La présente invention concerne un dispositif de ventilation.
Plus spécifiquement, l'invention vise un dispositif
de ventilation comprenant un caisson dans lequel est placée une turbine dont
la roue est apte à être entraînée en rotation par un moteur,
le caisson comportant au moins un orifice d'aspiration par lequel l'air peut être
aspiré à l'intérieur du caisson au moyen de la turbine et un orifice
d'évacuation par lequel l'air peut être évacué à l'extérieur
du caisson. Un tel dispositif de ventilation est typiquement utilisé dans une
installation de VMC (ventilation mécanique contrôlée).
Il existe une pression grandissante sur l'amélioration
de l'efficacité énergétique des bâtiments et, en conséquence,
sur la réduction de la consommation électrique des dispositifs de ventilation.
Plusieurs solutions ont déjà été mises
en oeuvre en vue de réduire la consommation spécifique du dispositif de
ventilation (puissance électrique consommée (en W) par m3/h
véhiculé par le caisson). Parmi celles-ci, on peut citer l'amélioration
du rendement aéraulique de la turbine (roue et volute) et l'amélioration
des stratégies de régulation de pression.
L'invention a pour but de fournir une autre solution, particulièrement
efficace, pour réduire la consommation électrique des dispositifs de ventilation.
A cet effet, l'invention concerne un dispositif de ventilation
du type précité, dans lequel le moteur est disposé en dehors du flux
d'air aspiré, la turbine étant directement accouplée à l'arbre
du moteur, le dispositif de ventilation comprenant en outre un canal qui entoure
le moteur et est en communication d'une part avec l'air extérieur au caisson
et d'autre part avec une zone en dépression à l'intérieur de la turbine,
le canal étant agencé pour permettre une circulation d'air suffisante
autour du moteur pour assurer le refroidissement de ce dernier.
En outre, selon l'invention, le dispositif de ventilation
comprend deux orifices d'aspiration disposés en vis-à-vis et un organe
de déflexion de l'air aspiré, disposé de sorte à diriger l'air
entrant dans le caisson par lesdits orifices d'aspiration vers le pavillon d'aspiration
de la turbine.
Ainsi, puisque le moteur est disposé en dehors du
flux d'air aspiré, le rendement aéraulique de la moto turbine est amélioré,
car l'espace central occupé par le moteur est libéré. Un autre gain
énergétique important réside dans l'accouplement direct de la turbine
(celle-ci étant montée en bout d'arbre). En conséquence, il n'y a
plus de pertes dues à la transmission par courroie.
En revanche, le moteur étant en dehors du flux d'air
aspiré, il ne peut plus être refroidi par cet air. Si le moteur ne possède
pas de système de ventilation propre ou si ce système n'est pas suffisant,
le moteur risque de s'échauffer et donc de ne pas fonctionner correctement.
En prévoyant un canal entourant le moteur dans lequel peut circuler de l'air
pour refroidir le moteur, ce problème est résolu.
Un problème complémentaire lié à l'utilisation
de tels moteurs et d'un tel accouplement direct sur l'arbre moteur est que pour
des raisons de simplicité de construction, les turbines de ventilation sont
à simple ouïe (un seul pavillon d'aspiration dans la turbine du ventilateur).
Or il est essentiel pour des raisons d'installation et de raccordement des réseaux
que le caisson de ventilation comporte deux piquages ou orifices d'aspiration disposés
en vis à vis, desservant chacun une branche du réseau d'extraction d'air.
Ainsi, l'utilisation d'un dispositif de ventilation à deux orifices d'aspiration
avec un moteur disposé en dehors du flux d'air aspiré conduit à une
configuration où les deux orifices sont disposés en vis-à-vis.
Grâce à la mise en place d'un organe de déflexion
de l'air aspiré, on évite les inconvénients résultant de cette
configuration, et liés de la collision des flux d'air entrant dans le caisson
par les orifices en vis-à-vis, à savoir des pertes de charge élevées
et des instabilités aérauliques. En conséquence, l'écoulement
de l'air depuis les orifices d'aspiration vers le pavillon de la turbine est guidé
par l'organe de déflexion. L'aéraulique, et donc le rendement électrique
du dispositif de ventilation s'en trouvent donc considérablement améliorés.
L'organe de déflexion contribue donc également à l'amélioration
de la performance énergétique du dispositif de ventilation.
