La présente invention concerne un ensemble d'absorption
d'énergie, notamment pour un pare-chocs de véhicule automobile, et un
véhicule automobile équipé d'au moins un tel ensemble.
Dans le cadre de la sécurité passive qui concerne
l'ensemble des moyens et des actions mises en oeuvre pour diminuer les conséquences
d'accidents, les constructeurs automobiles doivent faire face à plusieurs préoccupations
majeures.
Une préoccupation consiste à assurer la protection
des occupants du véhicule lors d'un choc frontal ou arrière.
Une préoccupation également des constructeurs
consiste à maîtriser les coûts de réparation du véhicule
lors de chocs dits à réparabilité ou urbain, c'est-à-dire à
faible vitesse.
Une autre préoccupation des constructeurs consiste
à limiter l'agressivité du véhicule vis-à-vis des autres usagers
de la route et notamment des piétons afin de réduire les risques de blessures
graves au niveau des jambes de ces piétons.
La conception d'un véhicule doit donc aujourd'hui
répondre à de nombreuses réglementations et doit donc subir des procédures
d'essais, entre autres, pour les chocs piéton et les chocs à faible vitesse
au niveau de la réparabilité.
Le choc dit piéton permet d'estimer les dommages corporels
d'un individu en situation de choc sur un véhicule. Pour limiter ces dommages
corporels, il est donc nécessaire d'absorber l'énergie cinétique
sous un effort limité.
Le choc dit à réparabilité consiste à
estimer le coût des réparations sur le véhicule testé, lorsqu'il
percute un mur rigide à faible vitesse de l'ordre de 16 km/h.
Pour répondre à ces différentes exigences,
les véhicules automobiles sont équipés à l'avant et à l'arrière
d'ensembles d'absorption d'énergie qui sont formés par une poutre transversale
reliée aux longerons de la caisse du véhicule par au moins un absorbeur.
Ces ensembles sont généralement dimensionnés pour le choc dit à
réparabilité à environ 16km/h avec un effort de tarage légèrement
en dessous de l'effort supporté par la structure du véhicule. Pour le
choc dit piéton, l'effort de tarage de l'absorbeur doit être largement
inférieur pour ne pas blesser la jambe du piéton en cas de choc.
Dans les ensembles utilisés jusqu'à présent,
le choc dit piéton est traité par un autre absorbeur plus souple, généralement
unique, et placé sur toute la largeur devant la poutre transversale de pare-chocs.
Les deux systèmes, absorbeur piéton et poutre de pare-chocs transversale
avec ses absorbeurs reliés à la structure du véhicule, sont en série,
c'est-à-dire placés bout à bout.
Cette disposition engendre un encombrement relativement
important qui pénalise fortement le porte à faux, notamment à l'avant
du véhicule, détériorant ainsi son esthétique.
L'évolution technique des ensembles d'absorption d'énergie
est aujourd'hui guidée par deux préoccupations, à savoir celle d'augmenter
leurs performances en terme d'absorption d'énergie et celle de donner des dimensions
aussi modestes que possible, tout en s'intégrant dans le style du véhicule.
L'invention a pour but de proposer un ensemble d'absorption
d'énergie qui permet de satisfaire aux critères de sécurité
lors d'un choc dit piéton ainsi que lors d'un choc dit à réparabilité
ou d'un choc dit à grande vitesse, tout en permettant de réduire l'encombrement
et d'obtenir notamment à l'avant du véhicule un porte à faux court.
L'invention a pour objet un ensemble d'absorption d'énergie,
notamment pour un pare-chocs de véhicule automobile, du type comportant une
poutre transversale reliée à chaque longeron de la caisse du véhicule
par un absorbeur, caractérisé en ce que chaque absorbeur est formé
par une pièce comportant des moyens de freinage du déplacement de cette
pièce dans le longeron correspondant lors d'un choc dit piéton et des
moyens de blocage de ce déplacement lors d'un choc dit à réparabilité
ou d'un choc dit à grande vitesse.
