurs variantes du rotor d'épareuse équilibré
selon l'invention sont possibles quant aux masses 8 employées pour l'équilibrage,
aux matériaux utilisés pour constituer ces masses 8 et à la manière
de fixer lesdites masses 8 sur les oreilles 2 disposées autour du tube 1 du
rotor.
Il peut être envisagé de fixer la masse d'équilibrage
8 de différentes manières sur l'oreille 2. Par exemple, la masse 2 pourrait
se présenter sous la forme d'une vis supplémentaire insérée
dans une ouverture filetée réalisée dans l'oreille 2 et ajustée
en longueur en fonction de la valeur d'équilibrage souhaitée.
Il peut aussi être envisagé de réaliser
une vis 4 plus longue que nécessaire, spécialement prévue pour cette
application, c'est à dire débordant largement de l'écrou 5 et ajustée
en longueur en fonction de la masse souhaitée. Il peut également être
envisagé de placer la masse 8 entre l'écrou 5 et l'oreille 2 sans sortir
du cadre de l'invention.
Même si le fait de souder la masse d'équilibrage
8 est le moyen préféré de fixation sur l'oreille 2, en raison de
l'aspect définitif de l'équilibrage, de nombreuses autres possibilités
techniquement réalisables existent et sont comprises dans l'invention.
Le placement de la masse d'équilibrage 8 est prévu
de préférence autour de l'écrou 5, de manière à favoriser
le positionnement de la pièce et donc l'obtention précise de l'équilibrage
souhaité, cependant d'autres placements sont possibles sans sortir du cadre
de l'invention.
Le nombre de masses d'équilibrage 8 placées sur
des oreilles 2 différentes n'est pas limitatif, pour une simplicité de
mise en oeuvre et des raisons économiques il est toutefois souhaitable de limiter
l'équilibrage à quelques points spécifiques plutôt que d'effectuer
une répartition de la masse corrective sur de nombreux points.
Bien entendu, l'invention n'est pas limitée aux modes
de réalisation décrits et représentés à titre d'exemples,
mais elle comprend aussi tous les équivalents techniques ainsi que leurs combinaisons.