Par la combinaison des caractéristiques précitées,
l'invention permet donc de cumuler les gains liés à plusieurs paramètres
et ainsi d'obtenir un dispositif de ventilation particulièrement économique.
Le canal présente par exemple la forme d'un cylindre
entourant étroitement le moteur.
Selon une réalisation possible, le moteur est un moteur
à aimant permanent et commutation électronique.
Ce type de moteur possède un haut rendement électrique,
qui permet d'améliorer encore l'efficacité du dispositif de ventilation.
De plus, ces moteurs présentent une grande facilité de pilotage (variation
de vitesse), ce qui autorise une régulation très précise du système
de ventilation en fonction des besoins. Ceci représente un avantage très
important par rapport à l'art antérieur, où l'ajustement des caractéristiques
débit pression du dispositif de ventilation s'effectuait uniquement à
la mise en route de l'installation et de façon définitive, par le réglage
des systèmes poulies courroies. Le fait que les moteurs à aimant permanent
et commutation électronique, qui ne sont pas ventilés, sont placés
hors du flux d'air aspiré ne pose pas de problème, du fait de l'existence
du canal où circule l'air de refroidissement.
Les deux orifices d'aspiration peuvent présenter un
même axe qui est sensiblement orthogonal à l'axe du pavillon d'aspiration
de la turbine.
L'organe de déflexion peut comprendre deux parois
sensiblement planes disposées chacune en regard d'un orifice d'aspiration,
les parois étant inclinées l'une vers l'autre et formant une pointe dirigée
vers le pavillon d'aspiration de la turbine.
En outre, l'organe de déflexion peut comprendre un
matériau acoustiquement absorbant. Dans ce cas, on obtient un affaiblissement
du bruit rayonné par le dispositif de ventilation vers les réseaux d'aspiration,
et donc une diminution du niveau de puissance acoustique du système.
L'organe de déflexion peut être formé à
partir d'une tôle pleine ou d'une tôle perforée, pourvue ou non d'un
matériau acoustiquement absorbant, ou être constitué d'un bloc de
matériau acoustiquement absorbant mis en forme.
On décrit à présent, à titre d'exemple
non limitatif, un mode de réalisation possible de l'invention, en référence
aux figures annexées :
- La figure 1 est une vue en perspective éclatée du dispositif de ventilation
selon l'invention ;
- La figure 2 est une vue latérale de l'intérieur du dispositif de ventilation,
montrant le trajet de l'air de refroidissement du moteur ;
- La figure 3 est une vue agrandie du détail A de la figure 2 ;
- La figure 4 est une vue latérale de l'intérieur du dispositif de ventilation,
montrant l'organe de déflexion ; et
- La figure 5 est une vue de dessus de l'intérieur du dispositif de ventilation,
montrant le trajet de l'air aspiré par la turbine.
La figure 1 représente un dispositif de ventilation
1 comprenant un caisson 2 sensiblement parallélépipédique. Le caisson
2 comporte une paroi inférieure 3, une paroi supérieure 4, deux parois
latérales 5, 6, une paroi avant 7 et une paroi arrière 8. On définit
l'axe longitudinal 9 du caisson 2 comme l'axe orthogonal aux parois avant 7 et arrière
8, et disposé de façon centrée (figure 2).
En outre, une première et une deuxième parois
de séparation 10, 11, sensiblement parallèles aux parois avant 7 et arrière
8, définissent à l'intérieur du caisson 2 trois compartiments 12,
13, 14.
Dans le premier compartiment 12 est placé un moteur
15, dont l'arbre de sortie 16 est disposé selon l'axe longitudinal 9 et passe
à travers une ouverture 17 ménagée dans la première paroi de
séparation 10. Dans le deuxième compartiment 13 (sensiblement central)
est placée une turbine 18 dont la roue 19 est directement accouplée à
l'arbre 16 du moteur 15. Enfin, au niveau du troisième compartiment 14, les
parois latérales 5, 6 du caisson 2 présentent chacune un orifice d'aspiration
20, 21. Les deux orifices 20, 21 sont disposés en vis-à-vis et sont ici
sensiblement circulaires.