Selon d'autres caractéristiques de l'invention:
- la pièce de l'absorbeur est montée dans une platine comprenant un
fourreau de guidage de ladite pièce et muni d'un rebord de fixation sur l'extrémité
du longeron correspondant,
- les moyens de freinage sont formés par le frottement du fourreau de la
platine sur la surface externe de la pièce de l'absorbeur,
- les moyens de freinage sont formés par des ergots ménagés sur
la surface interne du fourreau de la platine et destinés à coopérer
avec au moins une piste à déformation programmée, ménagée
sur la pièce de l'absorbeur,
- les moyens de freinage sont formés par au moins un élément fixe
traversant au moins une partie du fourreau de la platine et destiné à
coopérer avec une piste à déchirement programmé, ménagée
sur la pièce de l'absorbeur,
- les moyens de freinage sont formés par au moins un élément fixe
traversant de part en part le fourreau de la platine et la pièce de l'absorbeur
et destiné à coopérer avec deux pistes à déchirement programmé
opposées, ménagées sur ladite pièce de l'absorbeur,
- ledit au moins élément fixe est formé par au moins un pion ou
par une tige,
- les moyens de blocage sont formés par au moins un pion porté par le
fourreau de la platine et déplaçable entre une position escamotée
et une position active en saillie pénétrant dans un orifice de forme complémentaire
ménagé dans la pièce de l'absorbeur, et
- ledit au moins pion est déplaçable par un électroaimant piloté
par des moyens de commande et comporte un organe élastique de rappel en position
escamotée.
L'invention a également pour objet un véhicule
automobile, caractérisé en ce qu'il comprend au moins un ensemble d'absorption
d'énergie tel que précédemment mentionné.
L'invention sera mieux comprise à la lecture de la
description qui va suivre, donnée à titre d'exemple et faite en référence
aux dessins annexés, sur lesquels:
- la figure 1 est une vue schématique en perspective d'un ensemble d'absorption
d'énergie conforme à l'invention,
- la figure 2 est une vue schématique de dessus d'un absorbeur disposé
entre une poutre transversale et un longeron de la caisse de véhicule automobile,
selon un premier mode de réalisation,
- la figure 3 est une vue schématique en coupe longitudinale selon la ligne
3.3 de la figure 2,
- la figure 4 est une vue schématique en coupe longitudinale d'un absorbeur,
selon un deuxième mode de réalisation,
- la figure 5 est une vue schématique en coupe longitudinale d'un absorbeur
selon un troisième mode de réalisation,
- la figure 6 est une vue schématique de dessus de l'absorbeur de la figure
5,
- la figure 7 est une vue schématique en coupe longitudinale selon la ligne
7.7 de la figure 2 et montrant les moyens de blocage de l'absorbeur, en position
escamotée, et
- la figure 8 est une vue analogue à la figure 7 montrant les moyens de blocage
de l'absorbeur en position active.
Dans la description qui suit, les orientations utilisées
sont les orientations habituelles d'un véhicule automobile et les termes «
avant » et « arrière » s'entendent par rapport au sens de la
marche du véhicule automobile.
Sur la figure 1, on a représenté schématiquement
un ensemble d'absorption d'énergie désigné par la référence
générale 1, notamment pour un pare-chocs de véhicule automobile,
et qui comporte une poutre transversale 2 reliée à chaque longeron 3 de
la caisse du véhicule par un absorbeur désigné dans son ensemble
par la référence 10.
Chaque longeron 3 est formé par un corps creux présentant,
dans l'exemple de réalisation représenté sur les figures, une section
en forme de carré. La section de chaque longeron 3 peut être rectangulaire
ou présenter une autre forme. L'extrémité avant de chaque longeron
est pourvue d'une plaque destinée à recevoir une platine 5.
D'une manière générale, chaque absorbeur
10 est formé par une pièce 11 présentant une section externe de forme
conjuguée ou non à la section interne du longeron 3 correspondant et comportant
des moyens de freinage du déplacement de cette pièce dans le longeron
lors d'un choc dit piéton et des moyens de blocage de déplacement lors
d'un choc dit à réparabilité ou d'un choc dit à grande vitesse.
En se reportant maintenant aux figures 2 à 8, on va
décrire différentes variantes des moyens de freinage et des moyens de
blocage de la pièce 11 pour un absorbeur 10, les moyens de freinage et de blocage
pour l'autre absorbeur 10 étant identiques.
Ainsi que montré sur ces figures, la pièce 11
de l'absorbeur 10 est montée dans la platine 5 qui comporte, à cet effet,
un fourreau 5a de guidage de la pièce 11 et un rebord 5b de fixation sur l'extrémité
avant du longeron 3 correspondant.
Selon un premier mode de réalisation représenté
sur les figures 2 et 3, les moyens de freinage du déplacement de la pièce
11 dans le longeron 3 lors d'un choc dit piéton à une vitesse comprise
entre 20 et 50Km/h sont formés par le frottement de la surface interne du fourreau
5a de la platine 5 sur la surface externe de cette pièce 11. Bien évidemment,
la pièce 11 présente une section de forme conjuguée à la section
de la surface interne du fourreau 5a de la platine 5.