En fonctionnement, le moteur 15 entraîne la roue 19
de la turbine 18, conduisant à l'aspiration de l'air extérieur au caisson
2 par les orifices d'aspiration 20, 21 et le pavillon d'aspiration 22 de la turbine
18, puis à leur évacuation vers l'extérieur du caisson 2 par un orifice
d'évacuation 23 ménagé dans la paroi supérieure 4 et pouvant
être muni d'une grille. Dans certaines configurations (non représentées
ici), l'orifice d'évacuation 23 est raccordé à un conduit de refoulement.
Le moteur 15 est de préférence un moteur à
aimant permanent et commutation électronique. Ce type de moteur est dépourvu
d'un système de refroidissement propre. Or, avec la disposition décrite
ci-dessus, le moteur 15 est disposé en dehors du flux d'air aspiré.
Pour assurer le refroidissement du moteur 15, et donc le
bon fonctionnement de celui-ci, un canal 24 entourant le moteur 15 est ménagé
dans le premier compartiment 12. Le canal 24 est ici réalisé à partir
d'une tôle roulée et soudée, et présente la forme d'un cylindre
d'axe 9 entourant étroitement le moteur 15. Le canal 24 présente une première
extrémité axiale adjacente à la première paroi de séparation
10, et entourant l'ouverture 17, et une deuxième extrémité axiale
située à l'intérieur du caisson 2, à proximité mais à
distance de la paroi arrière 8. Un orifice d'entrée 25 est ménagé
dans la paroi arrière 8 du caisson 2, de façon centrée sur l'axe
longitudinal 9. Cet orifice d'entrée 25 est soit disposé à l'air
libre (figures 1 à 5), soit raccordé à un conduit allant puiser l'air
dans toute autre zone déportée plus éloignée (hors du local,
sur le conduit de refoulement ou toute autre disposition adéquate).
Ainsi, lorsque le dispositif de ventilation 1 est en fonctionnement,
il existe une dépression à l'intérieur de la turbine 18, entre la
roue 19 et la volute. L'air extérieur au caisson 2 étant quant à
lui à la pression atmosphérique (ou à une pression positive lorsque
l'orifice 25 est raccordé au conduit de refoulement) de même que l'air
situé dans le premier compartiment 12 à l'extérieur du canal 24,
il se crée une circulation d'air depuis l'orifice d'entrée 25, à
l'intérieur du canal 24, et en direction de l'ouverture 17 puis de la turbine
18. Cette circulation d'air autour du moteur 15 permet le refroidissement du moteur
15.
L'homme du métier comprendra que, pour que le refroidissement
du moteur 15 soit satisfaisant, le canal 24 doit être à la fois suffisamment
grand pour autoriser un débit d'air important autour du moteur 15, et suffisamment
petit pour obtenir une bonne efficacité de refroidissement par une convection
forcée. Le dimensionnement de l'espace entre le moteur 15 et le canal dépend
du caisson 2.
A titre d'exemple de réalisation, cet espace devra
être compris entre 10 et 20 mm, le débit d'air circulant autour du moteur
variant entre quelques dizaines et quelques centaines de m3/h pour des
caissons de ventilation véhiculant quelques milliers de m3/h.
Un organe de déflexion 26 de l'air aspiré est
disposé dans le troisième compartiment 14. Cet organe de déflexion
26 comprend deux parois sensiblement planes et perpendiculaires aux parois inférieure
3 et supérieure 4, disposées chacune en regard d'un orifice d'aspiration,
et formant un V dont la pointe est dirigée vers le pavillon d'aspiration 22
de la turbine 18. Ces parois s'étendent depuis la paroi avant 7 du caisson
2, à laquelle elles sont fixées, sur environ les deux tiers de la dimension
longitudinale du troisième compartiment 14, et sont espacées des parois
inférieure 3 et supérieure 4.
L'air aspiré par les orifices d'aspiration 20, 21
en regard l'un de l'autre est ainsi dévié (comme le montre la figure 5)
en direction du pavillon d'aspiration 22 de la turbine 18, ce qui améliore
le rendement du dispositif de ventilation 1 en diminuant les zones de turbulence,
les instabilités aérauliques, et les pertes de charge.
L'organe de déflexion 26 peut en outre comporter un
matériau acoustiquement absorbant ou être constitué d'un tel matériau.
Ceci permet de réduire le bruit occasionné par le dispositif de ventilation
1.
Il va de soi que l'invention n'est pas limitée au
mode de réalisation décrit ci-dessus à titre d'exemple mais qu'elle
en embrasse au contraire toutes les variantes de réalisation.