Selon un second mode de réalisation représenté
à la figure 4, l'effort de résistance au coulissement de la pièce
11 de l'absorbeur 10 est obtenu par des ergots 15 disposés sur la surface interne
du fourreau 5a de la platine 5 et uniformément répartis sur le pourtour
de la pièce 11. De préférence, ces ergots 15 sont fusibles et sont
en contact avec un revêtement spécifique déposé sur la surface
externe de la pièce 11 de l'absorbeur 10. Chaque série d'ergots est destinée
à coopérer avec une piste 16 à déformation programmée ménagée
sur la surface externe de la pièce 11 de l'absorbeur 10.
Selon un troisième mode de réalisation représenté
à la figure 5, les moyens de freinage de la pièce 11 de l'absorbeur 10
lors d'un choc dit piéton, sont formés par au moins un élément
17 fixe traversant au moins une partie du fourreau 5a de la platine 5 et destiné
à coopérer avec une piste 18 à déchirement programmée ménagée
sur la pièce 11 de l'absorbeur 10.
De préférence et ainsi que montré sur cette
figure 5, l'élément 17 fixe est formé par une tige qui traverse de
part en part le fourreau 5a de la platine 5 et qui coopère avec deux pistes
18 ménagées sur deux faces opposées de la pièce 11.
Selon une variante, l'élément 17 fixe peut être
constitué par deux pions opposés coopérant chacun avec une piste
18 ménagée sur une face de la pièce 11. Chaque piste 18 est formée
par une zone de moindre épaisseur s'étendant dans l'axe longitudinal de
la pièce 11.
Dans le cas d'un choc dit piéton, la pièce 11
de l'absorbeur 10 se déplace sous l'effet de la poussée exercée par
la traverse 12 dans le longeron 3 correspondant et l'élément 17 fixe déchire
chaque piste 18 ce qui engendre un effort de résistance très faible pour
le piéton.
Pour un maximum d'énergie lors d'un choc dit à
réparabilité, c'est-à-dire pour une vitesse du véhicule inférieure
à 20 km/h ou lors d'un choc dit à grande vitesse, c'est-à-dire pour
une vitesse supérieure à 50 km/h, les moyens de blocage du coulissement
de la pièce 11 de l'absorbeur 10 sont formés par au moins un pion 20 porté
par le fourreau 5a de la platine 5 et, de préférence, par plusieurs pions
20 portés par ledit fourreau, répartis sur toute la surface de cette pièce
11 afin de répartir l'effort important lors de tels chocs, sur la platine 5.
Ainsi que montré sur les figures 7 et 8, les pions
20 sont déplaçables entre une position escamotée (figure 8) permettant
le coulissement de la pièce 11 de l'absorbeur 10 dans le longeron 3 lors d'un
choc dit piéton et une position active en saillie (figure 7) empêchant
le coulissement dans cette pièce 11 lors d'un choc dit à réparabilité
ou lors d'un choc dit à grande vitesse. Dans cette position active, chaque
pion 20 pénètre dans un orifice 21 (figure 6) de forme complémentaire
audit pion 20 et ménagé dans la paroi de la pièce 11 de l'absorbeur
10.
Chaque pion 20 peut présenter une section par exemple
circulaire, carrée ou rectangulaire ou encore ovale et il peut y avoir plusieurs
pions pour chaque face de la pièce 11 de l'absorbeur 10.
Chaque pion 20 est déplaçable par exemple par
un électroaimant piloté par des moyens de commande et comporte un organe
élastique, non représenté, de rappel en position escamotée.
Le pilotage des pions 20 pour les déplacer entre la position escamotée
et la position active peut être effectué de différentes façons,
comme par exemple uniquement par l'information sur la vitesse du véhicule ou
par une détection active qui détermine avant le choc la configuration
de l'absorbeur 10 pour satisfaire un choc dit piéton ou un choc dit à
réparabilité ou dit à grande vitesse.
Ainsi, lors d'un choc dit piéton, l'absorbeur 10 translate
dans le longeron 3 sous un effort engendré, soit par le frottement du fourreau
5a sur la surface externe de la pièce 11 de l'absorbeur 10, soit par déformation
ou déchirement d'au moins une piste 1 et lors d'un choc dit à réparabilité
ou dit à grande vitesse, l'absorbeur 10 qui doit absorber un maximum d'énergie,
est bloqué en translation et cette absorption d'énergie se fait par l'écrasement
de la pièce 11 selon son axe.
L'ensemble d'absorption d'énergie selon l'invention
peut être monté à l'avant du véhicule et il permet de satisfaire
aux différentes exigences lors d'un choc, tout en réduisant le porte à
faux, notamment à l'avant du véhicule. A titre d'exemple, le gain en encombrement
est au minimum de 60 mm par rapport aux ensembles d'absorption d'énergie classiques.